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Quand Couillard voulait éloigner le système de santé de la « politique partisane »

Philippe Couillard
En 2011, Philippe Couillard dénonçait les jeux politiques qui nuisaient, selon lui, au bon fonctionnement du système de santé. Photo: Radio-Canada / Frederic Deschenes
Radio-Canada

Et si le système de santé était géré loin de la politique partisane et de l'horizon électoral? Cette réflexion provient de Philippe Couillard. Il y a quelques années, le chef libéral, qui travaillait alors dans le privé, militait pour confier la gestion du réseau à un organisme indépendant. Questionné sur ce sujet, M. Couillard maintient cette position.

Un texte de Romain Schué

« Je ne suis pas sûr qu’il est très bon que la politique partisane, le jeu des partis politiques, soit directement impliquée dans la gestion quasi quotidienne du système de santé. »

Cette phrase a été prononcée par Philippe Couillard en février 2011. Conseiller pour la firme Secor, l’ancien ministre de la Santé (2003 à 2008) confiait à la chaîne V ses impressions sur son passage dans le gouvernement Charest.

« Avec le recul », expliquait-il dans une entrevue qu’a pu consulter Radio-Canada, Philippe Couillard se disait en faveur d’une gestion du réseau par un organisme indépendant, afin d’aller « au-delà de l’horizon électoral ».

« Peut-être que de gérer [le réseau de la santé] de façon publique et non lucrative, de façon distante du jeu politique quotidien, d'après moi, ce serait un progrès », révélait-il, en décriant « un aspect de mesquinerie dans les débats partisans qui est un peu désagréable ».

« Non pas que les décisions prises sont nécessairement mauvaises, quels que soient les gouvernements qui sont là, mais elles sont toujours teintées, malheureusement, de l’horizon politique qui est beaucoup plus court que l’horizon que l’on doit avoir lorsqu’on gère un système de santé », détaillait-il, en affirmant avoir tiré une croix sur sa carrière politique.

Deux ans plus tard, il a cependant pris la succession de Jean Charest au Parti libéral du Québec (PLQ), avant de devenir premier ministre l'année suivante.

Une réflexion toujours d’actualité

Le Philippe Couillard de 2018 soutient-il la position du Philippe Couillard de 2011? « Je maintiens cet objectif », a-t-il déclaré samedi, en assurant que « dans l’administration quotidienne du système de santé, il faut prendre le plus de distance possible ».

« C’est un objectif pour le réseau de santé. Un jour, je crois qu’on pourrait le confier à une organisation, comme celle qui a été évoquée », a-t-il ajouté avant, cependant, de nuancer ses propos tenus quelques années plus tôt.

« Mais ce n’est pas une baguette magique, ce n’est pas une panacée. Ce n’est pas pour cette raison que ça va dépolitiser l’ambiance autour du système de santé, a repris le chef libéral. Dans tous les systèmes de santé du monde, quel que soit l’existence ou non de ce genre de structure, les personnes qui sont questionnées autour du système de santé demeurent les élus. Partout et toujours. Ce sera toujours le cas. »

À quel moment compte-t-il mettre en place une telle mesure, en cas de réélection? « Un jour », a-t-il sobrement répondu, tout en mettant de l’avant les avancées réalisées par son gouvernement.

Le temps d’attente sur civière, a-t-il rappelé, a diminué ces dernières années, passant de 15,6 heures en 2015-2016 à 13,7 heures en 2017-2018. Cependant, le temps d’attente sur chaise stagne. Il demeure, en 2018, à 4,2 heures, contre 4,1 heures trois ans plus tôt.

Cependant, a mentionné Philippe Couillard, la mise en place de 49 super-cliniques et la promesse d’en créer 25 autres dans un second mandat, permettraient de réduire « normalement » cette attente sous la barre des 4 heures.

Avec la collaboration de Julien McEvoy et de Gabrielle Proulx

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