•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La N.-É. pourrait interdire les « thérapies » visant à changer l'orientation sexuelle chez les mineurs

Des personnes tiennent le drapeau arc-en-ciel LGBT.
Des personnes tiennent le drapeau arc-en-ciel LGBT. Photo: iStock
Radio-Canada

La Nouvelle-Écosse a déposé mardi un projet de loi pour interdire les prétendues « thérapies » de conversion pour les mineurs. Mais une exception qui autoriserait certaines personnes de plus de 16 ans à s'y soumettre suscite des inquiétudes.

Les promoteurs des thérapies de conversion prétendent pouvoir changer l'orientation sexuelle d'une personne, de l'homosexualité vers l'hétérosexualité. Dans les faits, ces pratiques n'ont aucun fondement. Leurs conséquences sur la santé psychologique et parfois physique d'un sujet peuvent être graves.

Le projet de loi du ministre provincial de la Justice, Mark Furey, prévoit qu'il sera interdit de forcer un mineur à suivre l’une de ces thérapies. Cette disposition vise les parents, les tuteurs, les personnes de confiance ou en position d'autorité face à cette jeune personne.

Mais le gouvernement permet à un mineur de 16 ans et plus, considéré comme mature, de suivre un de ces traitements, s'il le désire.

Mark Furey le 11 septembre 2018.Le ministre de la Justice de la Nouvelle-Écosse, Mark Furey. Photo : Radio-Canada / CBC

Le projet de loi interdit également que des fonds publics servent à payer des professionnels de la santé pour de telles pratiques. La Nouvelle-Écosse deviendrait la troisième province à interdire les thérapies de conversion chez les mineurs.

Une exception préoccupante

Kate Shewan.Kate Shewan, directrice générale de l'organisme Youth Project. Photo : Radio-Canada

Kate Shewan, directrice générale de Youth Project, un organisme de défense des droits des personnes LGBTQ, estime qu'il s'agit en général d'un bon projet de loi.

Elle s'inquiète cependant qu'un adolescent de 16 ans puisse suivre une thérapie de conversion, même s'il est considéré comme mature et responsable. Le ministre Mark Furey estime que le gouvernement ne peut interdire à une personne consentante de se soumettre à de telles pratiques, si tel est son désir.

Selon Kate Shewan, la volonté de vouloir changer son orientation sexuelle découle souvent de l’homophobie et de la transphobie auxquelles la personne a jusque là été confrontée. De les entendre dire qu'après avoir vécu cela, ils peuvent réellement consentir à être changés est une chose qui m'inquiète, explique-t-elle.

La chef intérimaire du Parti progressiste-conservateur provincial, Karla MacFarlane, et le chef du Nouveau Parti démocrate de la Nouvelle-Écosse, Gary Burrill, se sont tous deux dits préoccupés par cette possible exception pour des mineurs.

Aucune ambiguïté, selon le Collège des médecins

Du côté du Collège des médecins de la Nouvelle-Écosse, il n'existe aucune ambiguïté en ce qui concerne ces pratiques.

Ce n'est pas un traitement, ce n'est pas une thérapie. Ça n'a pas sa place dans la profession médicale. Ça ne repose pas sur des faits, a dit le docteur Gus Grant, directeur du Collège des médecins de la Nouvelle-Écosse, mardi.

Une traverse piétonnière aux couleurs du drapeau arc-en-ciel.Une traverse piétonnière aux couleurs du drapeau arc-en-ciel. Photo : Associated Press / Matt Slocum

Kate Shewan, du groupe Youth Project, avertit que l'on observe un changement dans la terminologie employée. Les thérapies de conversion sont discréditées, dit-elle, ce qui incite maintenant leurs adeptes à présenter leurs pratiques sous une appellation différente.

Ce fut notamment le cas plus tôt cette année, lorsque des groupes LGBTQ avaient dénoncé une conférence organisée à Pugwash, en Nouvelle-Écosse, par l'Église adventiste du septième jour. Selon eux, des conférenciers comptaient venir faire la promotion de la thérapie de conversion, mais sans employer ce terme.

L'annonce de l'événement de Pugwash, finalement annulé, avait incité le gouvernement néo-écossais à mettre le projet de loi à son agenda pour la rentrée parlementaire d'automne.

D’après un reportage de Marc Babin

Nouvelle-Écosse

Communauté LGBTQ+