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Comment fonctionne l’immigration au Québec?

Le drapeau fleurdelisé sur un mat
En 2018, le Québec a accueilli plus de 52 000 nouveaux arrivants. Photo: iStock

Depuis le début de la campagne électorale, l'immigration divise les partis politiques. Alors que la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti québécois (PQ) proposent de diminuer les seuils actuels, le Parti libéral du Québec (PLQ) promet, au minimum, une stabilisation, tout comme Québec solidaire. Mais que représente l'immigration au Québec et comment fonctionne-t-elle?

Un texte de Romain Schué

En 2017, plus de 52 000 personnes sont venues s’établir au Québec. Ce chiffre est relativement stable année après année, notamment depuis 2008, où près de 45 000 immigrants avaient quitté leur pays pour s'installer dans la province.

L'année suivante, une hausse de plus de 9 % avait été constatée, avant un pic à 55 000 nouveaux arrivants en 2012. Un niveau jamais atteint depuis.

Contrairement à ce qui est parfois véhiculé, tous ces immigrants n’ont pas été choisis par le gouvernement du Québec. Celui-ci est en charge uniquement d’une sélection, majoritaire, nommée « immigration économique ».

Près de 58 % des immigrants, l’an passé, provenaient de cette catégorie et ont, ainsi, obtenu un Certificat de sélection du Québec (CSQ).

Être francophone est un atout

Pour avoir ce document, indispensable pour devenir résident permanent du Canada, les candidats doivent faire état de leur formation, de leur âge, de leur niveau de français ou encore de leur expérience. Chacun de ces domaines rapporte des points, selon des critères établis par Québec.

Par exemple, avoir entre 18 et 35 ans permet d'obtenir le maximum de points de cette catégorie.

Être francophone est donc un atout, mais n’est pas indispensable pour entrer au Québec. En 2017, par exemple, 42 % de l'ensemble des nouveaux arrivants connaissaient la langue de Molière. Ce chiffre grimpait cependant à 61,5 % pour les travailleurs qualifiés adultes.

Par ailleurs, obtenir un tel sésame n'est pas instantané. Les délais varient entre plusieurs mois et plusieurs années, en fonction notamment du pays de provenance du candidat et du nombre de demandes reçues.

Par la suite, après obtention de ce CSQ, le gouvernement fédéral évoque en ce moment une attente de 15 à 17 mois pour accorder le statut de résident permanent pour cette catégorie de travailleurs qualifiés. Ottawa vérifie entre autres les antécédents judiciaires et l'état de santé du demandeur.

L’origine des nouveaux arrivants en 2017

  • Asie : 43,4 %
  • Afrique : 27,5 %
  • Europe : 15,8 %
  • Amérique : 13,1 %
  • Océanie : 0,2 %

Deux autres catégories existent, mais celles-ci dépendent uniquement du gouvernement fédéral : le regroupement familial (23,2 % des immigrants au Québec en 2017) et les personnes avec un statut de réfugié (17,5 % en 2017).

Point important : ce n’est pas le gouvernement qui octroie directement ce statut de réfugié. Un tribunal administratif indépendant étudie les dossiers des demandeurs d’asile.

Des immigrants lors d'une assermentation pour l'obtention de la citoyenneté canadienne.Afin de pouvoir obtenir la citoyenneté canadienne, un immigrant doit d'abord obtenir le statut de résident permanent. Photo : iStock

Quelles sont les propositions des partis?

Pour François Legault, le chef de la CAQ, le nombre de nouveaux arrivants au Québec doit être revu à la baisse. Il propose de diminuer ce seuil d’environ 20 %, afin qu’il n’y ait plus que 40 000 nouveaux immigrants au Québec et ce, dès l’an prochain.

Dans l’état actuel, dit-il, ce modèle menace la langue française dans la province. Il craint notamment que « nos petits-enfants ne parlent plus français ». Un test de français serait ainsi demandé au bout de trois années de présence au Québec, a-t-il ajouté.

Le Parti québécois est lui aussi en faveur d’une baisse. « Probablement, ça va être autour de 35 000-40 000 [personnes par année] parce que ça va être le succès », a indiqué Jean-François Lisée.

Soutenant que 26 % de ces immigrants ont quitté le Québec, le chef péquiste a néanmoins fait part de sa volonté d’attendre une recommandation de la vérificatrice générale pour déterminer le nombre exact de personnes à accueillir, en fonction des besoins en main-d’œuvre.

Les propositions des partis

  • CAQ : 40 000 immigrants
  • PQ : 35 000 à 40 000 immigrants
  • PLQ : 50 000 immigrants au minimum
  • QS : 50 000 immigrants

De son côté, Philippe Couillard a fermement soutenu qu’il ne diminuerait pas ce seuil en cas de réélection. « Diminuer, c’est anti-économique. Ça va nous créer un Québec encore moins prospère que nos voisins », a-t-il lancé.

Une hausse « n’est pas exclue », a-t-il mentionné, en précisant qu’un « débat démocratique » serait dans ce cas mené à l’Assemblée nationale.

Hors de question également de toucher à ce chiffre, selon Québec solidaire.

Le parti de Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois indique vouloir avant tout agir pour « augmenter la présence des minorités visibles et personnes issues de l'immigration dans la fonction publique », tout en améliorant la reconnaissance des diplômes des immigrants.

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