•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Critiqué par des Premières Nations, un cadre d’Hydro Manitoba démissionne

Deux femmes et un homme assis à une table avec des micros sur une couverture avec un motif d'étoile.

La chef de la Première Nation de War Lake, Betsy Kennedy, le chef de celle de York Factory, Leroy Constant, et la conseillère de York Factory Evelyn Beardy lors d'une conférence de presse pour réclamer une enquête sur le comportement de travailleurs d'Hydro Manitoba.

Photo : Radio-Canada / Warren Kay

Radio-Canada

Le président du Partenariat Keeyask Hydropower a démissionné jeudi soir, à la veille d'une conférence de presse d'une Première Nation du nord de la province pour réclamer sa démission et une enquête formelle.

Le conseil d’administration du Partenariat Keeyask Hydropower a annoncé la démission de son président, Lorne Midford, en après-midi le 7 septembre. M. Midford aurait démissionné la veille au soir.

Quelques instants avant cette annonce, la Première Nation de York Factory avait tenu une conférence de presse pour réclamer sa démission en raison de propos « dénigrants » qu’il aurait tenus à l’endroit d’une membre de la Nation de York Factory qui siégeait au conseil d’administration de Keeyask avec lui.

Un coup de fil

Louisa Constant, qui représente York Factory sur le conseil de Keeyask, allègue que M. Midford l'a appelée, furieux, où accusait la Première Nation d’agir de mauvaise foi.

Il s’agirait d’une réaction à des paroles de Louisa Constant publiées dans le Winnipeg Free Press le premier septembre où elle alléguait que des travailleurs du chantier de la centrale hydroélectrique Keeyask avaient agressé sexuellement des femmes, tenu des propos racistes, et amené de la cocaïne dans la communauté.

Le chef de York Factory, Leroy Constant, affirme que le coup de téléphone était aussi une attaque personnelle contre la représentante de sa Première Nation sur le conseil d'administration de Keeyask.

« Des comportements comme celui-ci ne peuvent pas être tolérés, surtout dans le contexte de l’histoire de la violence envers les femmes autochtones », a déclaré Leroy Constant.

Il indique qu’une plainte avait été déposée auprès d’Hydro jeudi, réclamant l’exclusion de M. Midford du conseil d’administration de Keeyask pour harcèlement et comportement inapproprié.

La Première Nation n’aurait pas été informée de la démission de M. Midford avant la conférence de presse. Malgré la perte de ses fonctions au sein du conseil de Keeyask, il reste un vice-président d’Hydro et retient la responsabilité de toutes les centrales hydroélectriques du Manitoba.

Demande d’une enquête

Ce nouveau chapitre survient à la suite de la publication d’un rapport de la Commission de protection de l'environnement (CEC) contenant des allégations d’inconduite sexuelle contre des travailleurs d’Hydro Manitoba. L’organisme provincial indépendant est chargé d'étudier les répercussions sociales et environnementales du développement hydroélectrique sur les communautés avoisinantes.

Le rapport contient des allégations selon lesquelles des travailleurs d'Hydro-Manitoba auraient agressé sexuellement des femmes autochtones du nord de la province lors de la construction d'un projet hydroélectrique dans la région, dans les années 1960.

Des témoins interrogés pour ce rapport font état de viols où ils ne pouvaient pas intervenir et la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) est blâmée pour ne pas avoir pris ces plaintes au sérieux.

Lors de la conférence de presse du 7 septembre, la Première Nation de York Factory située à 700 km au nord de Winnipeg a été la première à réclamer une enquête formelle de la province sur ces allégations. La chef de la Première Nation de War Lake était aussi présente pour appuyer cette revendication.

La province a indiqué que la ministre des Affaires autochtones et du Nord allait visiter les communautés qui portent ces allégations.

Avec des informations de Marianne Klowak et de Ian Froese

Manitoba

Autochtones