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Microdistillerie : grandir en restant petit

Un gros plan sur les bouteilles de gin et de vodka produites par la microdistillerie Strathcona Spirits.

L'entreprise Strathcona Spirits n'a que deux ans, mais le gin et la vodka concoctés par le maître distillateur Adam Smith ont déjà valu des prix à la distillerie.

Photo : CBC

Radio-Canada

Depuis 2013, plus de 20 maîtres distillateurs albertains ont obtenu leur permis pour transformer artisanalement des pommes de terre, du maïs ou du blé en spiritueux à saveur locale. Ils ont donné naissance à de petites entreprises florissantes, mais qui restent bien ancrées dans leur région en exploitant un modèle d'affaires différent, celui de l'économie sociale.

Un texte de Nafi Alibert

« La règle d’or pour toutes les distilleries artisanales est d'utiliser des produits régionaux et de soutenir l’emploi local », affirme Geoff Stewart, le propriétaire de la distillerie Rig Hand.

Établi à Nisku depuis trois ans et demi, Geoff s’est lancé dans la concoction de vodka, de gin et d'autres spiritueux avec son associé, Mike. Aujourd’hui, leur jeune entreprise emploie 17 personnes et distribue ses boissons alcoolisées dans près de 1000 établissements dans la province.

« Les microdistilleries connaissent un succès fou aujourd’hui », observe Geoff Stewart, en se souvenant qu’elles se comptaient sur les doigts d’une main il n’y a pas si longtemps.

En décembre 2013, le gouvernement albertain a supprimé le quota minimum de production qui était alors imposé aux distilleries, ouvrant la voie à la transformation artisanale d’alcool fort dans la province.

Désormais, ces petits joueurs de l’industrie peuvent aussi faire déguster et vendre leurs spiritueux dans les marchés.

Avant, il n’y avait de la place que pour les multinationales et les grandes distilleries locales.

Adam Smith, maître distillateur, cofondateur de Strathcona Spirits

Vingt-et-une microdistilleries ont ainsi pu ouvrir leurs portes en cinq ans et 11 autres sont en attente de permis, selon la Commission provinciale des jeux du hasard, de l’alcool et du cannabis.

Ne pas oublier la communauté

La distillerie Rig Hand offre pas moins de 40 spiritueux, parmi lesquels on retrouve 18 sortes de vodkas aromatisées, et du « brum » ; une boisson semblable à du rhum, mais faite à base de betteraves du sud de l’Alberta, au lieu de canne à sucre.

« Nous avons grandi pour devenir une entreprise plus importante, mais nous nous n’abandonnerons jamais les valeurs qui sont à la base de notre succès : le local et la communauté », affirme Geoff Stewart.

Un homme avec une casquette verte, un chandail gris et un gilet sans manche brun. Il est adossé au mur extérieur gris de la distillerie Strathcona Spirits.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Adam Smith, maître distillateur de Strathcona Spirits.

Photo : CBC

Ce sont les mêmes valeurs qui animent Adam Smith, le maître distillateur et fondateur de Starthcona Spirits. Ses bouteilles de vodka et de gin sont remplies de blé albertain, de baies de genévriers cueillies dans les Badlands ou encore de fruits d'argousiers de la région d’Edmonton.

Dans les deux entreprises, la majorité des employés vivent dans la localité où se trouvent les microdistilleries.

« Nous sommes très famille. Nous engageons des êtres humains plutôt que d’utiliser des machines. Nous partageons équitablement nos profits, explique Geoff Stewart. En tant que patron d’entreprise, ce n’est pas le modèle le plus rentable, mais nous sommes convaincus qu’il est le plus durable. »

Si ses clients sont prêts à débourser près de 20 $ de plus pour une bouteille de gin artisanal, c’est pour sa qualité, certes, mais aussi parce qu’ils achètent toute une philosophie de vie, estime Geoff Stewart.

Rendement limité. Travail à échelle humaine. Engagement collectif. « L’idée est de faire partager sa richesse à la communauté, qui en retour nous soutient », résume Geoff Stewart.

Un point de vue partagé par Adam Smith, qui a choisi de confier l’élaboration des étiquettes de ses bouteilles à des artistes locaux.

Un pour tous, tous pour un

Si les microdistilleries poussent comme des champignons en Alberta, elles sont encore loin de se marcher sur les pieds.

« Ce marché est assez grand pour que de nombreuses microdistilleries y trouvent leur place », dit Geoff Stewart.

Un homme barbu et une femme aux cheveux longs posent devant un présentoir où sont posées 8 bouteilles de leurs créations. On peut apercevoir une cuve en arrière-plan.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Andrea et David Scade, propriétaires de la distillerie Black Diamond.

Photo : CBC / Heather Muse

Nouveaux dans l’univers des spiritueux artisanaux, Andrea et David Scade ont ouvert la distillerie Black Diamond, à Saint-Albert, au début de l’année. Ils ont su trouver leur niche avec leurs vodkas au thé Earl Grey et aux concombres, ou avec leur liqueur aux accents de tarte aux pommes.

« Aucun d’entre nous ne réinvente la roue, mais nous créons notre propre version de ce qu’elle pourrait être », explique David Scale. « C’est en offrant des produits complémentaires que nous pourrons faire grandir les microdistilleries locales. »

En quelques mois, l'entreprise a grandi lentement, mais sûrement. « C’est un rythme qui nous convient, raconte Andrea Scade. Nous ne voulons pas tomber dans la production de masse, ce n’est pas dans notre philosophie. »

Les autres maîtres distillateurs déjà établis dans la province les ont même aidés à s’implanter, affirment les deux entrepreneurs.

« Nos vrais compétiteurs sont les grosses compagnies », conclut Geoff Stewart. « Nous nous serrons les coudes pour leur prendre des parts de marchés. »

Avec les informations de Josee St-Onge

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