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Des neurones associés à la bravoure et à l'anxiété

Représentation artistique de neurones.

Représentation artistique de neurones.

Photo : iStock / SergeyNivens

Radio-Canada

Certaines cellules nerveuses du cerveau jouent un rôle clé dans les comportements à risque et dans l'anxiété, ont découvert des scientifiques brésiliens et suédois.

Un texte d'Alain Labelle

Certains individus sont capables de marcher confortablement sur le bord d’un précipice et d’autres se déplacent sur des fils de fer entre des gratte-ciel, alors que d’autres figent à la seule idée de telles activités.

Les humains se comportent fort différemment devant le danger. Même des frères et sœurs ne réagissent pas de la même façon face aux comportements à risque.

Le saviez-vous?

  • Le neurone (cellule nerveuse) est la plus petite partie vivante du système nerveux.
  • Il est responsable de la transmission de l'influx nerveux.
  • L'influx nerveux est une activité électrique qui se propage dans le système nerveux grâce à la stimulation de plusieurs neurones.
  • Le nombre total de neurones du cerveau humain est estimé à environ 100 milliards.
Illustration montrant les neurones et leurs synapses.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La communication entre les neurones du cerveau est rendue possible grâce au contact des synapses.

Photo : iStock

Des neurones et des comportements

À ce jour, les mécanismes neuronaux qui sous-tendent ce type de comportements à risque restaient grandement mystérieux.

C’était avant les travaux des chercheurs Sanja Mikulovic, Ernesto Restrepo, Klas Kullander et Richardson Leao associés aux universités Uppsala et fédérale de Rio Grande du Nord.

Ces équipes ont établi que certains neurones situés dans l'hippocampe jouent un rôle clé dans les comportements à risque et l’anxiété.

Le rôle de l'hippocampe dans les émotions est beaucoup moins étudié que son rôle dans la mémoire et la cognition.

Dans des modèles animaux, les chercheurs ont établi que lorsque certains neurones (OLM pour oriens-lacunosum moleculare cells en anglais) sont stimulés dans le cerveau d’animaux, ils produisent un rythme cérébral associé au sentiment de sécurité dans un environnement menaçant (par exemple, lorsqu'ils se cachent d'un prédateur, mais qu'ils sont conscients de la proximité du prédateur).

Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Mikulovic et al,

Les présents travaux montrent aussi que l'anxiété et les comportements à risque peuvent être contrôlés par la manipulation de ces cellules OLM.

Cette percée pourrait permettre de trouver le chemin cellulaire qui module les comportements à risque pour éventuellement permettre de mettre au point un traitement contre l'anxiété pathologique.

La découverte de ces neurones et de leur rôle dans l'anxiété et la prise de risque ouvre la voie au développement d'anxiolytiques et d'antidépresseurs très efficaces sans effets secondaires communs, comme l'apathie.

Sanja Mikulovic, Université Uppsala

Le détail de ces travaux est publié dans le journal Nature Communications (en anglais) (Nouvelle fenêtre).

des neurones d'un cerveau de sourisAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le cerveau est composé de milliards de neurones et certains transmettent notre stress aux autres.

Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette

En 2010, une équipe française du Neurocentre Magendie de Bordeaux avait identifié trois groupes de neurones impliqués dans des réactions d'anticipation qui formait, selon elle, le siège de la « peur apprise ». Ces neurones sont situés dans l'amygdale du cerveau. Deux d'entre eux sont liés à la mémorisation du signal et à sa reconnaissance. Ils émettent des signaux à un troisième groupe, qui déclenche la réaction d'immobilisation des souris.

La peur « apprise », tout à fait naturelle, est en quelque sorte un signal d'alarme qui permet d'identifier un danger et de s'y soustraire.

En 2016, des chercheurs américains et français avaient établi que 30 petits neurones jouaient le rôle de centre de contrôle de la douleur dans le cerveau . Situé dans l'hypothalamus, il est responsable de la libération de l'ocytocine, une substance qui joue un rôle majeur dans l'intensité de la réponse à une douleur.

Ces neurones coordonnent à eux seuls la libération d'ocytocine dans le sang et dans la moelle épinière.

Biologie

Science