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Au revoir Jacques Amyot, source d'inspiration

Jacques Amyot s'essuie avec une serviette après avoir sauté à l'eau
Le nageur Jacques Amyot Photo: Radio-Canada / Vicky Boutin
Radio-Canada

C'est une véritable légende de la nage longue distance qui disparaît. Jacques Amyot, un athlète de Québec, était devenu un Robervalois de coeur.


UN TEXTE DE VICKY BOUTIN


Roberval l'a rapidement accueilli comme l'un des siens et le recevait chaque année comme un enfant de retour au bercail.

Une inspiration pour la relève

Le nombre de nageurs qu'il a inspirés est incalculable. Ses exploits ont façonné l'imaginaire. Premier nageur à réussir la traversée du lac Saint-Jean en 1955. Premier Québécois à effectuer la traversée de la Manche entre la France et l'Angleterre en 1956. 47 records provinciaux. 16 records canadiens. Honoré par le Temple de la renommée des marathons internationaux de natation. Et j'en passe.

Jacques Amyot dans la rade avec Robert Lachance.En 2012, Jacques Amyot et son ami Robert Lachance ont nagé quelques mètres dans la rade pour souligner le 30e anniversaire de la victoire de ce dernier. Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Je l'ai côtoyé à quelques reprises au cours des dernières années en tant que photographe pour l'organisation de la Traversée. Je l'ai souvent observé à la dérobée, me demandant comment il faisait pour rester aussi longtemps sous un soleil de plomb, à son âge, assis sur une chaise en plastique en attendant les nageurs.

J'ai compris un peu plus tard : tout était une question de fierté.

Un oiseau s'est posé sur le bras d'un homme à l'arrivée de la traversée en 2016.Jacques Amyot s'amuse en attendant l'arrivée des derniers nageurs en 2016. Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Réaliser l'impensable

Au fil des ans, il avait habitué les Robervalois à sa présence à quelques mètres de la plaque d'arrivée à chaque finale de la grande traversée. Il se faisait un honneur d'applaudir et de féliciter le gagnant.

Deux hommes se serrent la main chaleureusement. Jacques Amyot félicite le Québécois Xavier Desharnais sur le podium après sa victoire en 2015 Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Le plus marquant, c'est que la plupart du temps il se faisait aussi un devoir de rester jusqu'à l'arrivée du tout dernier nageur parce qu'il comprenait l'ampleur du défi et l'effort colossal. Par-dessus tout, il partageait la fierté de ces nageurs après avoir réalisé l'impensable.

L'impensable, qu'il avait lui-même vaincu à une autre époque, bien avant l'existence des fameuses combinaisons thermiques.

Jacques Amyot discute avec un jeune nageur sur le bord de l'eau.Jacques Amyot discute avec le nageur Philippe Guertin. Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Heureusement, sa passion pour la natation continuera de faire des petits. Son exploit de 1955 sera répété par d'autres disciples de l'eau libre pour une 65e fois l'an prochain.

Quant à moi, je n'ai qu'un seul regret : celui de ne pas l'avoir connu plus tôt.

Vicky Boutin est journaliste à Radio-Canada. Elle fait partie de l'équipe de photographes de la Traversée depuis plusieurs années. Elle est elle-même nageuse et originaire de Roberval.

Saguenay–Lac-St-Jean

Nage en eaux libres