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Débat de l'ACFAS sur la science : de la théorie et peu de concret

Une animatrice de débat regarde deux hommes et deux femmes assis, dont un tient un micro.
Animé par l’auteure et chroniqueuse Josée Boileau, le débat a permis d'entendre le candidat de la Coalition avenir Québec dans Chambly, Jean-François Roberge, le candidat du Parti québécois dans Saint-Henri-Sainte-Anne, Dieudonné Ella Oyono, la candidate de Québec solidaire dans Bourassa-Sauvé, Alejandra Zaga Mendez, et la candidate du Parti libéral dans Marguerite-Bourgeoys, Hélène David. Photo: Radio-Canada / Facebook/ACFAS
Radio-Canada

Les principaux partis politiques ont exposé leurs bonnes intentions en matière de science, mais peu de mesures précises pour les réaliser, lundi soir, lors d'un débat organisé par l'Association francophone pour le savoir (ACFAS), à Montréal.

Un texte de Yannick Donahue

Animé par l’auteure et chroniqueuse Josée Boileau et diffusé sur Facebook, le débat a permis d'entendre quatre participants : le candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans Chambly, Jean-François Roberge, le candidat du Parti québécois (PQ) dans Saint-Henri-Sainte-Anne, Dieudonné Ella Oyono, la candidate de Québec solidaire (QS) dans Bourassa-Sauvé, Alejandra Zaga Mendez, et la candidate du Parti libéral du Québec (PLQ) dans Marguerite-Bourgeoys, Hélène David.

Prises de position

D’entrée de jeu, le candidat du PQ s’est dit en faveur de stages et d’un nouveau programme de recrutement pour doctorants au sein de l’appareil d’État. La candidate du PLQ a prôné le développement de la recherche au niveau collégial, précisant que celle-ci ne devrait pas être réservée aux universités et aux centres de recherche. Les libéraux misent aussi sur le développement de la recherche scientifique dans l’ensemble des régions du Québec.

La candidate de Québec solidaire s’est dite préoccupée par l’indépendance des universités qui doivent être des lieux de libre pensée, selon elle. QS s’inquiète de la perte d’autonomie des scientifiques en raison du financement auquel ils sont assujettis.

Le candidat de la CAQ a indiqué que son parti veut stimuler les entreprises à hausser leurs investissements dans la recherche. Jean-François Roberge croit qu’il faut mieux rémunérer les chercheurs et leur donner plus de stabilité dans leurs emplois pour dynamiser ce secteur d’activité.

Culture scientifique

À une question sur la place accordée à la culture scientifique, QS a répondu vouloir réinvestir dans le réseau de l’éducation pour que les enseignants qui donnent des cours de sciences puissent entièrement s’y consacrer et ne plus partager leur temps entre d’autres matières et d’autres fonctions.

La CAQ souhaite encourager la culture scientifique en finançant deux sorties scolaires à caractère scientifique ou culturel par année, afin de donner la piqûre des sciences aux jeunes. Le parti s’engage aussi à offrir une heure de parascolaire gratuit par jour au niveau secondaire pour les sciences, arts et sports.

Le PLQ croit qu’il faut continuer de financer le club Les Débrouillards et à soutenir le canal Savoir qui diffuse des émissions centrées sur la science. Le PQ estime que le goût des sciences est suscité et se développe au secondaire et qu’il est important de le cultiver.

Enseignement supérieur

Dans le volet voué à la valorisation des détenteurs de doctorats, le PLQ a dit vouloir soutenir des initiatives comme le groupe Thèsez-vous, qui brise la solitude de l’écriture d’un mémoire ou d’une thèse par des retraites de rédaction, facilitant et accélérant l’obtention d’un diplôme.

Hélène David estime que les étudiants au doctorat sont « précieux ». Souvent, dit-elle, ce sont des étudiants étrangers qu’il faut garder ici à la fin de leurs études. Pour les retenir au Québec, elle s’engage à leur offrir des cours de français.

La CAQ pense que l’accessibilité aux études supérieures passe par l’aide financière. Le parti de François Legault est aussi d’avis que l’accès au marché du travail, par la suite, passe par des incitatifs financiers. Pour intégrer des finissants à la maîtrise ou au doctorat au marché du travail, le parti propose un crédit d’impôt pour les entreprises qui engageraient ces futurs chercheurs.

Québec solidaire a souligné la précarité dans laquelle vivent les étudiants au doctorat lors de la dernière année de la rédaction d’une thèse. Alejandra Zaga Mendez a mentionné que souvent la bourse est finie, la pression monte, les étudiants doivent aller travailler pendant qu’ils rédigent, que plusieurs d’entre eux vivent de la détresse et sombrent en dépression. C’est pourquoi son parti propose la gratuité scolaire de la maternelle jusqu’au doctorat.

Pour sa part, le PQ a indiqué que la capacité d’absorption du milieu n’est pas très élevée pour les finissants, que les universités ne retiennent que la crème de la crème, que peu d’étudiants possèdent une expérience autre qu’académique. Dieudonné Ella Oyono a insisté sur le besoin d’offrir aux futurs chercheurs une expérience terrain. Il a parlé de stages et de concours dans la fonction publique pour les étudiants en sciences.

Les politiques de recherche

Dans le volet consacré à la Stratégie québécoise de recherche et d’innovation, le PQ a dit vouloir bâtir une réelle politique nationale de recherche et innovation plutôt que de s’en tenir à une stratégie. Elle miserait sur les dimensions sociales et industrielles. Cependant, le PQ reconnaît que la stratégie actuelle comporte des axes intéressants, comme l’entrepreneuriat, l’exportation et l’innovation. Le PQ appuie la commercialisation de l’innovation.

De son côté, la CAQ estime que ce serait une erreur de repartir à zéro en de lancer de nouvelles consultations sur la recherche et l’innovation. Le parti juge que la stratégie est bien faite et qu’il ne faut pas la « jeter aux poubelles ».

Selon QS, la recherche doit s’aligner sur des objectifs sociaux. L’environnement doit être central dans les travaux, car il représente l’enjeu du 21e siècle. Le parti considère que la science doit servir à la transition écologique et économique du Québec.

Finalement, le PLQ pense que le Québec doit élargir le domaine de la recherche scientifique et permettre aux collèges qui font de la recherche appliquée de pouvoir aussi faire de la recherche fondamentale.

Le ministère économique

Présentement, la Stratégie québécoise de recherche et d’innovation est sous la responsabilité du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et pas sous celle du ministère de l’Enseignement supérieur. Une erreur?

Pour le PLQ, cette décision est le résultat « d’un très long débat qui peut être débattu ». Selon Hélène David, ce qui importe c’est que l’on « protège la totale indépendance » des fonds de recherche et de ne pas toucher aux critères d’évaluation pour donner les subventions.

QS s'interroge sur le type de projets financés en vertu de cette stratégie de placer la recherche sous la gouverne du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation.

La CAQ entend créer une synergie entre les deux ministères pour pousser encore plus l’innovation. Le PQ ne semble pas s’en formaliser.

Il considère que c’est normal que la stratégie y soit, puisque ses principaux objectifs sont l’entrepreneuriat, l’innovation et l’exportation.

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