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Guerre ouverte sur la question des cadres financiers

François Legault est en point de presse entouré de deux candidats.

François Legault a pris à la légère les critiques de Philippe Couillard au sujet de son cadre financier.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Radio-Canada

Le chef du parti libéral du Québec, Philippe Couillard, déposera son cadre financier mercredi, avant le grand débat des chefs prévu jeudi. Il a continué d'attaquer le document financier de la Coalition avenir Québec (CAQ), déposé samedi, qu'il juge « un peu brouillon ». La CAQ a riposté en accordant peu d'importance aux critiques d'un « parti qui ressemble à Québec solidaire ».

Un texte de Romain Schué (Nouvelle fenêtre) et Yannick Donahue

Philippe Couillard a cependant précisé que « la qualité [de son propre cadre financier] et son niveau de détails seront très élevés ».

Présent à Trois-Rivières dans le cadre d’une annonce électorale visant les proches aidants, le chef libéral en a également profité pour dénoncer l’« exercice rapide » réalisé la veille par la CAQ.

Ce cadre financier de la CAQ, qui doit être revu selon Philippe Couillard, « repose entièrement sur des hypothèses », a-t-il jugé, en dénonçant l’absence de plusieurs mesures évoquées par François Legault ces derniers mois.

L’investissement de 400 millions pour déployer Internet haute vitesse « n’est pas là », tout comme « le soutien aux enseignants », « le financement compensatoire pour les stationnements des hôpitaux » et « la francisation des immigrants », a-t-il mentionné.

Le chef caquiste sous-évalue « du simple au double », la maternelle pour les enfants de 4 ans, estimée à près de 250 millions par la CAQ, a aussi fait savoir le chef libéral.

« Quand il y a des engagements qui disparaissent ou qui sont sous-estimés massivement, on est dans l’erreur », a-t-il spécifié.

Philippe Couillard reproche également à François Legault de ne pas avoir détaillé les 4 milliards d’économies prévues dans les dépenses de l’État. « Quels services seront coupés? Combien de personnes seront mises à pied? », a-t-il questionné.

Philippe Couillard parle en point de presse devant une résidence de personnes âgées.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Philippe Couillard a annoncé qu'il déposerait son cadre financier avant le débat des chefs jeudi.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Deschênes

Lorsqu’on base un cadre financier sur la relance économique, alors qu’elle est déjà bonne, et qu’en même temps on présente la mesure la plus antiéconomique qu’un parti ait présentée ces dernières années, soit une diminution de l’accueil des nouveaux travailleurs, ce n’est pas très crédible.

Philippe Couillard, chef du PLQ

Vouloir diminuer les seuils d’immigration, comme le souhaite la CAQ, « ça ne tient pas debout », a rajouté le chef libéral.

Philippe Couillard s'attaque aussi à ce qu'il qualifie de « recul majeur » de François Legault, soit l'absence de mention de la renégociation de l’entente avec les médecins spécialistes, signée par le ministre Gaétan Barrette.

« C’est classique. La CAQ brandit des choses intéressantes pour certains, pour les attirer, et dès que l’élection arrive, on abandonne ces choses-là maintenant que les gens sont venus », a-t-il affirmé.

La veille, François Legault, qui souhaitait initialement récupérer 1 milliard en déchirant cet accord, avait indiqué vouloir adopter la prudence, avant de s’« attaquer au dossier ».

« Bonne chance!, a clamé Philippe Couillard. C’est la chicane avec les médecins garantie. Ça va complètement arrêter l’élan de collaboration qu’on a avec les médecins spécialistes actuellement. »

Le père Noël Couillard, dit Legault

François Legault a rejeté les critiques de M. Couillard en y accordant peu de crédibilité. Il considère que le PLQ « n’est plus le parti de l’économie ».

Le Parti libéral a choisi de se rapprocher de Québec solidaire. De faire beaucoup de dépenses. Je ne pense pas que c’est cela que les Québécois veulent. Ils veulent un équilibre entre les dépenses – éducation, culture, santé –, mais aussi qu’il y ait une bonne partie qui soit remise dans le portefeuille des familles.

François Legault, chef de la CAQ

Le leader de la CAQ a rappelé aux citoyens d’où proviennent les nombreuses annonces du PLQ. « En début de mandat, les libéraux ont coupé, même dans l’aide aux enfants qui ont des difficultés d’apprentissage. Ils se sont bâti une caisse électorale pour l’année électorale. Là, c’est l’orgie de dépenses depuis des mois. »

François Legault accuse même Philippe Couillard de se comporter en père Noël.

« Je n’en reviens pas de toutes les dépenses qui ont été annoncées par Philippe Couillard au cours des derniers mois. Il y a des journées, je pense qu’il y avait plus d’annonces que de ministres. C’est ridicule, surtout avec ce qu’il a fait dans les deux premières années. »

C’est rendu la pluie. C’est rendu le père Noël Couillard pour des dépenses.

François Legault, chef de la CAQ

M. Legault prévient les électeurs du danger de se faire acheter par les promesses libérales. « Les Québécois sont tannés de cette façon de faire. Je pense qu’ils sont assez intelligents pour comprendre qu’ils sont en train de vouloir être achetés par l’argent qu’ils ont retiré du système dans les deux premières années du mandat », a-t-il déclaré.

Retour à l'austérité, prédit Lisée

De son côté, Jean-François Lisée croit que le cadre financier de François Legault laisse entrevoir un retour à l’ère libérale.

Le cadre financier de la CAQ ,c’est un billet aller simple pour l'austérité, tout simplement, pour de nouvelles coupures en éducation, en santé, pour les aînés. Croire cela, c’est croire au père Noël. Ce n’est pas sérieux. Ce n’est pas crédible.

Jean-François Lisée, chef du PQ

Selon lui, la pire chose à faire pour la fonction publique est de ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux, précisant que cela affectera inévitablement les services.

« Un État au gym, ça ne va pas être un État plus petit. Ça va être un État qui va utiliser ses ressources de façon beaucoup plus efficace », opine-t-il.

Le chef péquiste s’engage à ne pas toucher aux effectifs de l’État.

« Avec la CAQ, on va avoir un État moins efficace. C’est clair. Nous, on veut un État plus efficace, qui fait en sorte que les projets se réalisent plus rapidement. On ne coupera pas. On va transformer. On va mieux utiliser », a-t-il promis.

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