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  • Bernard Landry : 50 ans au service du Québec

    Bernard Landry en 1961
    Bernard Landry a consacré une importante partie de sa vie à la politique active québécoise. Photo: Radio-Canada

    Bernard Landry, décédé le 6 novembre 2018, a fait partie du paysage politique québécois durant plus de cinq décennies. Plusieurs reportages conservés dans nos archives nous éclairent sur son parcours et sa contribution à l'histoire du Québec.

    Un étudiant très politisé

    Bernard Landry se fait tout d'abord remarquer en militant dans la politique étudiante.

    Il préside différentes associations estudiantines québécoises, dont celle de l’Université de Montréal. Il dirige aussi pendant un certain temps l’Union générale des étudiants du Québec.

    Le Québec vit alors ce qu’on appelle sa « Révolution tranquille ». Bernard Landry se préoccupe déjà d’une question qui, pour lui, est fondamentale : comment moderniser l’économie du Québec?

    Très tôt, il semble conclure que la réponse passe par l’accession du Québec à la souveraineté.

    Interrogé par la journaliste Judith Jasmin dans le cadre de l’émission Premier plan du 8 mai 1961, Bernard Landry laisse deviner l’évolution de ses convictions politiques.

    S’il a appuyé le Parti libéral de Jean Lesage aux élections québécoises de 1960, son appui pourrait aller vers une autre option au prochain scrutin provincial.

    Développer les échanges économiques du Québec

    En 1968, il se joint au Parti québécois. Deux fois candidat malheureux aux élections générales de 1970 et de 1973, il devient député de la circonscription lavalloise de Fabre le 15 novembre 1976.

    Le premier ministre élu René Lévesque l’intègre dans son Cabinet en le nommant titulaire du ministère d’État au Développement économique.

    Durant cette période, Bernard Landry maintient un objectif : intensifier les liens du Québec avec ses partenaires économiques extérieurs, notamment l’Europe.

    Le ministre désire aussi bonifier les relations économiques avec les voisins américains. Sa motivation explique ses nombreuses missions aux États-Unis.

    Bernard Landry, interrogé le 4 mai 1978 par un journaliste du service de l’Information de Radio-Canada, parle des possibilités de développer un marché commun avec les États-Unis.

    Il ajoute qu’il ne désire pas pour autant saborder les liens établis avec le Canada anglais. Pour lui, à cette époque, le maintien de l’axe économique est-ouest semble aussi important que l’abolition des barrières commerciales avec les voisins du sud.

    En 1988, Bernard Landry, devenu professeur et conférencier, a légèrement modifié sa position. Il prête main-forte au projet de libre-échange entre le Canada et les États-Unis que propose le premier ministre canadien Brian Mulroney.

    Il persuade les nationalistes québécois que la densification de l’axe économique nord-sud favoriserait le camp souverainiste québécois.

    L’intervention de Bernard Landry aide les conservateurs de Brian Mulroney à remporter haut la main l’élection fédérale de 1988 au Québec. Le traité de libre-échange Canada-États-Unis entre en vigueur le 1er janvier 1989.

    S'entendre avec les Autochtones

    En mars 2001, Bernard Landry devient le 28e premier ministre du Québec à la suite de la démission de Lucien Bouchard. Défait aux élections générales du 14 avril 2003, il cédera son poste au libéral Jean Charest.

    Y a-t-il un accomplissement dont Bernard Landry est particulièrement fier pendant son passage à la tête de l’État québécois?

    Ce qui lui faisait bomber le torse, c’était le progrès dans les rapports avec les communautés autochtones.

    Le 7 février 2002, Bernard Landry et le chef du Grand Conseil des Cris Ted Moses scellent l’entente dite de « la paix des braves ». Cette entente, signée à Waskaganish, est retransmise en direct par RDI lors d'une émission spéciale animée par Dominique Poirier.

    Le gouvernement québécois et les dirigeants cris s’entendent d’égal à égal. Les Cris acceptent l'expansion du réseau hydroélectrique sur leurs territoires.

    On s’entend également sur le transfert aux communautés cries de la richesse créée par la vente de l'électricité produite grâce à leurs rivières.

    Grâce à cette « paix des braves », les Cris disposent de nos jours des revenus parmi les plus élevés des habitants du Québec.

    Bernard Landry avait la langue bien pendue et possédait un tempérament bouillant.

    Plusieurs de ses collègues et de ses adversaires le trouvaient bien dérangeant. Mais on doit avouer que plusieurs de ses décisions ont contribué à faire avancer l’économie du Québec.

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