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Croissance oblige, le port de Montréal embauche

Le port de Montréal avec, à l'avant-plan, le boulevard Notre-Dame.
Le port de Montréal avec, à l'avant-plan, le boulevard Notre-Dame Photo: Radio-Canada / Jean-François Villeneuve
La Presse canadienne

L'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne a stimulé le transport par conteneurs et provoqué une vague de recrutement sur les quais, ont indiqué les responsables du port de Montréal.

Le volume de marchandises transitant par le deuxième port en importance du pays a bondi de 19,7 % en juillet, par rapport au même mois l'an dernier, atteignant l'équivalent d'environ 147 000 conteneurs de 20 pieds, selon l'Association des employeurs maritimes (AEM).

Les importations de conteneurs ont augmenté de 7,8 % pour atteindre près de 4,33 millions de tonnes au cours des sept premiers mois de l'année, par rapport à la même période en 2017, et l'essentiel de ce trafic provenait d'Europe.

L'AEM, qui assure la formation des travailleurs portuaires, ainsi que l'Administration portuaire de Montréal attribuent une grande partie des entrées de conteneurs à l'Accord économique et commercial global (AECG) signé par le Canada et l'Union européenne (UE) en 2016.

L'AECG, qui est entré en vigueur en septembre dernier, offre aux entreprises canadiennes un accès plus large à l'un des plus grands marchés du monde.

Nouvelles embauches

L'augmentation du trafic sur les quais a incité l'association à embaucher 50 nouveaux débardeurs et 15 auditeurs supplémentaires, et plusieurs terminaux clés ont presque doublé leur temps d'exploitation, qui est passé à 17 heures par jour ouvrable.

Selon le président et chef de la direction de l'association, Stéphane Morency, l'essor s'explique principalement par les importations de denrées alimentaires, comme le vin et le fromage, et de métaux, en particulier des poutres d'acier, utilisées entre autres pour les travaux effectués sur le nouveau pont Champlain à Montréal, qui doit ouvrir en décembre.

« Il y a beaucoup d'acier sur ce pont. Et plusieurs de ces grosses poutres en I, ces énormes poutres en I, proviennent d'Europe », a-t-il observé.

Le trafic d'ensemble au premier semestre a diminué de 4,9 % à 17,75 millions de tonnes par rapport au premier semestre de 2017, selon les chiffres du port.

Un recul précipité des cargaisons de vrac, en particulier des exportations de céréales, a engendré cette baisse, a expliqué le vice-président de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Pierre-Yves Boivin.

Serge Auclair, vice-président de l'Administration portuaire de Montréal, a souligné la nécessité de créer davantage d'accords de libre-échange au-delà des États-Unis, à mesure que s'ouvrent les marchés d'Asie et d'Europe de l'Est.

Ottawa a signé des accords, ces cinq dernières années, avec le Honduras, la Corée du Sud, l'Ukraine et, plus récemment, l'UE.

La tendance à regrouper des produits tels que les céréales ou les pâtes et papiers dans des conteneurs d'expédition en acier contribue également à expliquer la hausse du trafic de conteneurs, a observé M. Auclair.

« De plus en plus, même si les coûts liés à la mise en conteneurs sont un peu plus élevés, elle permet une certaine flexibilité, et certaines entreprises souhaitent en profiter pour effectuer des livraisons vers d'autres destinations », a-t-il ajouté.

L'autorité portuaire espère ouvrir un autre terminal à conteneurs à Contrecoeur, sur la Rive-Sud, afin de répondre à la croissance du marché, qui a augmenté de 14 % en quatre ans, pour atteindre l'équivalent de 1,54 million de conteneurs de 20 pieds en 2017. Le port a effectué en janvier une étude d'impact environnemental en vue de la réalisation du projet.

Selon l'administration portuaire, la valeur des marchandises qui transitent chaque année par le port de Montréal est d'environ 41 milliards de dollars.

L'année dernière, les produits alimentaires, les matériaux de construction et les produits sidérurgiques constituaient la plus grande part des conteneurs d'importation, tandis que les produits forestiers, les aliments et les céréales représentaient près de la moitié des conteneurs d'exportation.

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