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Alphabétisation : femmes et ruralité, encore des défis en Chine

Dans la salle des cours d'informatique de l'école Nongjianv. Pékin, septembre 2018.

Dans la salle des cours d'informatique de l'école Nongjianv. Pékin, septembre 2018.

Photo : Radio-Canada / Anyck Béraud

Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Si 95 % des Chinois de 15 ans et plus savent lire et écrire, le taux d'alphabétisation est à ce jour plus faible chez les femmes. Et il chute hors des centres urbains et dans les régions sous-développées. Mais certains s'évertuent à changer la donne, comme l'école Nongjianv, une ONG chinoise.

Aux premiers abords, la Chine fait bonne figure en matière d'alphabétisation en raison, notamment, de l'instauration de la scolarité obligatoire au primaire et au secondaire ces dernières décennies.

L’école Nongjianv est un centre de formation technique installé dans une ancienne usine du nord de Pékin. Chaque trimestre, elle accueille des femmes issues du milieu rural, venues d’un peu partout en Chine. Les cours et l’hébergement sont gratuits.

Sur le campus se trouve une murale. Des étudiantes y ont inscrit des mots pour s’encourager. Sur la confiance en soi, sur la persévérance, sur le travail.

Sur le campus de l'école Nongjianv, Pékin.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sur le campus de l'école Nongjianv, une murale d'encouragement. Pékin, septembre 2018.

Photo : Radio-Canada / Anyck Béraud

« Leur soif d’apprendre est touchante », lance la directrice de l'établissement, Luo Zhaohong. Elle rappelle que c’est une journaliste, Xie Lihua, rédactrice en chef adjointe du Journal des femmes chinoises, « une visionnaire », qui a eu l’idée d’ouvrir l’école Nongjianv, il y a 20 ans.

« C’était l’époque de la réforme, de l’ouverture en Chine. [Xie Lihua] voyait qu’il y avait plein d’occasions pour la population, mais que bien des illettrés, notamment les femmes à la campagne, ne pouvaient pas en profiter. Alors, pour qu’elles puissent saisir des occasions d’emplois, il fallait ouvrir une école rien que pour elles », explique-t-elle.

Cours d'informatique, école Nongjianv, Pékin.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cours d'informatique, École Nongjianv, Pékin.

Photo : Radio-Canada / Anyck Béraud

Des droits d’auteur pour la cause

La création de l’école a été en partie financée par des droits d’auteur de l’écrivaine Bing Xin, l’une des grandes plumes chinoises du 20e siècle. Elle a beaucoup écrit pour les jeunes lecteurs. Sa fille a cofondé l’établissement avec la journaliste Xie Lihua.

La directrice Luo Zhaohong, entourée du personnel de l'école Nongjianv, sous le portrait de l'écrivaine Bing Xin. Pékin, septembre 2018.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La directrice, entourée du personnel, sous le portrait de l'écrivaine Bing Xin. Pékin, septembre 2018.

Photo : Radio-Canada / Anyck Béraud

Au départ, l’école Nongjianv se consacrait surtout à l’alphabétisation. Elle a graduellement offert davantage de cours pratiques en couture, en soins infirmiers, en enseignement, en informatique.

La directrice explique qu'il s'agit d'une façon de faciliter l’intégration rapide des étudiantes sur le marché du travail, notamment en ville, pour celles qui font partie des millions de migrants qui quittent la campagne pour gagner leur vie.

Si la plupart d'entre elles partaient à l'époque pour soutenir financièrement leur famille ou encore aider un frère ou une soeur à aller à l’école, explique Luo Zhaohong, la situation peut encore être observée aujourd'hui, même si les conditions se sont améliorées.

Lorsqu'une jeune femme rurale trouve un emploi en milieu urbain, c’est toute une famille qui sort de la pauvreté et de l’analphabétisme.

Une citation de :Luo Zhaohong, directrice de l’école Nongjianv pour femmes de milieu rural, à Pékin

Des outils pour avancer

« L’alphabétisation et le développement des compétences » est le thème de la Journée internationale de l’alphabétisation du 8 septembre 2018.

Ji Xuelan, elle, a l’intention de retourner dans son Guangxi natal, une région autonome du sud de la Chine. Elle suit une formation d'enseignante à l’école maternelle. « Il manque cruellement d’instituteurs en milieu rural », dit-elle.

Li Xuelan, 32 ans, étudiante. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Li Xuelan, 32 ans, étudiante.

Photo : Radio-Canada / Anyck Béraud

La jeune femme ajoute qu’elle apprécie les outils mis à sa disposition à l'école Nongjianv pour se préparer à son futur métier. Elle aime les cours d’informatique autant que les leçons de piano et les ateliers d’arts plastiques.

Ji Xuelan a eu la chance d’étudier, comme 70 millions de femmes chinoises en milieu rural depuis 20 ans, selon les statistiques gouvernementales de 2013. Une chance que n’a pas eue sa grand-mère. Pas plus que son grand-père, d’ailleurs, à l’époque, précise-t-elle.

Leçon de piano, école Nongjianv, PékinAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Leçon de piano, école Nongjianv, Pékin.

Photo : Radio-Canada / Anyck Béraud

Lors de la proclamation de la République populaire de Chine, en 1949, 80 % de la population était illettrée.

L’alphabétisation a fait un bond de géant depuis. Elle atteindrait même 99 % chez les 5-14 ans, garçons comme filles. Mais l’illettrisme est encore élevé dans quelques régions peu peuplées, pauvres ou bien aux prises avec des tensions politiques et ethniques, comme le Qinghai (13 %) et le Tibet (plus de 40 %).

La Chine est un grand pays, avec une démographie incroyable. Pour alphabétiser tous ces gens, ce n’est pas si simple […] Le gouvernement ne peut pas tout faire, il faut aussi solliciter la société civile pour toucher le plus de monde possible. C’est ce que l’on fait.

Une citation de :Luo Zhaohong, directrice de l’école Nongjianv pour femmes de milieu rural, à Pékin
Une partie du campus de l'école Nongjianv, à Pékin.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une partie du campus de l'école Nongjianv, Pékin

Photo : Radio-Canada / Anyck Beraud

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