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Des réfugiés chiliens qui s’enracinent au Canada

Une affiche de bienvenue dessinée par le Comité d'accueil des réfugiés chiliens du Canada.

À partir de 1973, des milliers de Chiliens demandent l'asile politique au Canada.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À partir du 11 septembre 1973, des milliers de Chiliens doivent fuir le Chili. Plusieurs se réfugient au Canada. Beaucoup espèrent que cette situation sera temporaire. Nos archives montrent que la vie en a souvent décidé autrement.


On frappe à la porte du Canada

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Le 60, 5 février 1974

Comme on le voit dans ce reportage présenté par le journaliste Pierre Nadeau à l’émission Le 60, le 5 février 1974, beaucoup de Chiliens ont demandé refuge au Canada.

Cette situation ne serait pas arrivée si le général Augusto Pinochet ne s’était pas emparé du pouvoir par un coup d’État le 11 septembre 1973.

Ce jour-là, la terreur et l’impunité sont la règle au Chili. Plusieurs milliers de sympathisants de la défunte administration démocratique sont menacés de torture, voire de mort.

De nombreux partisans et de membres du gouvernement Allende frappent alors aux portes des ambassades des pays occidentaux pour y demander asile.

C’est le cas de l’ambassade canadienne à Santiago, la capitale chilienne.

Dès le soir du 11 septembre 1973, des Chiliens en danger viennent demander refuge à des diplomates canadiens à leurs résidences privées.

Ces diplomates sont pleinement conscients que leurs maisons ne sont pas considérées comme des sanctuaires par le droit international. Ils décident donc de transférer leurs protégés à la résidence officielle de l’ambassadeur du Canada au Chili Andrew Ross.

Bientôt, ce sont des dizaines de demandeurs d’asile qui couchent sur les planchers de la résidence de l’ambassadeur canadien.

Le Canada à cette époque ne dispose pas d’une réglementation sur l’aide à apporter à des demandeurs d’asile politique. La crise chilienne force Ottawa à combler ce vide.

En octobre 1973, le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau émet des certificats ministériels qui autorisent plusieurs dizaines de Chiliens à se réfugier au Canada.

C'est à la suite de la crise des réfugiés chiliens que le gouvernement canadien a modifié sa loi sur l'immigration pour y intégrer, comme catégorie admissible d'immigrants, les réfugiés politiques.

Dans son reportage, le journaliste Pierre Nadeau rencontre des Chiliens qui viennent d’arriver à Montréal. Ces réfugiés, dont plusieurs sont hautement scolarisés, montrent une grande volonté d’intégration.

Je crois qu’il est difficile de trouver un travail sans connaître la langue. Il est important de suivre les cours de langue, spécialement le français.

Un réfugié chilien interviewé par le journaliste Pierre Nadeau

Le Canada accueille une martyre

C’est ma fille qui a choisi le Canada.

Audelina, mère de Carmen Gloria Quintana


Certains réfugiés chiliens arrivent au Canada dans des conditions particulièrement dramatiques. C’est le cas de Carmen Gloria Quintana et de sa famille.

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Téléjournal, 17 septembre 1986

Leur histoire, comme le rappelle le reportage de la journaliste Marthe Blouin présenté au Téléjournal du 17 septembre 1986 par Bernard Derome, glace le sang.

Le 2 juillet 1986, Carmen Gloria Quintana et un ami, Rodrigo Rojas DeNegro, manifestent à Santiago contre la dictature chilienne.

Attrapés par des militaires, ils sont torturés. Des soldats les arrosent ensuite de kérosène et leur lancent des cocktails Molotov.

Transformés en torches humaines, Carmen Gloria Quintana et Rodrigo Rojas DeNegro sont abandonnés dans un fossé et laissés pour morts.

Le jeune homme meurt après quatre jours d’agonie. La jeune fille survit. Elle est toutefois brûlée au troisième degré sur les deux tiers de son corps.

Immédiatement, Carmen Gloria Quintana devient une martyre aux yeux de la communauté internationale. Plusieurs pays offrent de la soigner.

C’est cependant au Canada que la famille Quintana demande l’asile politique et les traitements pour lui sauver la vie.

Carmen Gloria Quintana et sa famille habitent toujours à Montréal.

Rester même si le Chili est redevenu démocratique

Comme Carmen Gloria Quintana, plusieurs exilés chiliens ont décidé de rester au Canada après le retour à la démocratie dans leur pays d’origine.

Leurs racines avaient poussé trop profondément en sol canadien et québécois pour être arrachées et transplantées au Chili.

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Montréal ce soir, 13 septembre 1993

C’est le cas de la famille Nuñez, comme le souligne le reportage de la journaliste Anne Panasuk présenté au Montréal ce soir le 13 septembre 1993.

Le père, Oswaldo, a fait sienne la terre du Québec. Il s’est tellement bien intégré qu’aux élections fédérales canadiennes de 1993, il s’est présenté… pour le Bloc québécois.

Oswaldo Nuñez devient le premier député hispano-américain à la Chambre des communes. Il est député de la circonscription de Bourassa au parlement fédéral de 1993 à 1997.

Oswaldo Nuñez et sa conjointe auraient pu retourner au Chili après la restauration de la démocratie. Mais trop d’attaches les retiennent au Québec.

Une petite-fille, née de l'union d'un de leurs fils avec une Québécoise de souche, les a convaincus de demeurer à Montréal.

L’été austral brille de tous ses feux chaque janvier au Chili.

Pour les Chiliens comme Oswaldo Nuñez et sa conjointe, comme le rappelle de manière taquine un de ses fils, une plage au Chili, c’est alors bien mieux qu’une plage à Miami!

Encore plus de nos archives

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