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Trucs et défis pour combattre la pénurie d'enseignants francophones

Une école derrière une clôture.

L'école catholique Franco-Supérieur à Thunder Bay accueille près de 300 élèves.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pour parvenir à pourvoir les postes d'enseignants à temps pour la rentrée, deux conseils scolaires francophones ont dû faire preuve de beaucoup d'ingéniosité.

Un texte de Miguel Lachance

Nous ne sommes pas à l’abri de la pénurie qui touche l’ensemble de la province, mais je suis contente de dire que nous avons presque pourvu tous nos postes, affirme d’entrée de jeu Carol-Ann Van Rassel, la directrice du service des communications du Conseil de district catholique des Aurores boréales (CSDCAB), dans le Nord-Ouest de l'Ontario.

Nous sommes prêts dans toutes nos écoles à accueillir les élèves, ajoute Mme Van Rassel.

De son côté, le Conseil scolaire public du Grand Nord de l’Ontario (CSPGNO) a réussi à embaucher suffisamment d’enseignants, mais a dû parfois faire quelques compromis.

On a donné un contrat pour enseigner la maternelle à une éducatrice en garderie, explique Marc Gauthier, le directeur de l’éducation du CSPGNO.

Pour attirer le personnel dans la région, les deux conseils francophones offrent entre autres de payer les frais de déménagement de ceux qui choisissent de s’engager à long terme.

Une ville sur le bord d'une baie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Thunder Bay et le Sleeping Giant vus depuis le parc Hillcrest.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Au CSDCAB, les nouveaux enseignants obtiennent leur permanence dès l’embauche, mais c’est aussi le cas dans d’autres conseils de la province, selon Mme Van Rassel.

Pour les amener à s’installer ici, on leur vend le style de vie, les maisons abordables.

Carol-Ann Van Rassel, directrice du service des communications du Conseil scolaire de district catholique des Aurores Boréales

Les deux conseils francophones recrutent plusieurs de leurs anciens élèves.

On reste en contact avec eux, s’ils choisissent d’étudier en enseignement ou dans un autre domaine pour lequel nous avons des besoins, explique Mme Van Rassel. Nous les encourageons à revenir dans la région pour leurs stages. 

L’absence d'établissements d'enseignement postsecondaire en français dans le Nord-Ouest est cependant un obstacle, selon Mme Van Rassel : Lorsqu’ils partent étudier à l’extérieur à Sudbury ou à Ottawa [...] leur retour est loin d’être assuré.

L'Université Laurentienne.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Université Laurentienne

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Les deux conseils engagent aussi régulièrement des personnes issues de l’immigration.

Nous avons récemment aidé une nouvelle arrivante à obtenir sa résidence permanente pour qu’elle puisse enseigner, raconte M. Gauthier.

Les obstacles

Si les deux conseils arrivent à engager assez d’enseignants réguliers, il en va autrement quant à leur banque de suppléants qualifiés.

On doit trouver des solutions créatives, admet Mme Van Rassel.

En milieu rural, il n’y a tout simplement pas de suppléants qualifiés. On doit faire appel à des parents ou à des retraités.

Carol-Ann Van Rassel, directrice du service des communications du Conseil scolaire de district catholique des Aurores boréales

Le CSPGNO, qui dessert également certains secteurs du Nord-Est ontarien, n’a pas une banque de remplaçants très garnie, même à Sudbury, et ce, malgré la présence de l’Université Laurentienne et de sa faculté d’éducation.

L’ajout d’une seconde année au baccalauréat en éducation est un des principaux facteurs qui expliquent la difficulté du recrutement, selon les deux conseils scolaires interrogés.

Il y en a que ça décourage, surtout après avoir déjà fait un premier baccalauréat de quatre ans, croit Mme Van Rassel. Ils sont déjà très endettés et ils vont choisir d’aller sur le marché du travail plutôt que [d'effectuer] deux années d’études supplémentaires pour devenir enseignants.

Lorsque la décision a été prise, le taux de chômage des enseignants anglophones était d’environ 30 %. Du côté francophone, il était plutôt de 6 %. La situation était très différente, mais le gouvernement a appliqué la même solution pour les deux langues.

Marc Gauthier, directeur de l'éducation du Conseil scolaire public du Grand Nord de l'Ontario

M. Gauthier croit aussi que les écoles francophones sont victimes de leurs succès, les conseils scolaires francophones en Ontario accueillant plus de 100 000 élèves par année.

La croissance des dernières années nous force à embaucher toujours plus d’enseignants, affirme M. Gauthier. Les écoles francophones doivent en plus compétitionner avec des écoles anglophones qui offrent des programmes d’immersion et attirent du personnel qualifié en français.

La pénurie se fait aussi remarquer relativement à d’autres types d’emplois.

Selon M. Gauthier, il est de plus en plus difficile de trouver des secrétaires et des concierges.

D’un côté, c’est une bonne nouvelle, conclut M. Gauthier. C’est mieux que de devoir mettre à pied du personnel et fermer des écoles.

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