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Pas d'entente pour l'ALENA, Trump évoque une taxe « dévastatrice » pour le Canada

La ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, en point de presse devant une dizaine de micros.
D'importants désaccords subsistent entre le Canada et les États-Unis. La ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, a tout de même bon espoir d'arriver à une entente. Photo: Associated Press / Luis Alonso Lugo
Radio-Canada

Pendant que les représentants du Canada et des États-Unis étaient incapables d'arriver à une entente au sujet de l'ALENA, vendredi, Donald Trump, à bord de son avion présidentiel, menaçait le Canada avec des mots rarement utilisés par le président des États-Unis.

« Si je taxais les voitures en provenance du Canada, ce serait dévastateur. Mais je ne veux pas faire ça, a-t-il dit depuis Air Force One. Je me sers de ça comme d'un levier dans les négociations, lorsqu'ils ne veulent pas faire de concessions. Je leur dis : "C'est bon, je préfère taxer vos voitures", et je gagne beaucoup de points grâce à ça. »

Le président a à de nombreuses reprises évoqué cette taxe sur les voitures canadiennes, mais jamais en des termes aussi crus.

M. Trump a tenu ces propos alors qu'il se dirigeait vers Fargo, dans le Dakota du Nord, et que la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, rencontrait à Washington le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer.

Leur rencontre a duré deux heures et n'a pas mené à l'entente tant attendue au sujet de l'ALENA, si bien que cette autre ronde de négociations est maintenant terminée et que les décideurs canadiens ont quitté Washington.

D'importants désaccords persistent entre les deux partenaires commerciaux, donc, et les pourparlers devraient reprendre dans deux semaines. Cette pause est nécessaire, puisque M. Lighthizer part en Europe.

Peu de progrès

Le progrès des négociations de l'ALENA serait « lent », selon des sources diplomatiques de CBC.

Mme Freeland se fait toutefois avare de commentaires, son homologue américain et elle ayant convenu de ne pas négocier en public.

À l'issue de sa plus récente rencontre avec M. Lighthizer, vendredi, elle a déclaré que les pourparlers sont maintenant entrés dans une phase « très intense » de « négociations continues ».

En matinée, la ministre Freeland continuait d'afficher sa confiance.

« Encore une réunion constructive et productive », a-t-elle commenté à sa sortie de la rencontre ce matin.

L-A-I-T

Malgré les mots rassurants de la chef de la diplomatie du Canada, des contentieux importants existent toujours entre les deux parties.

Larry Kudlow, directeur du Conseil économique national, l'a expliqué dans des termes on ne peut plus clairs, vendredi, dans une entrevue à la télévision diffusée une heure avant que Mme Freeland ne rencontre une nouvelle fois M. Lighthizer.

« Je pense que les États-Unis préféreraient conclure un accord commercial avec le Canada, mais il faut que ce soit une bonne affaire, non? Et le mot qui continue de bloquer l'accord est : l-a-i-t, d'accord? », a déclaré M. Kudlow sur les ondes de la chaîne Fox Business News.

« Je dis simplement [aux Canadiens] : "Lâchez du lest. Lait, produits laitiers : laissez tomber les barrières, donnez une chance à nos agriculteurs, et nous pourrons nous entendre sur autre chose". [...] Je dirai simplement que Bob Lighthizer fait un excellent travail et que le président l'appuie. »

Les négociateurs canadiens insistent aussi sur l’importance de préserver le chapitre 19 de l'accord commercial original. Il s’agit d’un mécanisme de règlement des différends qui peut être utilisé pour contester des mesures économiques punitives.

Par le passé, le Canada s'est servi de ce mécanisme pour contester les tarifs américains sur le bois d’œuvre. Robert Lighthizer s'oppose depuis longtemps à ce chapitre de l'ALENA, qu’il considère comme une violation de la souveraineté américaine.

Course contre la montre

Le Canada et les États-Unis doivent s'entendre pour que la Maison-Blanche puisse présenter un texte au Congrès américain avant le 1er octobre.

La branche législative disposerait alors de la période réglementaire de 60 jours pour tenir des consultations et se prononcer sur l'entente commerciale d'ici le 1er décembre, date de l'entrée en fonction du nouveau président élu du Mexique.

L'administration Trump a déjà conclu une entente avec le Mexique, et le président américain menace de mettre en oeuvre cet accord qui exclurait le Canada.

Mais il a également besoin d'une victoire sur le terrain du commerce pour remporter les élections de mi-mandat, en novembre.

Avec les informations de John Paul Tasker et de Katie Simpson, CBC News

Avec les informations de CBC, Associated Press, et La Presse canadienne

Économie