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Une forêt en C.-B. pourrait servir d’exemple pour protéger une jungle indonésienne

Un petit éléphant frotte sa trompe sur la tête d'un homme assis dans le gazon.

Un jeune éléphant de Sumatra joue avec un membre de l'Unité de conservation de Trumon dans la réserve faunique de l'écosystème de Leuser.

Photo : Getty Images / CHAIDEER MAHYUDDIN/AFP

Radio-Canada

Des environnementalistes et des politiciens indonésiens souhaitent s'inspirer de la forêt de Great Bear, sur la côte pacifique de la Colombie-Britannique, pour protéger l'écosystème de Leuser, sur l'île de Sumatra, en Indonésie.

Le groupe est de passage dans la province, cette semaine, pour en apprendre plus sur le modèle mis en place dans la région.

« La forêt pluviale de Great Bear est passée de 5 à 85 % d’aires protégées », souligne Farwiza Farhan, qui fait partie de la délégation indonésienne. « C’est inconcevable pour nous. »

Le fait que ce soit un modèle porté par les Premières Nations qui bénéficie à la communauté locale, c’est comme un rêve de conservation.

Farwiza Farhan, dirigeante du groupe indonésien Forêt, Nature et Environnement Aceh

En 2007, 120 millions de dollars ont été investis par des donateurs privés et par les gouvernements de la Colombie-Britannique et du Canada afin de financer les efforts de conservation, la recherche et la création d’entreprises écotouristiques par des Premières Nations dans la région de Great Bear.

Des 64 000 kilomètres carrés de territoire, 85 % sont aujourd’hui protégés de l’industrie forestière. Le reste est géré grâce à un modèle basé sur l’écosystème, dont l’objectif est de permettre les activités économiques tout en protégeant les espèces et leur habitat.

Des écosystèmes différents, mais des points en commun

Le groupe environnementaliste vancouvérois Canopy, qui a fait partie de l’entente de la forêt de Great Bear, est à l’origine de la venue de la délégation indonésienne en Colombie-Britannique.

La fondatrice de l’organisme, Nicole Rycroft, voit plusieurs ressemblances entre la forêt britanno-colombienne et celle de Leuser.

Deux jeunes oursons et un ours adulte debout dans l'eau dans une forêt. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des oursons et leur mère dans la forêt pluviale de Great Bear.

Photo : Andrew S. Wright

« L’écosystème de Leuser, tout comme la forêt de Great Bear, est incroyablement fascinant, dit-elle. À la place des ours et des baleines, il y a des éléphants, des rhinocéros, des orangs-outans et des tigres. »

Nicole Rycroft estime que la forêt indonésienne fait face à une menace imminente, en raison de projets d’exploitation du territoire pour ses ressources forestières, minières et d’huile de palme.

L’écosystème de Leuser est à la croisée des chemins, comme c’était le cas en Colombie-Britannique au début des années 2000. La forêt pluviale de Great Bear aurait pu être exploitée à grande échelle par l’industrie forestière.

Nicole Rycroft, fondatrice de l'organisme Canopy

À la recherche de solutions de rechange

Un des principaux défis auxquels devront faire face les autorités indonésiennes est d’offrir aux populations locales d’autres façons de gagner leur vie, dans un secteur où l’exploitation illégale des forêts est très lucrative, selon Irwan Djohan, un député de la province d’Aceh qui fait partie de la délégation indonésienne. « Une partie importante de la déforestation est causée par le besoin des gens d’améliorer leur sort », explique-t-il.

Le politicien ajoute que la forêt doit être protégée pour le bien des animaux, mais aussi pour celui des humains : « Avec les changements climatiques, l’écosystème de Leuser deviendra très important, pas seulement pour les Indonésiens, mais pour toute l’humanité. »

Un groupe de dix personnes pose avec des montagnes en arrière-plan. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La délégation indonésienne, incluant le député Irwan Djohan (troisième à partir de la droite), en compagnie de la fondatrice de l'organisme Canopy, Nicole Rycroft (quatrième à partir de la droite).

Photo : Canopy

Farwiza Farhan croit elle aussi qu’il s’agit d’un enjeu de taille.

Qu’est-ce qui est le plus important? Que les gens soient en mesure de se nourrir ou de protéger l’habitat des éléphants? Je pense que la conservation de l’environnement et le développement devrait aller ensemble, et c’est un concept qui a été prouvé au Canada, dans la forêt pluviale de Great Bear.

Farwiza Farhan, dirigeante du groupe indonésien Forêt, Nature et Environnement Aceh

Les environnementalistes et les politiciens indonésiens ont rencontré le ministre de l’environnement provincial, George Heyman, des membres de la Première Nation Kitasoo ainsi que des donateurs potentiels provenant d’un peu partout en Amérique du Nord. Ils passeront le reste de la semaine à découvrir la forêt de Great Bear.

« La forêt pluviale de Great Bear offre un plan pour les autorités à travers le monde pour comprendre comment protéger l’environnement de manière éloquente, tout en contribuant au bien-être des humains », croit Nicole Rycroft.

Avec les informations de Bethany Lindsay

Colombie-Britannique et Yukon

Protection des écosystèmes