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Industrie forestière : manque d'argent et de relève, plaident les producteurs

Un producteur forestier en forêt
Le Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent a organisé samedi une Journée forestière à Saint-Marcellin Photo: Radio-Canada / Ariane Perron-Langlois
Radio-Canada

L'industrie forestière traverse une période déterminante, avec les droits compensateurs imposés par les États-Unis et l'infestation de la tordeuse des bourgeons de l'épinette. Pourtant, les défis des producteurs forestiers sont parmi les enjeux qui sont, jusqu'à présent, oubliés par la campagne électorale provinciale, même si le secteur représente 60 000 emplois au Québec.

Certains propriétaires de forêt privée se sentent un peu négligés par la campagne électorale : on a très peu entendu les chefs des quatre grands partis parler de mesures pour aider l'industrie forestière, jusqu'ici.

La forêt, on n’en parle pas beaucoup!

Vincent Lambert, producteur forestier

Pourtant, les producteurs forestiers privés ont des revendications : d'abord, ils demandent plus d'argent pour réaliser des travaux d'aménagement en forêt.

Au Bas-Saint-Laurent seulement, ils estiment à 2 millions de dollars par année l’aide financière supplémentaire dont ils auraient besoin.

Les producteurs affirment que cette aide serait particulièrement importante maintenant, à cause des dégâts causés par la tordeuse des bourgeons de l'épinette.

Valentin Deslauriers, président du Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent Valentin Deslauriers, président du Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent Photo : Radio-Canada

Quelque chose qui touche depuis toujours les producteurs de forêt privée, c'est les budgets d'aménagement qui sont toujours un peu insatisfaisants pour bien aménager la forêt du Bas-Saint-Laurent. D'autant plus qu'avec les dégâts laissés par la tordeuse des bourgeons de l'épinette et la récolte qu'on doit faire pour sauver ce bois-là, les budgets pour se remettre en production sont toujours inadéquats, il en manque toujours un peu, soutient Valentin Deslauriers, président du Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent.

Peu de jeunes volontaires

L'enjeu de la relève est aussi un défi de taille : il est difficile pour les jeunes de se lancer dans le domaine.

Comment les jeunes peuvent être encouragés à venir en forêt? Le défi est trop grand.

Vincent Lambert, producteur forestier
Vincent Lambert, producteur forestierVincent Lambert, producteur forestier Photo : Radio-Canada

Pour être propriétaire, le prix des terres à bois est tellement élevé que la plupart se butent après avoir acheté une partie de lot. Juste faire les paiements du premier lot à bois, c'est pas assez pour en vivre, explique Vincent Lambert.

Les négociations qui se tiennent en ce moment entre le Canada et son voisin du sud ne semblent pas inquiéter outre mesure les producteurs, pour l'instant. Selon eux, les prix sont bons et la demande est forte aux États-Unis, ce qui fait que les entreprises parviennent à vendre leurs produits aux États-Unis.

Par contre, l'administration de Donald Trump a imposé, ces derniers mois, des droits compensateurs sur le bois d'œuvre et le papier canadien, entre autres. Ces mesures créent de l'incertitude et amènent les producteurs de la région à se tourner vers d'autres marchés.

Un producteur forestier en action à Saint-Marcellin.Un producteur forestier en action à Saint-Marcellin. Photo : Radio-Canada / Ariane Perron-Langlois

Le directeur du Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent, Charles-Edmond Landry, entrevoit la possibilité de développer des liens avec l’Asie et l’Europe :

On vient de signer des ententes avec des partenaires régionaux pour envoyer des sous-produits en Europe. On trouve notre compte à ce niveau-là, indique M. Landry.

Je pense qu'il ne faut pas baisser les bras et baisser les genoux devant l'attitude de M. Trump.

Charles-Edmond Landry, directeur du Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent
Le directeur du Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent, Charles-Edmond Landry.Le directeur du Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent, Charles-Edmond Landry. Photo : Radio-Canada

Par exemple, un contrat vient d'être signé entre le Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent et une entreprise européenne pour la récupération de sous-produits : un contrat d'environ 1,9 million de dollars.

Des pourparlers se tiennent également avec un potentiel acheteur au Royaume-Uni.

Il reste qu’une proportion importante de la production est destinée aux États-Unis : environ 45 % du bois de sciage québécois y est exporté.

D’après les informations d’Ariane Perron-Langlois.

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