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L'Alberta rêve d'enfouir son carbone

Une cheminée crache de l'épaisse fumée.
Selon le ministère des Ressources naturelles du Canada, ce projet pourrait permettre l'enfouissement de 1,8 mégatonne de CO2 par année, soit l’équivalent des émissions annuelles de 339 000 véhicules automobiles. Photo: Associated Press / Darryl Dyck
Radio-Canada

Réduire les émissions de CO2 et simultanément augmenter la production de pétrole : ce sont les objectifs à première vue contradictoires de l'Alberta Carbon Trunk Line. Annoncé il y a plus de 10 ans, le projet d'infrastructure pourrait le voir le jour en 2019.

Un texte de Simon-Pierre Poulin

Le projet est ambitieux : capturer et liquéfier le CO2 émis dans un centre industriel d’Edmonton, le transporter par pipeline sur 240 km pour finalement l’injecter 2 km sous la surface du sol dans un gisement d’hydrocarbures.

Ce gisement, c’est le champ pétrolifère de Clive, près de Lacombe, dans le centre de l’Alberta. Ce dernier est recouvert d’une épaisse couche de roche imperméable. Le CO2 ainsi injecté y serait emprisonné et, par voie de conséquence, l’exploitation du pétrole serait facilitée. En effet, au contact du CO2, l'hydrocarbure perd de sa viscosité. Cette fluidité simplifie son extraction.

L’entreprise à la tête du projet, Enhance Energy, se targue d'éliminer de façon écologique des polluants qui auraient été libérés dans l’air tout en permettant de puiser des ressources autrement inexploitables.

Cette technique, la récupération assistée du pétrole, n’a rien de nouveau. Selon Enhance Energy, elle est utilisée dans plus de 100 champs pétrolifères en Amérique. Il s’agit toutefois du premier projet du genre à grande échelle en Alberta.

Un espoir de profits

Malgré son coût total de 1,2 milliard de dollars, l’entreprise prévoit faire des profits, et pas seulement avec l'exploitation du pétrole.

En Alberta, emprisonner du dioxyde de carbone dans le roc permet d'obtenir des crédits d’émission. Ces crédits peuvent être achetés par les grands émetteurs pour compenser la taxe provinciale sur le carbone, désormais fixée à 30 $ la tonne.

Pour les promoteurs, la hausse annoncée des taxes sur le carbone au Canada et la demande croissante pour le pétrole sont des gages de succès pour ce type d’infrastructure.

Convaincu de son potentiel, le gouvernement de Stephen Harper en 2009 avait promis 63 millions de dollars pour le projet, alors que le gouvernement albertain d’Ed Stelmach avait promis 495 millions de dollars.

Or, la planification de ce grand chantier a été interrompue, en 2014, par la crise des prix du pétrole. Mais voilà que le projet est à nouveau sur les rails : les promoteurs du projet prévoient une mise en service à la fin de 2019.

Avec les informations de La Presse canadienne

Alberta

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