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Des groupes autochtones souhaitent toujours investir dans Trans Mountain

Des bouts de pipeline sur le sol devant les montagnes

Des morceaux de pipeline sur les terrains de Trans Mountain à Kamloops en Colombie-Britannique

Photo : Jonathan Hayward/La Presse canadienne

Radio-Canada

Des communautés autochtones sont déterminées à investir dans l'expansion du pipeline Trans Mountain, malgré la récente décision de la Cour d'appel fédérale de suspendre indéfiniment le projet.

En août, la Cour a annulé l’approbation du projet par Ottawa et demandé à ce que les effets d’une augmentation de la circulation de navires sur l'environnement soient examinés. Le tribunal a aussi requis que les Autochtones qui habitent le long du tracé soient consultés de façon plus adéquate.

Des groupes autochtones de Fort McMurray, en Alberta, qui veulent toujours investir dans le projet, saluent la décision du tribunal, qui permettra au gouvernement Trudeau de faire de vraies consultations.

« Il n'y a pas de raccourci en matière de consultations, a déclaré le directeur général de la Première Nation de Fort McMurray #468, Brad Callihoo. [La Cour] a cerné un problème qui doit être examiné. Le système est brisé en matière de consultations, et nous devons le réparer. »

Brad Callihoo ajoute que même si elles ont des opinions différentes, toutes les communautés méritent d’être consultées de façon adéquate.

Des points de vue divergents

Avant qu’Ottawa n’annonce en mai l’achat du projet de Kinder Morgan pour 4,5 milliards de dollars, plusieurs communautés autochtones du littoral et du centre de la Colombie-Britannique avaient intenté des poursuites contre le projet de pipeline en raison de consultations inadéquates.

Mais, au même moment, une trentaine d’autres communautés avaient signé des ententes d’avantages réciproques avec Kinder Morgan et fait part de leur désir d'investir dans le projet.

Pour le chef Brad Callihoo, une telle participation au projet créerait des possibilités économiques pour sa communauté, qui vise à devenir non dépendante des subventions gouvernementales.

Même son de cloche du côté des Métis de McMurray, qui veulent aussi investir dans Trans Mountain. Leur président, Bill Loutitt, explique qu’ils connaissent la prospérité grâce à des occasions économiques liées aux sables bitumineux.

Il croit que les Autochtones de la côte de la Colombie-Britannique devraient aussi investir dans le projet d’oléoduc afin de pouvoir prendre le contrôle de ce qui se passe près de chez eux.

Nous nous inquiétons pour l’environnement. Mais le moyen d’en prendre soin est de nous engager de l’intérieur. C'est là qu’il est possible de faire des changements.

Bill Loutitt, président, Métis de McMurray

Un recul pour la lutte contre les changements climatiques

Mais Rueben George, un représentant de la Première Nation de Tsleil-Waututh, près de Vancouver, assure que sa communauté n’appuiera jamais le projet et n’y investira jamais, afin de protéger la terre et l’eau.

M. George explique qu’une évaluation environnementale commandée par Tsleil-Waututh a conclu que Trans Mountain est une menace non seulement pour son territoire traditionnel, mais également pour la lutte mondiale contre les changements climatiques.

[Ce projet] n’est pas bon pour le Canada. Il n’est pas bon pour la planète.

Rueben George, représentant de la Première Nation deTsleil-Waututh

Il assure que la communauté aurait pu négocier une entente d’avantages réciproques avec Kinder Morgan d’une valeur de plusieurs millions de dollars, mais qu’elle a plutôt choisi de protéger son territoire et l’eau.

Rueben George ajoute cependant qu'il comprend pourquoi des dizaines de communautés autochtones ont signé ces ententes ou veulent investir dans le projet.

« Dans certaines communautés au pays, il y a [jusqu’à] 95 % de chômage, dit-il. Je comprends que [les conseils de bande] doivent aller de l’avant et protéger leurs membres. »

Avec les informations de Canadian Press

Autochtones

Économie