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« Ce système-là est en train de tomber » : les ambulanciers lancent un cri du coeur

Une ambulance du Nouveau-Brunswick, vue de face.
Les paramédicaux du N.-B. réclament de meilleures conditions de travail. Photo: Radio-Canada

Pénurie d'employés, manque de reconnaissance, conditions de travail stressantes : des ambulanciers paramédicaux veulent attirer l'attention des partis politiques sur l'état critique de leur métier au Nouveau-Brunswick.

Un texte de Michel Nogue

Le diagnostic que pose Steve Hébert est accablant. Le vice-président de la section locale du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente les 1000 employés d’Ambulance Nouveau-Brunswick, voit des collègues changer de carrière pour des emplois mieux payés et moins stressants.

Pas moins de sept ambulanciers de sa région ont quitté le métier en moins d'un an.

Cette question de salaire, ça finit à faire qu'il y a beaucoup de monde qui quitte la profession pour du travail avec moins de responsabilités, moins d'engagements, pour un salaire qui équivaut plus ou moins à la même chose.

Steve Hébert, vice-président, section locale 4848 Syndicat canadien de la fonction publique

La solution, selon lui, serait de placer les paramédicaux dans la même catégorie que le personnel soignant, comme les infirmières. Présentement, les travailleurs paramédicaux sont plutôt considérés comme des fournisseurs de services aux patients.

Le gouvernement provincial ne reconnaît pas les ambulanciers comme des professionnels de la santé, déplore Steve Hébert : Si tu n'es pas reconnu comme professionnel, je n’ai pas besoin de te payer en tant que professionnel de la santé. Ça se reflète sur nos salaires.

Le président du nord de la section 4848 du SCFP, Yanick Mongeau, plaide lui aussi pour une amélioration des conditions de travail des ambulanciers. La population va bénéficier juste par le fait qu'on va avoir plus de rétention. On va avoir moins de charge de travail, donc on va pouvoir se rendre sur les lieux des appels plus rapidement.

Les critères linguistiques dans la mire

Les porte-parole syndicaux croient qu’un assouplissement des critères d’embauche permettrait à un plus grand nombre d'ambulanciers d'obtenir des postes et, du même coup, d’atténuer la pénurie d’ambulanciers dans certaines régions.

Yanick Mongeau soutient que les exigences d’Ambulance NB en matière de langue nuisent au recrutement.

Les questions de langue nuisent à l'avancement de la profession, puis à nos conditions de travail et à notre rétention.

Yanick Mongeau, président du nord de la section 4848 du SCFP

Il y a beaucoup de paramédics qui pourraient finir à avoir des emplois permanents, à long terme, dans notre service d'urgence, au lieu d'avoir juste des postes temporaires, six mois après six mois, parce qu'ils n’ont pas la qualification linguistique requise, ajoute Steve Hébert.

Les porte-parole syndicaux Steve Hébert et Yanick Mongeau aimeraient que les partis politiques s'intéressent davantage aux conditions de travail des ambulanciers au N.-B.Steve Hébert et Yanick Mongeau parlent au nom des employés d'Ambulance N.-B. Photo : Radio-Canada / François Lejeune

Les ambulanciers absents du débat

Les porte-parole syndicaux déplorent le peu d’attention portée par les partis politiques aux services ambulanciers depuis le début de la campagne. J’ai beaucoup l’impression qu’on est mis de côté dans les débats, constate Yanick Mongeau.

Steve Hébert croit que le temps presse : Il faut qu'il y ait un parti qui sorte puis qui mette un back-up sur le système d'urgence provincial qu'on a tout de suite. Parce que ce système-là est en train de tomber.

M. Hébert espère que les partis politiques se prononceront sur les services d’urgence d’ici la fin de la campagne électorale. Il souhaite aussi qu’après le 24 septembre, les députés et les ministres tenteront de régler ce qu’il voit comme une dégringolade continuedes conditions de travail des ambulanciers paramédicaux.

Nouveau-Brunswick

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