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Victime d'une fraude de 6000 $, une septuagénaire met le public en garde

Agnes Frechette se tord les mains, attablée dans son salon.

Un fraudeur a subtilisé toutes les économies d'Agnes Frechette qui habite seule depuis qu'elle est devenue veuve, il y a 10 ans.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une Winnipégoise victime de fraude téléphonique, cette année, raconte son histoire dans l'espoir d'encourager d'autres personnes à dénoncer le crime dont elles ont été victimes. Agnes Frechette explique que le fraudeur lui a dit qu'elle était l'heureuse gagnante d'une loterie et semblait connaître plusieurs détails de sa vie personnelle.

Le téléphone a sonné pour la première fois peu après Noël, en 2017. Agnes Frechette se souvient que son interlocuteur lui annonçait qu'elle avait gagné une grosse somme d'argent.

Il disposait du reçu pour un achat que la Winnipégoise avait fait récemment, et disait que c’était grâce à cet achat qu'elle avait remporté un prix.

Ce n'était pas croyable, mais j'ai pensé que ce serait bon parce que mes enfants ont des hypothèques.

Agnes Frechette, victime de fraude téléphonique

L’individu lui a réclamé plusieurs versements d’argent, afin qu’elle puisse toucher son prix. Elle a mordu à l’hameçon.

Elle a ainsi perdu plus de 6000 $. Lorsqu’elle a compris que quelque chose ne tournait pas rond, elle a tenté de tenir tête au fraudeur. C’est à ce moment-là que l’affaire a pris une dimension plus inquiétante. Le fraudeur l'a menacée de violence allant jusqu'à faire livrer une pizza chez elle, pour lui indiquer qu’il connaissait son adresse, affirme-t-elle.

« C'était vraiment épeurant quand il a appelé pour dire qu'il avait envoyé un homme chez nous pour me donner une volée, parce que je ne l'écoutais pas », confie la femme de 72 ans.

Le problème de la honte

Au début, c'est surtout la honte d’avoir été dupe qui l'a empêchée d'en parler à ses proches et à sa police, explique Agnes Frechette. Cette honte est courante chez les aînés victimes de fraude, note Wanda Morris, du groupe de défense de droits des aînés CARP. « On a tendance à dépeindre [les aînés] comme des personnes moins compétentes et plus frêles. Donc, les aînés ne veulent pas renforcer ce stéréotype. »

Ce ne sont pas seulement les aînés qui sont susceptibles d’être victimes d’une fraude, note l'analyste au Centre antifraude du Canada, Nancy Cahill.

Personne n’est à l'abri d'une fraude, ça peut arriver à n'importe qui.

Nancy Cahill, analyste au Centre antifraude du Canada

Le Centre antifraude du Canada note que, de façon générale, c'est moins de 5 % des cas de fraude qui sont signalés au pays. Nancy Cahill rappelle aux victimes de ne pas avoir peur de dénoncer la fraude et de garder une trace de toute transaction faite avec les fraudeurs.

« Les renseignements que les gens nous fournissent peuvent être la pièce manquante du casse-tête d'une enquête [beaucoup plus large] », ajoute-t-elle.

La police enquête de Winnipeg à Mississauga

Heureusement, Agnes Frechette avait conservé tous ses reçus de transactions. Elle a pu les fournir à la police. Une enquête est désormais en cours.

La police de Winnipeg indique que l’enquête a été transmise à la police régionale de Peel, à Mississauga, en Ontario. Cette dernière était seulement en mesure d’indiquer qu’une enquête était en cours.

Avec des informations de Camille Gris-Roy

Manitoba

Fraude