•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Trois enjeux pressants pour Justin Trudeau et son caucus

Un homme vêtu d'une chemise et d'une cravate devant une foule de partisans.

Le premier ministre Justin Trudeau dans son fief montréalais de Papineau

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

Les députés du Parti libéral du Canada (PLC) reprendront les travaux parlementaires la semaine prochaine avec un vent de face. Au cours de leur caucus qui s'ouvre aujourd'hui à Saskatoon, ils doivent trouver comment reprendre le contrôle du message à un an des élections fédérales. Tout un défi pour un gouvernement qui tente de limiter les dégâts sur plusieurs fronts.

Une analyse de Louis Blouin, correspondant parlementaire au caucus libéral à Saskatoon

L’incertitude de l’ALENA

Alors que le sort de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) n'est pas encore scellé, des sources dans le caucus nous indiquent que Justin Trudeau devra calmer les inquiétudes dans ses rangs. Ce sont en effet les députés qui devront essuyer, en première ligne, les critiques de leurs électeurs s'il y a des concessions dans le secteur laitier ou des tarifs américains imposés à l’industrie de l’automobile.

La position d’Ottawa est fort délicate en cette année préélectorale. Justin Trudeau dispose d’un certain capital de sympathie pour tenir tête à l’administration Trump, mais cette ressource n’est pas infinie. Les Canadiens lui pardonneraient difficilement un mauvais accord.

Ces négociations mobilisent les plus proches conseillers de Justin Trudeau. Alors que la garde rapprochée du premier ministre fait l’aller-retour entre Ottawa et Washington, les libéraux doivent éviter que des dossiers nationaux, comme la réconciliation avec les Autochtones ou le plan d’infrastructures, n’en pâtissent.

Le pipeline à 4,5 milliards de dollars

Justin Trudeau qui tend la main à Rachel Notley.

Rachel Notley l'attendait Justin Trudeau de pied ferme pour discuter de la suite à donner à ce projet Trans Mountain

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

L’avenir du projet d’expansion du pipeline Trans Mountain devrait être l’un des sujets prioritaires lors du caucus. Le gouvernement Trudeau n’a toujours pas décidé s’il allait porter en appel la décision de la Cour d’appel fédérale qui a interrompu les travaux.

Est-ce qu’Ottawa se conformera au jugement? Comment ? Quand les travailleurs pourront-ils retourner sur le chantier? La relation entre Ottawa et l'Alberta dépend des réponses à ces questions.

À la reprise des travaux, le premier ministre n’aura d'autre choix que de présenter rapidement un plan d’action s’il veut contrer les attaques de l’opposition. Le gouvernement fédéral doit démontrer qu’il n’est pas en train d’improviser avec les 4,5 milliards de dollars des contribuables, qui doivent servir à acheter le pipeline.

Il en va de sa crédibilité, de ses stratégies économique et environnementale ainsi que de ses relations avec les communautés autochtones.

Les provinces et le carbone

Le Canada entre dans un nouveau chapitre des relations fédérales-provinciales. L’arrivée de Doug Ford au pouvoir en Ontario et son opposition à la tarification fédérale sur le carbone ont cristallisé ce changement.

L’opposition conservatrice à Ottawa n’est plus la seule à dénoncer une nouvelle « taxe » imposée aux Canadiens. Les libéraux auront fort à faire pour recadrer le débat, surtout si Jason Kenney et le Parti conservateur uni qu'il dirige sont portés au pouvoir le printemps prochain en Alberta.

Le premier ministre ontarien Doug Ford.

Le premier ministre ontarien Doug Ford

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Une collision se dessine. L’équipe Trudeau va-t-elle attaquer de front pour marquer le contraste avec ses adversaires en matière de climat ou choisir d'arrondir les angles de sa stratégie de tarification du carbone? Une bataille ouverte pourrait lui nuire politiquement. À l’inverse, si le premier ministre met trop d’eau dans son vin, il donnerait l'impression de reculer sur l'une de ses promesses phares.

Les orientations prises à Saskatoon seront déterminantes. Secoué de toutes parts, Justin Trudeau doit trouver comment reprendre le contrôle de l’ordre du jour. C’est essentiel afin de planifier la prochaine élection.

Politique fédérale

Politique