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Légalisation du cannabis : 11 000 policiers à former au Québec

Près de 100 personnes assises dans une salle de l'École nationale de police du Québec pour suivre une formation.
Des policiers en formation à l'École nationale de police du Québec, à Nicolet, en vue de la légalisation du cannabis. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

L'École nationale de police du Québec (ENPQ) s'active et doit former, au cours des prochaines semaines, 11 000 des 15 000 policiers québécois afin qu'ils soient prêts pour l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur le cannabis.

Un texte de Marie-Pier Bouchard

Quelque 80 personnes, représentant les 31 corps de police de la province, se sont rassemblées jeudi à l’ENPQ pour assister à la présentation du plan de déploiement de la formation des policiers.

Ces personnes auront la responsabilité d’assurer le suivi auprès de leurs collègues qui auront accès, au cours des prochaines semaines, à une première formation en ligne.

D’une durée de deux heures, cette formation s’intitule « Introduction au cannabis ».

Une formation qui va présenter c’est quoi la loi, les nouveautés. Il y aura des jeux-questionnaires.

Pierre St-Antoine, directeur des communications de l'École nationale de police du Québec
Pierre St-Antoine, directeur des communications de l'École nationale de police du QuébecPierre St-Antoine, directeur des communications de l'École nationale de police du Québec Photo : Radio-Canada

À la suite de cette première formation, d’autres étapes vont s’ajouter rapidement, indique M. St-Antoine.

Une centaine de moniteurs iront à la rencontre des policiers dans les différents postes du Québec pour présenter une formation plus complète, en personne, de deux demi-journées.

Les formations seront aussi offertes aux services de police autochtones.

Impact majeur

Pierre St-Antoine affirme qu’il n’a jamais vu, en 28 ans de service à l’ENPQ, un déploiement de formation aussi important.

Au cours des cinq prochaines années, le défi sera, selon lui, de mettre à jour l’ensemble des grandes formations de l’ENPQ.

Au-delà d’une vingtaine de formations vont être "impactées" par la légalisation du cannabis et devront être mises à jour. On devra requalifier les gens.

Pierre St-Antoine, directeur des communications de l'École nationale de police du Québec
Des policiers assis à une table, qui assistent à une formation.Des policiers en formation à l'École nationale de police du Québec, à Nicolet Photo : Radio-Canada

Il indique que pour l'élaboration de ce plan de formation, l’ENPQ a notamment travaillé, au cours de la dernière année, en collaboration avec la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Un travail plus complexe

Conduite avec facultés affaiblies, prises de sang, saisies, conservation du cannabis lors de saisies : la légalisation du cannabis va certainement complexifier le travail des policiers, admet Me Maxime Laroche, expert en conseil juridique à l'École nationale de police du Québec.

Mais c’est la possession de cannabis qui représentera le plus grand défi des policiers, selon M. Laroche.

Rappelons que, selon la nouvelle loi, une personne pourra avoir en sa possession 30 grammes de cannabis séché.

Qu’est-ce que le policier fait s’il constate sur le siège passager 12 muffins au pot? Est-ce qu’il va avoir une balance avec lui? Qu’est-ce qui se passe s’il dépasse la quantité de grammes permise?, demande M. Laroche.

Mais avant tout ça, le policier doit se demander : "Le cannabis qui est là, est-il légal?­"

Me Maxime Laroche, expert en conseil juridique à l'École nationale de police du Québec
Me Maxime Laroche, expert en conseil juridique à l'École nationale de police de Québec.Me Maxime Laroche, expert en conseil juridique à l'École nationale de police de Québec Photo : Radio-Canada

D’ailleurs, pour lutter contre le cannabis illégal, le Service de police de la Ville de Trois-Rivières a reçu une subvention du ministère de la Sécurité publique pour la création d’une escouade spéciale.

Dès le 1er octobre, deux enquêteurs se joindront ainsi à l’équipe d’enquête des stupéfiants déjà en place à la police de Trois-Rivières. L’objectif : lutter contre l’économie souterraine liée au cannabis illégal.

Avec la collaboration de Maude Montembeault

Drogues et stupéfiants

Société