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  • Louisbourg, la renaissance d’une forteresse de la Nouvelle-France

    Aperçu d'un tableau représentant Louisbourg pendant la Nouvelle-France.

    La forteresse de Louisbourg est un poste militaire français au 18e siècle en Nouvelle-Écosse.

    Photo : Radio-Canada / Reportage de l'émission Dossier du 6 septembre 1974

    Radio-Canada

    Sur la côte rocheuse de Cap-Breton en Nouvelle-Écosse, la forteresse de Louisbourg impose encore de nos jours sa grandeur d'antan. Avant-poste militaire d'importance à l'époque de la Nouvelle-France, Louisbourg a été marqué par la guerre et les sièges. Replongez dans l'histoire de cette forteresse qui renaît de ses cendres à partir de 1960.

    Un court pan de l’histoire

    En 1713, le traité de paix d’Utrecht entre l’Angleterre et la France est signé rendant une partie du territoire nord-américain à cette dernière. La même année, la France décide d’implanter un poste militaire fort sur la côte de ce qui est maintenant l’île du Cap-Breton.

    Louisbourg est né.

    Le roi Louis XV ne lésine pas sur les coûts de sa construction et débourse un montant extravagant de 30 millions de livres. Les murs sont hauts et épais, et la forteresse est entourée de larges fossés.

    L’objectif de la construction est d’abord et avant tout militaire. La France et l’Angleterre s’opposent depuis longtemps pour le contrôle de l’Amérique. Louisbourg se trouve à la frontière entre la Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre.

    C’était un ouvrage défensif, imposant et puissant, grandiose incarnation de l’orgueil martial de la France, géniale réussite d’architecture militaire déplacée sur cette côte rocheuse et désolée.

    Robert Pichette, animateur

    La forteresse se veut également une escale avant de poursuivre la route vers Québec. Ses principales activités sont donc la défense, la pêche et le commerce.

    Mais l’imposante structure est austère et isolée sur la côte rocheuse de l’île. La forteresse offre très peu de confort, ce qui n’attire guère les gens des environs pour y habiter.

    Aperçu d'un tableau représentant un navire de guerre devant Louisbourg en fumée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

    L'Angleterre a assiégé la forteresse de Louisbourg par deux fois, en 1744 et en 1758.

    Photo : Radio-Canada / Reportage de l'émission Dossier du 6 septembre 1974

    Il y a donc une population de quelques milliers de personnes qui y habite et une petite garnison de l’armée lorsqu’en 1744, tout bascule. L’Angleterre a le dessein de s’emparer du territoire et de sa forteresse, et envoie son armée.

    Pour riposter, Louisbourg n’a aucun appui naval. Seulement 1 000 miliciens et 600 soldats sont mobilisés pour affronter l’armée britannique qui arrive par l’océan. Un long siège de 40 jours s’installe. Le 26 juin 1744, la forteresse capitule.

    Pendant quatre ans, les Anglais en prennent le contrôle. Mais un traité de paix entre les deux puissances européennes rend Louisbourg à la France en 1748.

    Pendant dix ans, la paix s’installe et la vie reprend. La forteresse connaît une expansion économique et sociale considérable.

    Le 2 juin 1758, un deuxième siège est lancé par l’Angleterre. Les effectifs sont toujours trop bas à Louisbourg pour affronter la dizaine de milliers de soldats anglais et leur flotte. La dernière capitulation de la forteresse a lieu le 26 juillet 1758.

    Le siège mène à l’occupation anglaise et c’est de Louisbourg que partiront les Anglais pour aller conquérir Québec dès 1759.

    Pour éviter que la robuste forteresse tombe à nouveau aux mains des Français, le général Amherst la démolit.

    L’animateur Donald Creighton relate l’histoire de Louisbourg à l’émission Dossier du 6 septembre 1974. La narration en français est effectuée par Gaétan Barrette et Aubert Pallascio.

    Dossier, 6 septembre 1974

    Les jours de gloire de Louisbourg auront été courts, puisqu’il ne s’écoula même pas 50 ans entre sa construction et sa destruction.

    Les vestiges des fortifications dormiront tranquillement, sans être dérangés, pendant près de 200 ans.

    De la somnolence aux jours de gloire

    Au début des années 1960, le gouvernement fédéral élabore un plan pour redonner vie à Louisbourg. Il essaye par le fait même de trouver une solution pour alléger le chômage croissant à Cap-Breton.

    La forteresse renaît donc de ses centres et la reconstruction d’une partie des bâtiments d’époque est entreprise dès 1961. Un cinquième de la ville fortifiée est bâti, ce qui représente environ 50 bâtiments, dont le Château Saint-Louis.

    Les sommes versées pour ce projet sont très élevées, soit plus de 25 millions de dollars. Non seulement le chantier permet d’employer des citoyens de la région, il permet de redécouvrir des métiers oubliés. C'est notamment le cas des tailleurs de pierre et des forgerons. Des maîtres venus d’Europe viennent enseigner leur savoir-faire.

    Les bâtiments sont recréés selon les plans de l’époque, sur les fondations originales de la ville fortifiée. Cela est rendu possible par le fait que le site est resté intégral et intact pendant 200 ans. Aucune construction n’étant venue s’installer sur les fondations du 18e siècle.

    Le nouveau Louisbourg représente la forteresse telle qu’elle était à son apogée à l’été 1744, avant le premier siège.

    L’animateur Robert Pichette présente le résultat des travaux de reconstruction de Louisbourg à l’émission Reflets d’un pays du 13 août 1986.

    Reflets d’un pays, 13 août 1986

    Les travaux de la reconstruction s’étireront sur plus de 20 ans, s’achevant au début des années 1980. Parcs Canada gère l’endroit qui est devenu un lieu historique national.

    Une immersion authentique à l’époque de la Nouvelle-France attend, depuis, les visiteurs qui se promènent dans la forteresse de Louisbourg.

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