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Internement des Japonais: devoir de mémoire à Chatham-Kent

Des cerisiers ont été plantés lors de la cérémonie.

Des cerisiers ont été plantés lors de la cérémonie.

Photo : Radio-Canada / Rose St-Pierre

Radio-Canada

La Ville de Chatham-Kent, dans le sud-ouest de l'Ontario, commémorait vendredi un épisode peu connu de l'histoire canadienne. Au courant de la Deuxième Guerre mondiale, 22 000 Japonais qui vivaient au Canada ont été envoyés dans des camps d'internement à travers le pays à la suite de l'attaque de Pearl Harbor.

Un texte de Rose St-Pierre

En mai 1942, 154 d'entre eux ont été envoyés dans le sud-ouest de l'Ontario pour travailler pour les fermiers de la région.

C'est en présence de plusieurs survivants des camps d'internement qu'a eu lieu une cérémonie au cours de laquelle des cerisiers ont été plantés et des panneaux commémoratifs, dévoilés.

Les panneaux racontent l'arrivée des Canadiens d'origine japonaise à Chatham-Kent.

Les panneaux racontent l'arrivée des Canadiens d'origine japonaise à Chatham-Kent.

Photo : Radio-Canada / Rose St-Pierre

L'historien Kenichiro Noma, coprésident du projet Repère patrimonial japonais-canadien, rappelait à l'assemblée que des situations semblables à celle que les Japonais du Canada ont vécues se produisent ailleurs dans le monde. L'histoire se répète tristement, dit-il. Certains jeunes enfants revivent cet exil aux États-Unis, notamment, en ce moment.

Mathuya Yao, qui a été déplacée d'un camp à l'autre au Canada pour finalement travailler dans un hôpital à Chatham-Kent, était présente à la cérémonie. Mon mari est même sur les photos des plaques commémoratives!, s'exclame-t-elle.

Mathuya Yako montre la photo de son mari sur le panneau commémoratif.

Mathuya Yako montre la photo de son mari sur le panneau commémoratif.

Photo : Radio-Canada / Rose St-Pierre

Nous avons failli quitter le Canada pour le Japon après la guerre, mais juste avant de prendre le bateau, nous avons décidé d'aller vers l'est du Canada. Nous avions deux choix. Et nous avons choisi l'Est parce qu'on craignait de trouver un pays en ruines en retournant au Japon.

Une citation de Mathuya Yao

Mathuya Yao se considère aujourd'hui comme Ontarienne: Je suis d'ici, dit-elle. Chatham est ma maison.

Takako Ito, consule générale du Japon à Toronto, rappelle que l'incarcération puis le déplacement sont associés à des souvenirs doux-amers.

Certains ont été accueillis froidement dans leur nouvelle communauté. On leur aurait même lancé des roches. Pour d'autres cependant, c'était un nouveau départ. Des écoles ou certains fermiers les ont reçus généreusement.

Une citation de Takako Ito, consule générale du Japon à Toronto

Une triste page d'histoire

Le 26 février 1942, le ministre de la Défense nationale du Canada déclarait tous les Japonais ennemis étrangers sous pression du gouvernement britanno-colombien de l'époque et exigeait leur évacuation à la suite de l'attaque des Japonais contre la base américaine de Pearl Harbor.

La Loi sur les mesures de guerre a ensuite été proclamée. Elle a suspendu les droits des Japonais et des Canadiens d'origine japonaise et les a forcés à quitter leur maison pour les camps d'internement. Tous leurs biens ont été confisqués et ensuite vendus pour financer ces mêmes camps.

Après la guerre, le gouvernement a obligé les Canadiens d'origine japonaise à déménager à l'est de la Colombie-Britannique ou à retourner au Japon.

On manquait à l'époque de main-d'oeuvre agricole dans le sud-ouest de l'Ontario. Le gouvernement provincial a alors mis en oeuvre un plan pour accueillir ces survivants des camps au sein des communautés et leur offrir un revenu en échange de leur aide dans les champs de tabac et de betteraves.

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