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Discuter et écouter pour briser l'isolement et prévenir le suicide

Silhouette d'une jeune femme en réflexion près d'un plan d'eau traversé par un pont.
En Alberta, environ 500 personnes se suicident chaque année. Photo: iStock
Radio-Canada

Des experts profitent de la Journée mondiale de la prévention du suicide pour rappeler l'importance de parler de la maladie mentale et de briser les tabous. L'isolement est le plus grand danger pour une personne qui a des idées noires, préviennent-ils.

Un texte de Charlotte Dumoulin

Parler, écouter et repérer les signes, c’est essentiellement le message qu’envoient plusieurs experts de différents centres d’aide pour le suicide en cette journée de sensibilisation.

Trish McAllister-Hall, employée au Centre de prévention du suicide en Alberta, est bien placée pour comprendre comment la communication peut sauver des vies.

Souffrant de problèmes de dépression et d’anxiété, elle a fait sa première tentative de suicide à 17 ans. Il y en a eu plusieurs autres par la suite, qui lui ont valu quelques séjours dans les hôpitaux pour recevoir de l’aide.

« Dans ces moments, le plus important est d’avoir des personnes autour de soi qui savent quoi faire pour nous aider », dit Trish McAllister-Hall.

Le message qu’elle envoie aujourd’hui à tous ceux qui vivent des périodes sombres, c’est : « Tenez bon. Et appelez un organisme pour obtenir de l’aide. »

Pour ceux qui sont en détresse, Elle assure qu’il y a des jours plus joyeux qui viendront : « En rétrospective, si j'avais su que je pouvais m'en sortir et avoir une belle vie, ça m'aurait aidée. »

Trish McAllister-Hall raconte qu’elle se sentait isolée lorsqu’elle avait des pensées suicidaires. Elle croyait être la seule à en vivre.

 Ça m’a pris du temps avant d’avoir le courage de parler de mes difficultés. [...] On se préoccupe de la façon dont les autres nous percevront. 

Trish McAllister-Hall, employée au Centre de prévention du suicide en Alberta

Vous pensez au suicide, vous êtes inquiet pour un proche ou vous avez perdu un être cher par suicide? Il est important d’en parler.

Services de crise Canada - Prévention de suicide et soutien  (Nouvelle fenêtre): 1 833 456-4566

Jeunesse j’écoute  (Nouvelle fenêtre): 1 800 668-6868; clavardage offert

Alberta - jeunesse et familles  (Nouvelle fenêtre): 1 800-563-6106; (403) 299-9699; clavardage offert

Un tabou dénoncé par les experts

Environ 500 Albertains meurent par suicide chaque année, d’après le site de l’Association canadienne de la santé mentale en Alberta.

Selon les données de Statistique Canada, trois victimes de suicide sur quatre au pays sont des hommes. Le suicide est par ailleurs la deuxième cause de mortalité chez les hommes de 15 à 24 ans.

Pour cette raison, la fondation Movember se joint à la campagne de sensibilisation de la Journée mondiale de la prévention du suicide depuis quelques années.

 On veut encourager les hommes à parler davantage, à raconter leur histoire, mais aussi on veut encourager les gens à les écouter. 

Andrée Paulin, responsable du volet développement pour la fondation Movember

Les experts recommandent justement aux proches d’être attentifs aux changements de comportements importants. Certains des comportements alarmants sont, par exemple, le fait de parler plus souvent de la mort, d'être déprimé et devenir soudainement très heureux, se considérer comme un fardeau pour les autres ou se retirer des réseaux sociaux.

Mara Grunau, directrice générale du Centre de prévention du suicide de l’Alberta, recommande aux proches d’une personne qui semble avoir des idées suicidaires de bâtir une relation de confiance avec elle.

Il faut engager une conversation en posant la question directement même si c’est gênant : « Je suis inquiète, tu sembles différent ces jours-ci. Parfois, quand ça va mal, les gens pensent au suicide, est-ce que tu y penses? », conseille-t-elle.

Les personnes en détresse se sentiront alors soulagées qu’on en parle avec eux, explique l’experte.

Alberta

Santé physique et mentale