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Nouvelle vague de raids aériens russes et syriens contre Idlib

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Le village d'Al-Sahan, dans le nord de la province d'Idlib, a été bombardé le 4 septembre dernier.

Photo : The Associated Press / Ibaa News

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les forces aériennes russes et syriennes ont repris samedi leurs bombardements sur la province syrienne d'Idlib en prévision d'un assaut terrestre contre cette région considérée comme le dernier bastion des rebelles en Syrie.

Ces bombardements, qui visaient officiellement des villes et villages toujours contrôlés par les insurgés, surviennent au lendemain du sommet de Téhéran où la Turquie, la Russie et l’Iran n’ont pas réussi à s’entendre sur les modalités d’une trêve qui permettrait aux centaines de milliers d’habitants de la région de fuir la zone des combats.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), un organisme basé à Londres, une soixantaine de raids aériens ont été menés samedi sur la province d’Idlib ainsi que dans le sud-ouest de la province voisine de Hama.

Plusieurs zones civiles auraient été la cible des bombes russes et syriennes, selon l’OSDH.

Des membres de la défense civile syrienne, aussi appelée les casques blancs, ont indiqué à Reuters avoir retiré les corps d'au moins quatre personnes, dont un enfant, des décombres d'un bâtiment bombardé par un avion russe dans le village d'Abdine.

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Un chasseur-bombardier SU-24M de l'aviation russe décolle de la base aérienne de Hmeimim, en Syrie.

Photo : The Associated Press / Alexander Kots

Des témoins ont notamment rapporté que des hélicoptères de l’aviation gouvernementale syrienne ont largué des barils d’explosifs sur des immeubles à logements qui abritaient des civils dans les faubourgs de la ville de Khan Sheikhoun.

Le directeur de l'ONG, Rami Abdel Rahmane, a déclaré à l'AFP que l'armée syrienne a poursuivi les bombardements avec de l'artillerie lourde à la suite des raids aériens.

Selon la télévision publique Al-Ikhbariya TV, ces raids aériens se voulaient une riposte du gouvernement syrien à des tirs d’artillerie rebelles survenus vendredi contre des positions gouvernementales dans la province de Hama. Au moins neuf personnes auraient péri lors de cette attaque, selon les autorités de l’État de Mhradah.

Damas prépare l'assaut final

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Des blindés des forces gouvernementales syriennes circulent à Chifouniyeh.

Photo : AFP/Getty Images / STRINGER

Cette recrudescence des combats dans le nord-ouest de la Syrie survient alors que les forces gouvernementales syriennes et russes s’apprêtent à lancer un assaut terrestre d’envergure contre Idlib, le dernier bastion des forces rebelles en Syrie.

La région, qui jouxte la frontière turque, est contrôlée par divers groupes d’insurgés, dont Hayat Tahrir al-Cham. Ce dernier, créé par l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda, contrôle 60 % d'Idlib. Ahrar al-Cham, un puissant groupe djihadiste, ainsi que des éléments du groupe armé État islamique se partagent notamment le reste du territoire, toujours tenu par les rebelles.

Selon l'ONU, environ 10 000 djihadistes sont toujours retranchés dans le fief d'Idlib. L'état-major américain estime pour sa part entre 20 000 et 30 000 le nombre de combattants présents dans la zone.

Le problème est que la région d’Idlib abrite également une population de plus de trois millions de personnes prise en étau depuis des mois entre les forces rebelles et les bombes de Damas et de l’aviation russe.

Crise humanitaire

Selon l’ONU, une offensive d’envergure contre Idlib pourrait entraîner le déplacement de près de 800 000 personnes et provoquer « une catastrophe humanitaire », ce que redoute la Turquie, dont les frontières débordent déjà de réfugiés syriens qui fuient l’avancée des combats.

Vendredi, le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui rencontrait son homologue russe Vladimir Poutine à Téhéran, a d’ailleurs plaidé en faveur de la conclusion d’un cessez-le-feu et de la création de zones tampons, par lesquelles les civils qui ne participent pas au combat pourraient quitter en toute sécurité la province d’Idlib plutôt que d’être refoulés vers la frontière turque.

Syrie : l'engrenage de la guerre

La Turquie, qui a déjà accueilli des dizaines de milliers de réfugiés syriens sur son territoire, craint en effet qu’une offensive de masse contre Idlib ne pousse des centaines de milliers de personnes à sa frontière, laissant craindre une grave crise humanitaire dans la région.

Le président Vladimir Poutine, qui a opposé une fin de non-recevoir à cette requête, a estimé qu’il est impossible de négocier avec les « groupes terroristes » qui occupent Idlib et que « le gouvernement syrien a le droit de prendre sous son contrôle la totalité de son territoire national, et doit le faire ».

Un point de vue que partage le président iranien Hassan Rohani, qui a souligné la nécessité pour le président syrien Bachar Al-Assad de reprendre le contrôle d’Idlib et de « liquider ce nid de terroristes ».

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Associated Press

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