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Le PQ imposerait aux cégépiens anglophones une session d'immersion en français

Le PQ a rappelé ses positions quant à la protection de la langue française samedi matin.

Photo : Radio-Canada / Bruno Giguère

Radio-Canada

Le Parti québécois souhaite imposer une session obligatoire en français aux étudiants des cégeps anglophones. En cas de victoire aux élections du 1er octobre, il les obligerait à fréquenter un cégep francophone pendant au moins quatre mois, « de préférence en région » – une mesure qu'il entend implanter progressivement.

Un texte de Jérôme Labbé (Nouvelle fenêtre) et Yannick Donahue

Cette proposition fait partie du plan du PQ dévoilé samedi matin en matière de protection de la langue française et d'intégration des immigrants, deux sujets qu'il juge directement reliés.

L'obligation de passer au moins une session dans un cégep francophone commencerait par l'implantation de « projets pilotes » et par « des mesures d'attractivité », a expliqué le chef péquiste Jean-François Lisée en point de presse. Mais « à terme », cette session deviendrait effectivement un passage obligé pour tous les cégépiens anglophones du Québec, a-t-il confirmé.

Ainsi, ceux qui refuseraient d'obtempérer n'obtiendraient pas leur diplôme d'études collégiales (DEC).

« On veut que ça fasse partie du cursus », a précisé M. Lisée. « Alors oui, si tu vas dans un cégep anglophone, tu sais en t'inscrivant que tu vas avoir une session dans un cégep francophone. Ça fait partie du cursus. Alors soit tu veux le faire, soit tu ne veux pas le faire. »

Ça fait partie de l'expérience québécoise, et je pense que c'est un enrichissement.

Jean-François Lisée, chef du Parti québécois

L'inverse serait néanmoins facilité, a-t-il ajouté : les étudiants inscrits aux cours d'« anglais enrichi » pourraient aussi passer une session entière dans un cégep anglophone, sans que celle-ci devienne obligatoire, toutefois.

Le PQ souhaiterait aussi doubler le nombre de cours de français obligatoires dans les cégeps anglophones, qui passerait de deux à quatre, comme dans les cégeps francophones.

À l'université, la maîtrise du français serait aussi évaluée pour tous les étudiants québécois souhaitant obtenir un diplôme de McGill, Concordia et Bishop, mais M. Lisée n'a pas souhaité s'engager sur les formalités de cet engagement, se contentant de dire qu'il souhaitait « entamer un dialogue ».

Les étudiants universitaires étrangers ne seraient pas soumis à cette évaluation, a-t-il précisé, mais un cours d'initiation au français serait « intégré » à leur cursus. Offert ou imposé? Encore une fois, la plateforme linguistique du PQ ne fournit aucun détail sur le sujet.

Une « loi 202 » dans « les 101 premiers jours »

Le PQ a regroupé tous ses engagements en matière de langue et d'immigration dans ce qu'il appelle sa « loi 202 », qui évoque la fameuse « loi 101 » adoptée par le gouvernement de René Lévesque peu de temps après son élection, en 1976.

Cette « loi 202 », qui serait appliquée dans « les 101 premiers jours » d'un éventuel gouvernement péquiste, avait déjà été présentée dans son intégralité en août 2017.

Mais au Parti québécois, « on ne pouvait pas faire une campagne sans consacrer au moins une journée à réaffirmer ce qu'on propose de faire pour la langue française », a expliqué M. Lisée.

Un gouvernement du Parti québécois exigerait par exemple que 100 % des futurs immigrants ne soient admis sur le territoire que s'ils démontrent une connaissance suffisante du français – une position ferme et maintes fois répétée depuis le début de la campagne, qui s'appliquerait aussi au conjoint ou à la conjointe de tout nouvel arrivant.

Parmi les autres mesures proposées, le parti souhaite entre autres :

  • « Rétablir le droit de travailler en français, mis à mal récemment par les tribunaux canadiens »;
  • « Étendre la loi 101 aux entreprises de 25 à 50 employés – ce à quoi se refusent toujours le PLQ et la CAQ »;
  • « Mettre en œuvre l’article 1 de la loi 104 de 2002 faisant du français la langue unique de l’administration publique dans ses communications avec les entreprises établies au Québec  »;
  • « Mettre un cran d’arrêt à la pratique de nombreux employeurs réclamant la connaissance de l’anglais pour des tâches où cela n’est pas indiqué ».

Le PQ a toutefois mis de côté son engagement d'étendre la loi 101 au cégep lors de son 17e congrès national, en septembre 2017.

Des caméramans filment le point de presse au coin de McGill College et Sherbrooke Ouest.

Pour son point de presse, le PQ avait convié les médias devant l'entrée principale de l'Université McGill, au centre-ville de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Bruno Giguère

Pour cette annonce, la presse avait été conviée devant l'Université McGill, un symbole soigneusement choisi, l'établissement d'enseignement se trouvant aux confins de la majorité francophone et de la communauté anglo-montréalaise, a expliqué Jean-François Lisée, qui était pour l'occasion accompagné de la vice-chef du parti, Véronique Hivon, et de plusieurs autres candidats du Grand Montréal.

« En ce lieu où nous avons tellement débattu sur le français et sur l'anglais, nous voulons promettre à tous les étudiants québécois qui fréquentent McGill de leur donner les outils pour réussir au Québec », a exposé le chef péquiste, en anglais.

« Nous avons des études qui montrent que les étudiants anglophones qui obtiennent leur diplôme échouent à intégrer le marché de l'emploi au Québec », a-t-il poursuivi. « Nous ne voulons pas qu'ils échouent. Nous ne voulons pas qu'ils quittent [la province]; nous voulons qu'ils restent. »

M. Lisée devant consacrer le reste de sa journée au tournage de capsules publicitaires, aucune autre apparition publique du chef péquiste n'était prévue samedi.

Ne pas exclure l'immigration, dit QS

Le co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois, estime que le Québec se doit d’ouvrir les bras à l’immigration.

On n’a pas besoin d’exclure de l’immigration les gens qui ne parlent pas français. On peut en accueillir certains, tant et aussi longtemps qu’on met les ressources en francisation.

Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de QS

« Nous, on pense que la solution, c’est une meilleure francisation au Québec, a-t-il dit. C’est plus d’investissement en francisation. »

Gabriel Nadeau-Dubois a dénoncé le bilan du PLQ au chapitre de la francisation des immigrants, car les ressources disponibles étaient insuffisantes.

« C’est ce qui a manqué dans les dernières années libérales, où on a accueilli des gens, mais où on a abandonné les immigrants. Le français, on est capable de le transmettre, si on met les fonds nécessaires à la francisation », a-t-il assuré.

Le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois soutient que le Québec a besoin de plus d’investissement en francisation.

Le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois soutient que le Québec a besoin de plus d’investissement en francisation.

Photo : Radio-Canada

M. Nadeau-Dubois balaie du revers de la main la proposition du PQ d’obliger les étudiants fréquentant un cégep anglophone d’aller étudier pendant une session dans un cégep francophone.

« Encore une fois, ce n’est pas nécessaire. Si on fait bien respecter la loi 101 au primaire et au secondaire, on ne devrait pas avoir besoin de l’appliquer en tout ou en partie au cégep », a-t-il fait valoir.

Selon lui, ce sont des adultes qui fréquentent les cégeps et les universités. « Ces gens devraient avoir le choix de leur établissement », a-t-il dit.

De plus, il est d’avis que le gouvernement doit veiller à ce que les entreprises privées offrent davantage de francisation.

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