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Rita Rodrigue, 50 ans de passion pour la création

Rita Rodrigue est debout devant une fenêtre et elle est souriante.
Rita Rodrigue, peintre Photo: Radio-Canada / Andre Dalencour

L'Abitienne de naissance et Gatinoise d'adoption Rita Rodrigue célèbre 50 ans de création à la Galerie Jean-Claude Bergeron. La rétrospective consacrée au travail de l'artiste visuelle, qui a exposé en solo autant au Canada qu'à l'étranger au cours de sa prolifique carrière, est présentée à Ottawa jusqu'au 23 septembre.

Un texte d’André Dalencour pour Les malins

C’est dans un milieu modeste que Rita Rodrigue voit le jour en 1945. Son père travaillant dans la construction, sa famille déménage beaucoup au cours de son enfance, au gré des emplois sur les chantiers.

À 19 ans, elle pose ses valises à Ottawa pour apprendre la peinture avec Henri Masson. Ce dernier devient son mentor.

 J’étais impressionné par cet homme, sa peinture incroyable. Tout de suite, ça a été vraiment pour moi une sorte de bien-être de sentir que quelqu’un pouvait m’aider, me diriger dans ce que j’avais de plus précieux , explique l’artiste.

Alors qu’elle est la benjamine du groupe, le maître la prend sous son aile, en lui prodiguant conseils et encouragements. Elle passera cinq années à ses côtés avant de prendre son propre envol.

 Finalement, cela s’est très bien passé, tout le temps, il m’a encouragé. Il m’a donné tellement tout ce qui était nécessaire pour que je sois plus solide , confie-t-elle reconnaissante.

Un cercle, avec un homme nue dessiné, accroché à des carrés en papier coloréUn détail d'un tableau de Rita Rodrigue avec une référence à L’Homme de Vitruve, de Léonard de Vinci Photo : Rita Rodrigue

Évoluer, toujours

Quand on demande à Rita Rodrigue le secret de sa longévité en tant que peintre, elle répond tout simplement qu’elle fait évoluer son art régulièrement, tout en ayant la volonté de rester fidèle à elle-même.

Le goût d’évoluer, ça fait partie d’une artiste. Faut pas que je le cache. J’ai une grande passion et j’ai toujours envie d’évoluer. Ça fait partie de l’être humain.

Rita Rodrigue

Dans ses œuvres, cela se traduit par des expérimentations avec les textures, les matières. Une foule de détails que l’on découvre plus on se rapproche de ses œuvres.

 Ce qui est essentiel, c’est que je veux quand même toujours donner le message d’une certaine appartenance… Qui je suis. J’ai compris que je ne pouvais pas me tromper, il fallait toujours que je reste moi-même , précise-t-elle, à propos de son éthique de travail.

Des tableau accrochés à un murDes oeuvres de Rita Rodrigue exposées à la Galerie Jean-Claude Bergeron Photo : Rita Rodrigue

Mais ce n’est pas tout. Il y a aussi un certain détachement qu’elle cultive par rapport aux biens matériels.

 Ce n’est pas nécessaire que je sois riche dans ma vie. Mon but, c’est d’être heureuse et de peindre. Donc, j’ai défendu mes droits personnels, je ne suis pas rentrée dans le matérialisme. Ou je dirais pas trop, en tout cas. Je ne dirais pas que ma maison est vide. Elle est pleine. Mais ce sont des petits trésors que j’ai ramassés un peu partout et qui ne coûtent rien , fait valoir la peintre.

Ses enfants, sa richesse

Cette mère de deux enfants est aussi la grand-mère de trois petits-enfants aujourd'hui.

Si son fils est parti faire sa vie en Turquie, alors que sa fille s’est installée en Australie, tous les deux constituent une partie importante de sa vie.

Rita Rodigue se dit très heureuse de leur réussite personnelle et professionnelle, même si leur absence au quotidien n’est pas toujours facile.

 Veut, veut pas, ça a marqué ma vie. Je l’ai mis dans mes œuvres, sans m’en rendre compte. […] À un moment, quand j’ai commencé à faire un peu de ménage dans mes œuvres, j’ai réalisé que tout ce que je vivais était sur les œuvres , souffle-t-elle avec émotion.

L’observateur attentif remarquera ainsi des acétates et des coquillages dans certaines de ses tableaux. Ces éléments matériaux sont devenus des éléments création à la suite d’un voyage en Australie pour voir sa fille, après l’accouchement de cette dernière.

Le vernissage de l’exposition Les temps échelonnés, Œuvres anciennes et récentes de Rita Rodrigue aura lieu le dimanche 9 septembre à la Galerie Jean-Claude Bergeron. Livre Les temps échelonnés de Rita Rodrigue : 50 ans de création, de Josée Valiquette, sera lancé à la même occasion.

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