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Le PDG de CBS évincé après de nouvelles accusations d'abus sexuels

Leslie Moonves parle lors d'une entrevue.
Leslie Moonves dénonce un « effort concerté » pour « détruire [son] nom, [sa] réputation, [sa] carrière ». Photo: Reuters / Lucy Nicholson
Agence France-Presse

Une deuxième série d'accusations aura eu raison du PDG de CBS. La chaîne américaine a annoncé dimanche soir le départ de Leslie Moonves, aux commandes depuis 15 ans, après que six nouvelles femmes l'eurent accusé d'abus sexuels.

Dans un communiqué, la chaîne a annoncé le départ de M. Moonves, 68 ans, l'une des figures les plus puissantes de la télévision américaine, « avec effet immédiat ».

La chaîne a également annoncé qu'elle allait donner 20 millions de dollars à une ou plusieurs associations soutenant le mouvement #MeToo et l'égalité des femmes au travail.

M. Moonves est remplacé à la tête du premier réseau américain par son adjoint, Joseph Ianniello, a précisé CBS, en annonçant également le remplacement de cinq des membres de son conseil d'administration.

Un départ attendu

Ce dirigeant était apprécié de Wall Street pour avoir fait de CBS le plus populaire des réseaux américains, introduisant des séries à succès comme The Big Bang Theory. Mais sa position était devenue intenable, après plusieurs jours d'intenses spéculations sur son sort.

Dimanche après-midi, plusieurs médias américains avaient annoncé son départ comme imminent, après la publication dans la matinée par le New Yorker des accusations de six nouvelles femmes à son encontre.

Ces nouvelles allégations sont plus graves que celles des six premières femmes qui l'avaient accusé en juillet, également dans le New Yorker, de les avoir touchées ou embrassées de force. Les nouveaux témoignages incluent des allégations de fellations forcées et de violences.

Certaines femmes ont aussi accusé M. Moonves d'avoir entravé leur carrière après qu'elles eurent repoussé ses avances.

L'une de ces femmes, Phyllis Golden-Gottlieb, a porté plainte l'an dernier auprès de la police de Los Angeles, qui a jugé ses accusations crédibles, mais a décidé de ne pas inculper M. Moonves, car l'agression supposée était vieille et tombait sous le coup de la prescription, selon Ronan Farrow, auteur de l'article du New Yorker et à la pointe des révélations du #MeToo.

M. Moonves avait néanmoins démenti auprès du New Yorker ces accusations « épouvantables ».

Il avait assuré avoir eu des relations consenties avec trois des femmes citées par le magazine, avant son arrivée chez CBS, et dénoncé un « effort concerté » pour « détruire [son] nom, [sa] réputation, [sa] carrière ».

L’indemnité de départ toujours à déterminer

M. Moonves était sur la sellette depuis les premières accusations de juillet, même s'il était resté en poste.

Des discussions sur son départ étaient en cours depuis plusieurs semaines, tournant en grande partie autour de son indemnité de départ.

CBS a indiqué dimanche qu'elle ne paierait « aucune indemnité à ce stade », et que l'indemnité éventuelle ne serait déterminée qu'une fois terminée l'enquête indépendante que la chaîne a demandé à des avocats extérieurs sur les accusations à l'encontre de M. Moonves.

La chaîne a aussi précisé que les 20 millions de dollars donnés aux associations seraient déduits du montant final.

Plusieurs médias américains, citant des sources proches du dossier, avaient évoqué avant dimanche un montant de quelque 100 millions de dollars.

Une somme qui avait choqué les partisans du #MeToo et certaines de ses accusatrices.

« C'est complètement dégoûtant », a ainsi déclaré une de ses accusatrices, Jessica Pallingston, au New Yorker.

Il devrait prendre cet argent et le donner à des associations de victimes d'abus sexuels.

Jessica Pallingston, accusatrice

Le maintien de Leslie Moonves aux commandes de CBS après les premières accusations constituait une exception à l'ère du #MeToo.

Depuis le début de l'affaire Weinstein en octobre, des dizaines d'hommes de pouvoir américains ont été poussés vers la sortie dès les premières accusations de harcèlement ou d'abus sexuels rendues publiques, souvent en quelques heures à peine.

Beaucoup d'observateurs expliquaient le maintien de M. Moonves par l'importance de la bataille concomitante entre la famille Redstone et CBS sur une possible fusion CBS-Viacom.

La fusion de CBS et de Viacom écartée

En même temps qu’elle annonçait le départ de Leslie Moonves, la chaîne américaine a justement annoncé la fin de son litige avec la famille Redstone, qui contrôle 80 % du capital de CBS, né de leur désaccord sur la volonté de la famille de fusionner CBS avec Viacom, un autre groupe de médias qu'elle possède.

La famille Redstone avait assigné CBS en justice, en l'accusant de vouloir diluer ses droits de vote à quelque 20 % seulement, ce qui devait déboucher sur un procès début octobre.

Cette fusion Viacom/CBS semble désormais écartée. Les Redstone ont « confirmé n'avoir aucun plan de proposer une fusion de CBS et de Viacom et convenu qu'ils ne feraient aucune proposition de ce genre pendant au moins deux ans à compter de la date de l'accord » à l'amiable annoncé dimanche soir, a précisé le communiqué de CBS dimanche.

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