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Fini, les places de stationnement obligatoires dans Ville-Marie

Plan moyen de Mme Plante.
Valérie Plante a annoncé l'abolition du règlement déterminant le nombre minimum de places de stationnement des projets immobiliers dans l'arrondissement de Ville-Marie. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Les promoteurs immobiliers n'auront plus à construire un minimum d'emplacements de stationnement dans les nouveaux projets résidentiels au centre-ville de Montréal. L'arrondissement de Ville-Marie prévoit modifier mardi soir la réglementation à cet effet.

La mairesse Valérie Plante a annoncé lundi l'abolition du règlement déterminant le nombre minimum de places de stationnement, qui « persistait » dans l'arrondissement de Ville-Marie, qu’elle dirige, alors qu’il avait disparu ailleurs.

En vertu de ce règlement, les promoteurs devaient payer jusqu'à 80 000 dollars par place de stationnement manquant s'ils n’en construisaient pas le nombre requis.

« On veut laisser [aux promoteurs] la flexibilité de décider si, en fonction de la population visée et également de la proximité ou non du transport collectif, c’est vraiment nécessaire de construire des cases de stationnement », a expliqué Mme Plante aux journalistes.

« Ils n’auront plus à payer le montant, qui était somme toute très important, pour ne pas avoir à les construire », a-t-elle ajouté.

La mairesse a souligné que cet assouplissement ne sera pas étendu au nombre de supports à vélos qui doivent être installés : « C’est vraiment juste par rapport au stationnement automobile. »

Elle a fait son annonce devant quelque 400 invités de l'Institut de développement urbain du Québec, un regroupement de gens d'affaires.

Le message que j’ai envoyé, c’est : je comprends qu’on est peut-être plus là. Il faut dépoussiérer ces façons de faire. […] Oui, il va y avoir des changements dans le règlement d’inclusion, mais on va travailler ensemble.

Valérie Plante, mairesse de Montréal et de l'arrondissement de Ville-Marie

Valérie Plante a précisé que, ce qu’elle voulait dire aux promoteurs, c’est : « Je vous ai entendus, vous trouviez que cette réglementation-là était un peu dépassée. Alors, on l’enlève. »

« C’est quelque chose dont les promoteurs nous parlaient assez souvent », a-t-elle dit, notant que plusieurs invoquaient les stations de métro voisines de leurs projets ou encore la clientèle étudiante qu’ils visaient.

Nouvelles obligations à venir

Pour ce qui est de réserver une part des développements aux logements sociaux et abordables, toutefois, la vis va se resserrer.

« On s’en va vers un règlement, a indiqué Mme Plante. [...] On a une année complète pour travailler avec les différents acteurs, pour faire une consultation au sein de l’[Office de consultation publique de Montréal], ce qui est une obligation légale pour pouvoir adopter ce règlement-là. Et ensuite, on va être bien ferrés. »

La mairesse reconnaît que les promoteurs sont préoccupés par les règles qui devraient entrer en vigueur en juillet 2019.

« Mais on se veut rassurants, parce qu’on travaille beaucoup en collégialité avec les différents acteurs, a-t-elle dit. On va également faire des analyses pour voir quel pourrait être l’impact financier pour les promoteurs immobiliers. C’est une démarche qui est très sérieuse. »

Le statut de métropole confère à la Ville de Montréal de nouveaux pouvoirs lui permettant d’exiger, par exemple, qu’un grand projet immobilier compte 20 % de logements abordables et autant de logements sociaux de même qu’une autre proportion de 20 % – dont une partie pourrait être incluse dans les précédentes – de logements pour les grandes familles.

« Il faut le faire en bonne et due forme pour que ce soit prévisible, bien compris et intégré, et qu’on ait travaillé avec les différents acteurs », a estimé Mme Plante.

Le PDG de l'Institut de développement urbain, l'ex-ministre et chef péquiste André Boisclair, a dit voir d'un bon oeil l'évolution de la réglementation.

« C'est une bonne chose, d'autant plus que les ménages, particulièrement les jeunes ménages, ont des comportements différents de ceux de leurs ainés, a-t-il souligné. Que la réglementation s'adapte, il me semble que ça va de soi. »

« Mais ce qu'il faut regarder, c'est l'ensemble du grand portrait », a-t-il nuancé.

Et le grand portrait est plutôt inquiétant, d'après M. Boisclair, car les hausses de taxes, les redevances futures pour le Réseau express métropolitain (REM) et, surtout, l'augmentation prévue de la part de logements sociaux et abordables dans les nouveaux projets risquent de pousser le prix des logements à la hausse.

Plutôt que d'attirer les gens à Montréal, la Ville risque de les faire fuir, a-t-il averti.

Avec des informations de Benoît Chapdelaine

Grand Montréal

Politique municipale