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Début des vendanges : toujours pas d’appellation « Vin du Québec »

Une grappe de raisin dans un vignoble
Une grappe de raisin dans un vignoble Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Si l'été 2018 s'est révélé exceptionnel pour les vignerons québécois, l'automne s'annonce plus incertain. Le gouvernement provincial tarde à approuver l'indication géographique protégée (IGP) Vin du Québec, un projet pourtant susceptible de rehausser la notoriété des vins d'ici.

Un texte d’Alexandre Duval

« On est un peu nerveux, je vous dirais ». Le président du Conseil des vins d’appellation du Québec, Jean Joly, admet qu’il commence à trouver le temps long.

L’an dernier déjà, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), Laurent Lessard, affirmait que 2017 pourrait être le premier millésime de l’IGP Vin du Québec. Il s’était trompé.

Un an plus tard, presque toutes les étapes ont été franchies. Le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV) a fait une recommandation favorable au ministre Lessard.

Ce dernier n’a plus qu’à donner son approbation au projet et à publier un avis de reconnaissance de l’IGP « Vin du Québec » dans la Gazette officielle du Québec.

Dès lors, l’expression « Vin du Québec » serait protégée, à la manière des appellations bordelaises comme « Saint-Émilion » ou « Sauternes ». Pourtant, l’ultime étape tarde à venir.

Si ce n’est pas fait la semaine prochaine ou l’autre, je me dis que c’est malheureux. Qu’est-ce qui cloche? Il y a un problème quelque part et j'espère que ce sera réglé.

Jean Joly, président du Conseil des vins d'appellation du Québec

Des vignerons pourraient passer tout droit

M. Joly explique que des producteurs pourront obtenir l’IGP « Vin du Québec » en 2018, même si le ministre ne l’approuve que plus tard cet automne.

Cependant, le problème est le suivant : tant que l’IGP n’est pas approuvée, le MAPAQ et le CARTV ne diffusent pas le cahier de charges que les vignerons doivent respecter.

Selon M. Joly, certains producteurs pourraient donc ignorer leurs obligations.

Par exemple, pour se prévaloir de l’IGP, les vignerons doivent faire évaluer leur quantité de raisin par un agronome indépendant, et ce, avant de faire les vendanges.

Or, le temps presse, puisqu’à bien des endroits, les raisins sont mûrs.

Avec le superbe été qu’on a eu, il y en a plusieurs qui ont déjà commencé à vendanger!

Jean Joly, président du Conseil des vins d'appellation du Québec

M. Joly estime que quelques dizaines de producteurs québécois, notamment ceux qui ne font partie d’aucune association, ne sont probablement pas au courant de cette exigence. « On a peur que les gens soient déçus », dit-il.

« C’est sûr qu’on aurait préféré que ça vienne plus tôt. Ça nous aurait permis d’avertir les producteurs [de leurs obligations] », affirme aussi Charles-Henri de Coussergues, copropriétaire du Vignoble de l’Orpailleur.

Pas avant la fin des élections

Le directeur de cabinet adjoint du ministre Lessard, Mathieu Larouche, affirme que les délais sont dus à un règlement concernant le pourcentage de raisin québécois dans le vin.

Ce règlement, paru dans la Gazette officielle du Québec à la fin du mois d’août, n’entrera en vigueur que le 13 septembre.

Or, même une fois cette date passée, le ministre ne pourra vraisemblablement pas donner sur-le-champ son approbation à l’IGP « Vin du Québec ».

« C’est plus difficile pour le mois de septembre de faire quoi que ce soit, à cause de la campagne électorale » dit M. Larouche.

Malgré ce délai additionnel, M. Joly tient à spécifier qu’il est satisfait de tout le chemin parcouru ces dernières années. Une fois que l’IGP « Vin du Québec » sera en vigueur, la notoriété des vins d’ici augmentera encore, avance-t-il.

« C’est la beauté de l’appellation. C’est le contrôle qu’on y met. »

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