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À Montréal-Nord, les positions de la CAQ en immigration ne font pas l'unanimité

Julie Séide et François Legault, souriants, derrière un podium où on peut lire «Maintenant.».
François Legault en compagnie de Julie Séide, candidate caquiste dans Bourassa-Sauvé. Photo: Radio-Canada / Mathieu Potvin

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, participait lundi soir à un rassemblement dans l'arrondissement de Montréal-Nord en compagnie de cinq candidats d'origine haïtienne. Mais les positions de la CAQ sont loin de rallier tout le monde au sein de cette communauté.

Un texte de Julie Marceau

« Nous sommes fiers de représenter la communauté haïtienne », a scandé d’entrée de jeu la candidate caquiste dans Bourassa-Sauvé, Julie Séide.

Sur scène, à ses côtés, une mosaïque de candidats caquistes, dont quatre d’origine haïtienne : Christine Mitton, Nadine Girault, Janny Gaspard et Lionel Carmant.

Ce sont Julie Séide et Lionel Carmant qui organisaient la soirée.

« Ils m’ont demandé : "Est-ce que tu accepterais de rencontrer des membres de la communauté haïtienne?" J’ai accepté », a expliqué François Legault.

Des dizaines de personnes rassemblées applaudissent alors qu'on aperçoit des bannières de la CAQ au fond d'une scène.François Legault lors d'un rassemblement lundi soir dans la circonscription de Bourassa-Sauvé, dans l'arrondissement de Montréal-Nord. Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Mais l’engagement de la CAQ de réduire les seuils d'immigration d'environ 50 000 à 40 000 par année et d'imposer des tests de français et de valeurs conditionnels au maintien au Québec des nouveaux arrivants ne plaît pas à tous.

Une position jugée « un peu raciste »

Martine Veus, 28 ans, a entendu parler sur les ondes d’une radio locale haïtienne de la venue de François Legault.

« Je trouve ça un peu raciste, ce qu’il dit. C’est pour ça que je voulais venir voir de mes yeux », explique-t-elle.

« La façon dont il le dit, mettre un quota, ça ne se fait pas, je trouve », affirme la jeune femme qui habite à Montréal-Nord depuis toujours.

« C’est sûr que quand on dit diminution d’immigrants, on a une certaine crainte, on se demande : est-ce que c’est un avantage? », confie Éric Carrénard, directeur de l’Association culturelle Haïti-Canada.

Éric Carrénard, directeur de l’Association culturelle Haïti-Canada.Éric Carrénard, directeur de l’Association culturelle Haïti-Canada. Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

Il appuiera toutefois la candidate caquiste Julie Séide jusque dans l’urne, assure-t-il.

« C’est clair et net que je l’appuie! Mais quand même, il y a toujours certaines réserves, vous voyez? Ça ne veut pas dire que je partage à 100 % les idées [de la CAQ] », affirme M. Carrénard.

Bourassa-Sauvé, c'est...

. 13,3 % des immigrants d'origine haïtienne, toutes périodes d'immigration confondues

(dans Bourassa-Sauvé : 10 800 / au Québec : 80 960)

. 2,9 % des immigrants au Québec, toutes périodes d'immigration confondues

(dans Bourassa-Sauvé : 31 720 / au Québec : 1 091 305)

Source : Données du recensement 2016 de Statistique Canada

À quelques pas du rassemblement, les propriétaires de commerces du coin maugréent contre les idées sur l'immigration de François Legault.

Okkas Altunatmaz d’origine turque et propriétaire de la Fruiterie Savannah discute avec le propriétaire de l'entreprise voisine, Monode Gracia, d'origine haïtienne qui possède Ges Taxi.Okkas Altunatmaz, d’origine turque et propriétaire de la Fruiterie Savannah, discute avec le propriétaire de l'entreprise voisine Ges Taxi, Monode Gracia, d'origine haïtienne. Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

« Ça non, le Québec a besoin d’immigrants! Beaucoup de place ici », répond Okkas Altunatmaz, d’origine turque et propriétaire d’une fruiterie, quand on lui demande son opinion sur les élections.

Le propriétaire de l’entreprise voisine est du même avis. Il votera pour le Parti libéral, dit-il.

« Il y a des entrepreneurs qui cherchent de la main-d’œuvre. On a une carence de main-d’œuvre et on veut réduire le nombre d’immigrants? Il y a une contradiction », dit Monode Gracia, propriétaire de Ges Taxi.

Questionné sur le fait que certains membres de la communauté sont inquiets et vont même jusqu’à trouver que cette politique est « un peu raciste », le chef caquiste se défend :

Moi, je pense que c’est une exception, ce que j’ai senti [ce soir] c’est beaucoup de chaleur. […] Vous avez vu, comme moi, le nombre de personnes qui voulaient se faire photographier et qui me disaient qu’ils votaient pour la CAQ, donc vous êtes peut-être tombée sur l’exception qui confirme la règle.

François Legault, chef de la CAQ

« Je pense que ces personnes-là [les Haïtiens francophones inquiets] sont assez faciles à rassurer », ajoute François Legault.

Les bénévoles appuient le chef

Walter Fleuristil est bénévole pour le parti en Estrie. Il a fait la route de Granby jusqu’à Montréal-Nord, lundi, pour assister au rassemblement à l'invitation de la CAQ.

Il défend les positions du parti, parce que, dit-il, il aurait aimé qu’on l’aide à « mieux s’intégrer » au Québec.

« Moi, ça n'a pas bien réussi », dit-il.

M. Fleuristil, qui a une formation en électromécanique, n’a pas réussi à trouver un emploi dans son domaine.

« À un moment donné, on m’a accepté. J’ai fait 14 ans [dans cette entreprise]… 14 ans avec une moppe dans la main », relate-t-il.

Pour lui, la CAQ ne veut pas « rejeter » les immigrants, mais « réorganiser » le système pour mieux les intégrer.

« Je suis sûr qu’à un moment donné, il y en aura plus [d’immigrants avec la CAQ], à partir du moment où ce sera structuré », ajoute-t-il.

Avec la collaboration de Gabrielle Proulx

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