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Blaine Higgs photographié dans la rue à Saint-Jean.

Blaine Higgs de passage à Saint-Jean.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Radio-Canada

Le chef des progressistes-conservateurs Blaine Higgs mène une campagne sobre. Il ne promet ni grands chantiers ni grandes dépenses dans les infrastructures quelles qu'elles soient. Ses promesses sont, à ce jour, très peu chiffrées, sans cibles ni échéanciers. ll fait le pari que son message simple trouvera écho auprès des électeurs.

Un texte de Nicolas Steinbach

Est-ce que je dis que la politique tue notre province? Absolument, affirme Blaine Higgs alors que nous le rencontrons pour parler de sa stratégie de campagne.

Les gens me disent : "Vous devez promettre plus!" Si c'est ça que ça prend pour être élu, seulement de promettre des choses parce que ça va acheter un vote, alors je ne suis pas votre homme, dit-il.

Blaine Higgs est contre les grands chantiers. Il estime que le Nouveau-Brunswick n'a pas besoin de nouvelles autoroutes, entre autres.

Blaine Higgs avec les candidats progressistes-conservateurs à Moncton.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Blaine Higgs avec les candidats progressistes-conservateurs à Moncton.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

S'il est contre la hausse de la taxe de vente harmonisée, contre la taxe sur le carbone et contre une nouvelle tranche d'imposition pour les plus riches, il ne veut cependant pas s'engager à abolir les mesures déjà adoptées.

J'espère pouvoir réduire les taxes, mais je dois voir comment on peut contrôler les dépenses. Le retour sur l'investissement, c'est ce que j'ai fait toute ma carrière.

Une stratégie pas très sexy

Selon le politologue Mario Levesque de l'Université Mount Allison, Blaine Higgs détonne par rapport au style habituel des campagnes électorales au Nouveau-Brunswick.

Il n'annonce pas de grands investissements. Les libéraux, c'est 200 millions de dollars, les conservateurs à peu près 2 millions de dollars. Ça envoie le message qu'il faut faire attention à notre argent. Ce n’est pas un message qu'on entend souvent.

Mario Levesque, politologue de l'Université Mount Allison.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le politologue de l'Université Mount Allison, Mario Levesque.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Les promesses des progressistes-conservateurs sont à ce jour très peu chiffrées, sans cibles ni échéanciers précis. Une stratégie à double tranchant, selon Mario Levesque.

Ce n'est même pas une vision, je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas certain de ça. Ce n'est pas sexy comme stratégie, mais peut-être que c'est ce dont on a besoin. M. Gallant ne parle pas de déficit, il ne parle que de dépenser plus d'argent.

Dans la colonne des nouveaux revenus, Blaine Higgs reste tout aussi flou. Il parle d'assainissement des finances publiques, mais ne donne pas d'objectif ou de secteurs qu'il compte cibler pour réduire les dépenses. Et des revenus, il y en aura moins si le chef conservateur diminue les taxes ou les impôts.

Si on baisse les taxes, il faut baisser les services. C'est la grande question : qu'est-ce qu'il va couper?

Mario Levesque, politologue de l'Université Mount Allison

Blaine Higgs maintient ne pas avoir l'intention de fermer des établissements.

Il y a 22 hôpitaux au Nouveau-Brunswick, 300 écoles environ, je veux protéger ces institutions. Quand ces institutions ferment, ça tue les communautés. [...] Bien que je veuille les protéger, je ne vais pas jeter l'argent par les fenêtres pour acheter des votes, affirme Blaine Higgs.

Higgs inspiré par Ford

Blaine Higgs hésite à se comparer à son homologue ontarien, Doug Ford, même s'il admire sa réussite.

La victoire de Ford m'inspire avec un gouvernement majoritaire conservateur et les libéraux qui ont perdu le statut d'opposition officielle. J'aimerais beaucoup avoir ce genre de résultat. Mais je pense aussi que Doug Ford a promis beaucoup de choses.

Doug Ford, entouré de micros, sourit aux journalistes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chef conservateur ontarien, Doug Ford.

Photo : CBC/Patrick Morrell

Doug Ford et Blaine Higgs ont des engagements qui se ressemblent. Ils sont contre la tarification du carbone et pour un État plus petit, moins interventionniste.

C'est le rejet de cette élite gouvernante qui ne sait pas assainir les dépenses publiques, qui fait payer sur le dos des contribuables. Il se place un peu en porte-à-faux en disant : "Nous savons ce dont monsieur et madame Tout-le-monde a besoin, c'est-à-dire baisser les taxes, voir aux priorités, s'occuper du système de santé", estime la politologue Stéphanie Chouinard.

Blaine Higgs lors d'une visite au City Market de Saint-Jean.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Blaine Higgs lors d'une visite au City Market de St-Jean.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Blaine Higgs est un ancien cadre d'Irving Oil et ancien ministre des Finances. Il fait donc aussi partie de l'élite qu'il critique.

M. Ford était un candidat non traditionnel, parachuté dans la politique provinciale à quelques semaines du début de la campagne électorale, et donc, d'avoir une plateforme un peu moins élaborée, ça passait un peu mieux. M. Higgs, en contrepartie, est un vétéran de la politique provinciale, il connaît très bien Fredericton et les enjeux. Alors, d'avoir un candidat comme lui, d'avoir une plateforme moins élaborée, ça semble un peu plus louche que M. Ford, affirme Stéphanie Chouinard.

Les francophones doivent faire attention

Blaine Higgs est unilingue anglophone, ancien membre du parti antibilinguisme Confederation of Regions (CoR).

Stéphanie Chouinard est professeur adjointe au Département de sciences politiques du Collège militaire royal du Canada.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Stéphanie Chouinard est professeur adjointe au département de Science politique du Collège militaire royal du Canada.

Photo : Radio-Canada

Stéphanie Chouinard estime que les francophones doivent craindre des compressions budgétaires.

Souvent, lorsqu'on parle de compressions, et on sait que lorsqu'on parle de dépenses publiques, c'est difficile au Nouveau-Brunswick. Dans les faits, c'est souvent la population minoritaire qui paie en premier pour ces coupures-là, parce qu'on ne croit pas que c'est indispensable.

Blaine Higgs soutient de son côté qu'il veut aujourd'hui promouvoir la culture, mais aussi les bénéfices de cette expertise du bilinguisme que nous avons bâtie. Il dit ne pas vouloir toucher à la dualité linguistique avec les écoles séparées, les hôpitaux séparés. Il est cependant contre ce qu'il considère comme du dédoublement des services en santé.

Si nous voulons un meilleur système de santé, nous ne pouvons pas dédoubler les services, nous devons partager les services. Je ne crois pas en la duplication de nos services en santé. Nous avons l'obligation de fournir le service dans les deux langues officielles dans les hôpitaux.

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