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Idlib se prépare à l'offensive du régime syrien

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Des enfants dans le camp de réfugiés de Kelbit, province d'Idlib.

Photo : Reuters / Osman Orsal

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Craignant un assaut du régime de Bachar Al-Assad – qui masse des troupes aux abords de la province d'Idlib depuis plusieurs semaines – des centaines de civils fuient la province afin de se réfugier plus au nord, à la frontière de la Turquie, selon une ONG.

Ceux qui restent stockent des vivres et creusent des abris en prévision de l’attaque annoncée.

Ultime grand bastion des insurgés en Syrie, la province d’Idlib abrite environ 3 millions de personnes, dont 700 000 à 800 000 réfugiés.

Ces habitants quittent des villages du sud-est d’Idlib pour se diriger vers le nord de la province voisine d’Alep, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

« Ils se dirigent vers l'ouest de la province d'Alep et vers la région d'Afrine », tout près de la frontière turque, a précisé le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, à l’AFP. Environ un millier de personnes ont ainsi pris le chemin de l’exil.

Des tirs d’artillerie du régime syrien ont touché le sud-est d’Idlib jeudi matin, semblant donner raison aux personnes qui ont choisi de fuir la région. Les tirs ont fait six blessés.

L’ONU craint une catastrophe pour l'humanité – même pour un pays ravagé par la guerre qui a fait 350 000 morts depuis 2011 – en cas d’offensive syrienne.

L’ONU estime qu’une telle offensive pourrait lancer 800 000 réfugiés de plus sur les routes de l’exil. « C'est vers la Turquie que ces gens fuiraient en cas de désastre », a prévenu le président du pays voisin Recep Tayyip Erdogan.

L'envoyé spécial de l'ONU, Staffan de Mistura, qui estime qu’un assaut pourrait être donné « autour du 10 septembre », a appelé le régime d’Al-Assad à éviter « un bain de sang ».

L'espoir de la diplomatie

Les civils placent leurs derniers espoirs dans le sommet de Téhéran qui réunira les présidents russe, turc et iranien, qui s’ouvrira vendredi. Les citoyens espèrent ainsi éviter l’assaut qui se prépare depuis des semaines.

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Frappes punitives ou non, la Syrie et la Russie ont repris la Ghouta orientale des mains des rebelles.

Photo : Reuters / Sputnik

Alors que Russes et Iraniens, qui appuient le régime de Bachar Al-Assad, insistent sur la nécessité de « liquider ce nid de terroristes », le président turc, qui craint un nouvel afflux de réfugiés dans son pays, met en garde la communauté internationale contre un « massacre » et une « catastrophe naturelle ».

Russes et Iraniens ciblent ainsi les djihadistes qui se sont mêlés aux réfugiés et aux rebelles d’Idlib.

La principale force combattante de la province d’Idlib est Tahrir al-Cham, un groupe djihadiste dominée par l’ancienne branche d’Al-Qaïda, le front Al-Nosra. Alors que l’ONU estime à 10 000 le nombre de ces combattants, le général américain Joseph Dunford les chiffre plutôt entre 20 000 et 30 000 hommes.

Le spectre de l’attaque chimique

Plus encore qu’une offensive, les civils d’Idlib craignent des attaques chimiques des forces du régime syrien. Ils confectionnent des masques à gaz de fortune avec des gobelets qu’ils remplissent de coton et de charbon de bois.

« Nous nous préparons du mieux que nous pouvons. Nous faisons de petits masques à gaz, évidemment bien primitifs, pour nos enfants en cas d'attaque chimique », explique Houdhaïfa Al-Chahad, un homme de 20 ans qui vit dans un village au sud de la ville d'Idlib avec sa femme enceinte, trois enfants et une quinzaine d'autres personnes.

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Plusieurs centaines de personnes ont été blessées des suites d'une présumée attaque chimique contre la ville de Douma, dans la Ghouta orientale.

Photo : Reuters

Son frère, Ahmed Abdoulkarim Al-Chahad, 35 ans, montre l'abri creusé dans le jardin planté de vigne, qui pendant les alertes sert de refuge à la famille depuis 2012. « Les préparatifs militaires battent leur plein. Les civils, eux, préparent les abris souterrains », dit-il en montrant des bocaux de légumes marinés alignés le long des parois de l'abri.

« Partir vers la frontière turque? Je ne crois pas que nous abandonnerons nos maisons », poursuit-il.

« Après Idlib, pour nous, il n'y a plus rien... Nous nous battrons jusqu'au dernier. »

— Une citation de  Un citoyen de la province d'Idlib

La ligne rouge

Les États-Unis et la France ont prévenu le régime syrien qu’ils réagiraient en cas d’attaque chimique.

L’armée française se dit prête à frapper de nouveau la Syrie dans cette éventualité, selon le général François Lecointre. Ce dernier estime par ailleurs que le « califat physique » du groupe armé État islamique (EI) en Irak et en Syrie devrait être anéanti « avant la fin de l’année, sans doute avant la fin de l’automne ».

La France, le Royaume-Uni et les États-Unis ont mené des frappes aériennes contre des installations militaires en Syrie en avril dernier à la suite d’une attaque chimique, imputée au régime syrien, contre la ville rebelle de Douma.

De leur côté, les Russes croient que les rebelles se préparent à monter une attaque chimique pour ensuite en accuser le régime syrien afin de provoquer une intervention américaine.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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