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Réduire, réutiliser, repenser : comment pouvons-nous améliorer le taux de recyclage à Ottawa?

Un monticule de matières recyclables.

Le superviseur de l'usine de récupération de Cascades, Jake Bennett, passe au crible les monticules de recyclage et élimine les articles non recyclables.

Photo : Radio-Canada / Jennifer Chevalier

CBC

Un bras de poupée coupé, des lumières de Noël, même un évier de cuisine. Aucun d'entre eux n'est recyclable, mais ils tous ont été jetés dans les bacs bleus à Ottawa. Cascades Récupération, l'entreprise qui traite le recyclage de la Ville, croit que nous pouvons faire mieux.

Vous pouvez consulter le site Web de la Ville d'Ottawa sur le recyclage et découvrir exactement ce qui est récupérable. Et ce qui n'est pas sur cette liste, ça ne sert à rien de l'envoyer ici, parce qu'il va finir dans un site d'enfouissement, a déclaré Dan Stone, directeur général du site de recyclage.

Le problème, selon les gens qui travaillent l'industrie, c'est que la plupart des résidents ne prennent pas la peine de le faire.

Il y a encore une grande confusion quant à ce qui peut être recyclé, a déclaré Duncan Bury de Waste Watch Ottawa.

L’entreprise demande au prochain conseil de tripler les dépenses pour les campagnes de sensibilisation pour s'assurer que les gens comprennent ce qui peut être recyclé et ce qui ne peut l'être. Ottawa dépense actuellement environ 50 cents par ménage, alors que d'autres municipalités s'y engagent trois fois plus.

M. Bury souligne le faible taux de recyclage de la ville comme une autre raison d'améliorer la sensibilisation. Plus il y a de matières recyclables détournées des déchets, plus le site d'enfouissement du chemin Trail durera longtemps. Au rythme actuel, il sera complet au milieu des années 2040.

Ottawa a l'un des taux de réacheminement des déchets résidentiels les plus faibles des grandes villes, soit un peu moins de 44 %.

Nous sommes au bas de l'échelle des 10 grandes municipalités de la province, et c'est une performance dont nous ne devrions pas être fiers.

Duncan Bury, Waste Watch Ottawa

Les principales municipalités font en fait plus de 60 % et la moyenne est proche de 50 %, précise M. Bury.

Les tarifs en mouvance

Des matières recyclables.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les articles non recyclables sont séparés et envoyés vers les sites d'enfouissement.

Photo : Radio-Canada / Jennifer Chevalier

Toronto a battu le taux de recyclage d'Ottawa de sept points de pourcentage en 2016, mais ces chiffres ne disent peut-être pas tout.

Ottawa est la seule ville de l'Ontario à offrir le recyclage à tous les immeubles d'habitation, où les taux de recyclage sont traditionnellement plus faibles. C'est diluer les statistiques, selon la porte-parole du service de gestion des déchets solides de la Ville d'Ottawa, Marilyn Journeaux.

Malheureusement, les taux de réacheminement dans ce type de bâtiment ne sont pas les mêmes que pour les maisons unifamiliales, explique Mme Journeaux.

Dans les maisons unifamiliales, 50 % des déchets sont détournés des sites d'enfouissement, mais dans le segment des immeubles d'appartements à Ottawa, le taux n'est que de 17 %.

Nous avons tous la capacité de détourner plus de 70 % de nos déchets, le défi est de savoir comment faire avancer [les résidents] vers cette cible, a déclaré Mme Journeaux. »

La qualité avant la quantité?

Ottawa a un gros avantage en sa faveur, les matières recyclables sont relativement pures.

Le taux de contamination du recyclage à Ottawa n'est que de 3 %, à Toronto, c'est 25 %. Cela signifie qu'un quart du recyclage de Toronto a été contaminé et qu'il ne peut être vendu qu'une fois traité.

Ottawa fournit aux résidents des bacs noirs et bleus, tandis que d'autres municipalités, dont Toronto et Gatineau, ont un grand bac ou toutes les matières recyclables, verre, papier, boîtes de conserve et plastique, sont jetées ensemble. Mais lorsque de minuscules morceaux de verre brisé sont mélangés à du papier journal, ce papier est ruiné et se dirige probablement vers le site d'enfouissement.

Il est essentiel d'avoir un faible taux de contamination, non seulement pour éviter l'enfouissement des déchets, mais aussi parce que cela rend les matières recyclables d'Ottawa plus commercialisables.

Depuis que la Chine a interdit les fibres mixtes et les plastiques, certaines municipalités d'Amérique du Nord se démènent pour trouver des marchés où elles peuvent vendre leur recyclage. Certaines les entreposent et attendent que les marchés rebondissent, tandis que d'autres les envoient directement dans des sites d’enfouissement.

Nous avons entendu dire que certaines provinces et certains territoires les enfouissent, a soutenu Jo-Anne St-Godard, directrice générale du Conseil du recyclage de l'Ontario.

Selon Dan Stone, de Cascades Récupération, Ottawa ne met aucun de ses plastiques recyclés dans des sites d'enfouissement.

Les marchés vers lesquels nous expédions nos produits sont durables, et les propriétaires d'Ottawa peuvent être sûrs que les matériaux sont effectivement récupérés.

Dan Stone, Cascades Récupération

La province est prête

Un camion de recyclage jaune. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un camion de recyclage de la ville d'Ottawa livre les matériaux du bac bleu à l'usine de récupération Cascades sur le chemin Sheffield.

Photo : Radio-Canada / Jennifer Chevalier

Bientôt, toutes les municipalités de l'Ontario pourraient partager le même système.

Le gouvernement libéral de Kathleen Wynne avait exigé que l'industrie assume la totalité des coûts des programmes de recyclage de l'Ontario, alors qu'elle en finance actuellement 50 %. Les municipalités attendent actuellement de voir si le nouveau gouvernement conservateur de Doug Ford va maintenir la Loi favorisant un Ontario sans déchets.

La Loi prévoit entre autres encourager l'industrie à cesser d'utiliser des emballages que les usines de recyclage ne peuvent traiter.

 Les municipalités n'ont pas été en mesure de faire face à la vaste gamme d'emballages qui arrivent sur le marché, a mentionné Mme St-Godard.

Les emballages changent rapidement, plus vite que les marchés des systèmes de recyclage ne peuvent s'y adapter.

Jo-Anne St-Godard, directrice générale du Conseil du recyclage de l'Ontario

La Ville d'Ottawa croit que la nouvelle loi, si elle entre en vigueur, pourrait changer la donne.

Beaucoup de municipalités sont très favorables à ce que le gouvernement précédent proposait parce qu'il impose aux producteurs et aux importateurs de matériaux d'emballage la responsabilité de s'assurer que ces matériaux sont recyclables, ajoute Mme Journeaux.

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