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Des organismes ontariens offrent d'accueillir les immigrants refusés au Québec

Un couple souriant tient une clé
Les chefs de deux partis au Québec proposent de réduire le nombre d'immigrants que la province accueille annuellement. Photo: iStock

L'Ontario pourrait accueillir les immigrants francophones délaissés par le Québec si la Coalition avenir Québec (CAQ) ou le Parti québécois (PQ) était porté au pouvoir, selon le directeur général de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), Peter Hominuk.

Un texte de Bienvenu Senga

La semaine dernière, le chef de la CAQ François Legault et celui du PQ Jean-François Lisée ont respectivement laissé entrevoir une réduction du seuil d'immigration au Québec si leur parti est élu le 1er octobre.

Sur Twitter, le directeur général de l’AFO, Peter Hominuk, a mentionné que sa province accueillerait volontiers les immigrants francophones qui seraient refusés au Québec en raison de la diminution du seuil qui pourrait être imposée dans la province après les élections. L’organisme porte-parole des Franco-Ontariens plaide pour que l'Ontario puisse finalement atteindre sa cible annuelle de 5 % d’immigrants francophones.

Le coordonnateur du Réseau de soutien à l’immigration du Nord de l’Ontario, Christian Howald, abonde dans le même sens.

Moi, je serais prêt à dire qu’on a un service en place et, avec les réseaux d’immigration francophone et nos partenaires en communauté, on est prêts à accueillir ces gens-là.

Christian Howald, coordonnateur du Réseau de soutien à l’immigration du Nord de l’Ontario

Il estime que les besoins en immigration de l’Ontario sont tels que la province a besoin de 80 000 immigrants par année si on veut que notre économie ne s’effondre pas.

Dans le Nord de l’Ontario, plus spécifiquement, on a besoin que 50 000 personnes déménagent ici au cours des 30 prochaines années. Si ce sont des francophones, il y a des avantages économiques, parce qu’en embauchant quelqu’un qui parle français, ça ouvre la porte à toute une nouvelle diversité de marchés partout sur la planète, avance-t-il.

Photo d'un homme en complet portant une cravate avec des drapeaux franco-ontariens devant le tableau d'affichage des arrivées à l'aéroportLe coordonnateur du Réseau de soutien à l'immigration francophone du Nord de l'Ontario, Christian Howald Photo : Radio-Canada

Une conjoncture politique qui brouille les cartes?

Si la volonté d’accueillir les immigrants francophones qui seraient rejetés par le Québec est bien présente chez les acteurs communautaires, la politologue Laure Paquette de l’Université Lakehead doute que ce soit le cas du côté du gouvernement ontarien.

Étant donné les affrontements qu’ont déjà eus les ministres ontarien et fédéral responsables de l’immigration, Mme Paquette ne s’attend pas à une amélioration rapide des politiques qui permettraient d’ouvrir les portes aux immigrants francophones.

Elle croit aussi qu’il est fort possible que [le premier ministre] Doug Ford change le seuil d’immigration en le revoyant à la baisse. La cible de 5 % d'immigrants francophones pour l'Ontario a été établie en 2012, sous le gouvernement libéral précédent.

De toute manière, [le gouvernement progressiste-conservateur] ne sera pas apte à accorder des services en français qui coûtent cher au moment même où il cherche à faire des compressions budgétaires.

Laure Paquette, professeure agrégée à l'Université Lakehead
Laure PaquetteLa politologue Laure Paquette ne croit pas qu'il y aura une volonté réelle d'accroître le nombre d'immigrants francophones de la part du gouvernement Ford. Photo : Laure Paquette

Le président de l'AFO, Carol Jolin, se dit optimiste, surtout après sa rencontre avec la ministre responsable des Affaires francophones. Caroline Mulroney lui aurait confié qu'elle a déjà commencé à consulter les trois livres blancs qu'a déjà publiés l'AFO, dont celui portant sur l'immigration francophone.

La première impression est bonne et on a hâte de travailler avec l'Office [des affaires francophones] pour faire avancer les dossiers francophones, fait savoir M. Jolin.

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol JolinLe président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin Photo : Radio-Canada

Quant à l'accroissement de l'offre de services en français, il précise qu'il s'agirait d'un corollaire de la modernisation de la Loi sur les services en français que réclame l'AFO.

Il faut regarder différentes façons de donner des services en utilisant la technologie, cela peut améliorer les services comme tels, note-t-il.

Il faut continuer à travailler avec les deux paliers [ordres] de gouvernement pour atteindre nos objectifs. Plutôt qu['ils arrivent] à Montréal, parce que M. Legault veut couper les ratios d'immigration, on n'a pas de problème à ce qu'ils arrivent à Toronto et qu'on puisse les accueillir en français.

Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario

En février, le gouvernement fédéral a lancé un appel d'offres afin de recruter un fournisseur de services d'accueil en français aux nouveaux arrivants qui atterrissent à l'aéroport Pearson de Toronto.

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