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Les cas de leurre d'enfants ont bondi à Québec

Un homme pose ses mains sur le clavier d'un ordinateur portable dans l'obscurité

Le harcèlement par les réseaux sociaux touche également les journalistes.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

En 5 ans, les arrestations liées au leurre d'enfants par ordinateur se sont multipliées par 17 sur le territoire du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). Une hausse expliquée par l'omniprésence d'Internet et des dénonciations plus nombreuses.

Un texte de Fanny Samson

Des données obtenues par Radio-Canada en vertu de la Loi sur l’accès à l’information révèlent que le nombre d’infractions liées au leurre d’enfants par ordinateur est passé de 8 en 2012 à 125 en 2017 à Québec.

Mario Vézina, inspecteur à la section des enquêtes criminelles au SPVQ, souligne que le nombre de cas a bondi en 2014, passant de 15 à 59.

« Les gens dénoncent davantage les cas de leurre, donc c’est une infraction, un crime qui ne passe pas, qui n’est pas accepté par l’ensemble de la population, c’est très dénoncé », explique-t-il.

Cette hausse a mené le SPVQ à créer l’Unité d’exploitation sexuelle des mineurs, en septembre 2015. Les différentes unités du service de police, y compris les patrouilleurs et les enquêteurs jeunesse, y apportent aussi leur collaboration.

La Sûreté du Québec a également mis sur pied une équipe spécialisée en exploitation sexuelle des enfants sur Internet, en 2012.

Sur le territoire de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches, le nombre de cas est passé de 7 en 2012 à 27 en 2017.

Qu’est-ce qu’un leurre?

« C’est le fait d’utiliser une plateforme dans le but d’amener une personne à se compromettre, ça peut être par rapport à des gestes d’incitation à caractère sexuel, à transférer des photos intimes d’elle. C’est le fait d’utiliser un moyen de communication pour commettre un crime », résume Mario Vézina, inspecteur à la section des enquêtes criminelles au SPVQ.

L’accessibilité à Internet

La sexologue clinicienne Sophie Bernard traite des délinquants à la Clinique des troubles sexuels de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec.

« Ça va avec l’accessibilité de plus en plus facile à l’Internet », dit-elle, en précisant qu’elle constate aussi que les adeptes de leurre ou de pornographie juvénile sont de plus en plus nombreux.

Toutefois, la sexologue affirme que ces chiffres ne signifient pas que ce type de comportement est nécessairement en progression, mais plutôt qu’il change de forme.

« Avant ça, il y avait des individus qui entraient en relation avec des adolescents directement, mais là, c’est de plus en plus difficile parce que les jeunes sont méfiants avec tous les messages de ne pas parler à des étrangers », explique Mme Bernard.

27 ans

L’âge moyen des délinquants sexuels qui commettent un leurre d’enfant est 27  ans. Dans 88 % des cas, ce sont des hommes.

Ce type de crime est surveillé de près par le SPVQ. « Il y a quelques années, les suspects, les contrevenants, étaient plus âgés, on parle de la quarantaine avancée, mais maintenant, le profil que l’on voit, de la personne associée à cette criminalité-là, est de plus en plus jeune », soutient l’inspecteur Mario Vézina.

Ces délinquants sexuels sont très habiles et rusés, prévient-il. Ils tentent de gagner la confiance des jeunes pendant une certaine période.

« On dit qu’un crime survient quand il y a trois éléments qui sont présents : des délinquants motivés à passer à l’acte, ça prend des cibles intéressantes, et ça prend une absence de gardien efficace. »

— Une citation de  Sophie Bernard, sexologue clinicienne à la Clinique des troubles sexuels de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec

La sexologue clinicienne Sophie Bernard suggère aux parents de surveiller l’ordinateur ou le téléphone de leurs enfants, mais surtout d’établir un lien de confiance avec ceux-ci en leur expliquant pourquoi il leur est nécessaire d'agir ainsi. « Je pense que ça vaut mieux que n’importe quel mot de passe », dit-elle.

Avec les informations de Pascale Lacombe

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