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Immigration : Legault veut « un mandat » pour négocier avec Ottawa

Entourés, le chef de la Coalition avenir Québec serre la main d'une électrice.

Le chef de la Coalition avenir Québec serre la main d'une électrice.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Radio-Canada

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, considère en quelque sorte les élections du 1er octobre comme un référendum qui lui permettra d'obtenir le « mandat » de négocier avec le gouvernement fédéral pour pouvoir exercer davantage de contrôle sur les catégories d'immigration qui ne sont pas de compétence provinciale.

Un texte de François Messier et Marc-Antoine Ménard

M. Legault a indiqué cette semaine qu’il veut « idéalement » abaisser le seuil d’immigration de 50 000 à 40 000 dans les trois catégories de nouveaux arrivants, soit l'immigration économique, la réunification familiale et l'accueil de réfugiés.

Le Québec n'a toutefois compétence que pour l'immigration économique, ce qui obligerait un éventuel gouvernement caquiste à entamer des négociations avec Ottawa.

En point de presse à Trois-Rivières, vendredi après-midi, François Legault n'a pas rejeté la comparaison faite par une journaliste entre le présent scrutin et un référendum. « Je veux avoir un mandat, a déclaré le chef de la CAQ. Je l’ai répété assez souvent que je voulais aller chercher des pouvoirs à Ottawa. »

Je pense que je vais avoir toute la légitimité pour aller négocier avec Ottawa.

François Legault, chef de la CAQ

À Pointe-aux-Trembles, dans l’est de Montréal, en matinée, le chef de la CAQ a dit avoir « confiance » que le premier ministre canadien Justin Trudeau serait ouvert l'idée de négocier.

« Vous faites l’hypothèse que Justin Trudeau, qui s’en va en élection l’année prochaine, va refuser une demande qui est supportée par une majorité de Québécois », a répondu François Legault.

« Moi, j’ai confiance que Justin Trudeau va accepter notre demande de réduire proportionnellement toutes les catégories immigrants. Surtout que c’est une réduction qui est temporaire, le temps d’ajuster notre capacité d’intégration ».

Nous ce qu’on dit, c’est qu’on va en prendre moins, mais on va en prendre soin. Donc, chaque nouvel arrivant va mieux être servi par le gouvernement du Québec. Moi je pense que ça s’explique bien, et j’ai confiance que Justin Trudeau va comprendre ça.

François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

Dans le cas contraire, la baisse de 20 % du seuil d’immigration pourrait-elle être appliquée pour la seule catégorie de l’immigration économique?, a-t-il été relancé. « Ça pourrait être ça », a convenu M. Legault.

L'employabilité, premier critère de sélection

Malgré cette nouvelle exigence de connaissance du français et des valeurs québécoises, le chef de la CAQ a expliqué que l'employabilité devrait être le premier critère de sélection des immigrants.

« Ce qu’on dit à la CAQ, c’est qu’on veut plus de poids dans le choix des immigrants à répondre aux besoins du marché du travail, au départ. Ce que ça permet, par exemple, c’est, [pour] des ingénieurs, des postes très spécialisés, de pouvoir amener rapidement ces personnes-là au Québec, et ensuite, qu’ils puissent profiter des cours de français gratuits, et qu’on leur donne trois ans pour apprendre le français », a-t-il dit.

« Donc, ça va nous permettre de mettre plus d’emphase sur les qualifications, plus d’emphase sur répondre aux besoins du marché du travail », a-t-il ajouté, avant de réitérer, comme il le fait tous les jours que 26 % des immigrants finissent par quitter le Québec.

Il faut être capable de les choisir d’abord en fonction des qualifications, ensuite on dit qu’on va donner un certificat temporaire, comme on le fait pour un permis de travail temporaire, et on va donner le certificat de sélection qui mène vers la citoyenneté seulement une fois que le test de français va être réussi.

François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

Le chef caquiste a convenu que tous les immigrants qu'il souhaite accueillir pourraient théoriquement ne parler aucunement le français à leur arrivée, comme l'en accuse le chef péquiste Jean-François Lisée. « Oui, mais on ne leur donnera pas la citoyenneté canadienne, donc la permanence, tant qu'ils n'auront pas appris le français », s'est-il défendu.

M. Legault s'est par ailleurs défendu à plusieurs reprises d'avoir envoyé un mauvais message aux immigrants. « Pas du tout! Ce qu'on dit aux nouveaux arrivants, [c'est] si vous voulez avoir du plaisir à vivre au Québec, bien il faut s'intégrer. Et pour s'intégrer, il faut parler français », a-t-il dit.

Lors d'une mêlée de presse subséquente avec la mairesse de Montréal, Valérie Plante, M. Legault a dit croire que « la majorité [des immigrants] sont bien intégrés » à Montréal, et a même affirmé qu'« en bout de ligne, on en a besoin de plus [d'immigrants] à Montréal ».

« On en veut tous plus là! Valérie en veut plus, moi j’en veux plus. Mais actuellement, on est tous obligés de se rendre compte qu’on en perd trop », a-t-il affirmé.

« Il y a des immigrants qui se plaignent – c’est eux, c’est pas nous – eux-mêmes disent : "on aimerait avoir plus de cours de français, entre autres dans notre entreprise, sur les lieux de travail" », a ajouté le chef de la CAQ.

Couillard « déconnecté » sur le péril qu'encourt le français

M. Legault a par ailleurs maintenu qu'à défaut de mieux franciser les immigrants, la langue française est un péril au Québec. Cela explique pourquoi la CAQ veut accorder des « certificats d'accompagnement transitoire » de trois ans aux immigrants, période après laquelle ils devront prouver qu'ils peuvent réussir un test de connaissance du français et des valeurs québécoises.

« Faut être déconnecté comme M. [le chef libéral, Philippe] Couillard, pour dire qu’il n’y a pas de risque à long terme pour le français, à Montréal et au Québec », a-t-il commenté. « Le français sera toujours dans une situation vulnérable, menacé. On est entouré de centaines de millions d’anglophones. Il faudra toujours être prudent. »

« C’est clair, quand on accueille 50 000 nouveaux arrivants, et qu’il y en a 58 % qui ne parlent pas français, c’est une question de temps », a-t-il ajouté.

Il peut y avoir des spécialistes qui disent ça va prendre une génération, d’autres vont dire, deux, trois générations, mais c’est clair que si on ne fait pas attention, si on ne s’assure pas que les nouveaux arrivants apprennent le français, il y a un risque réel que le français, tranquillement, disparaisse à Montréal.

François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

M. Legault s'en est par ailleurs pris à la position de son adversaire péquiste Jean-François Lisée, qui veut laisser le soin au bureau du vérificateur général de déterminer la capacité d'accueil du Québec.

« La vérificatrice générale ne peut pas décider [que] ça en prend 38 432. Ça ne marche pas comme ça! C’est une décision qui est politique », a-t-il fait valoir. « Si M. Lisée veut avoir des travailleurs qualifiés qui parlent tous français, bien on va avoir un problème. Il va y en avoir pas mal moins que 40 000 qui vont arriver au Québec. »

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