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Une annonce de la CAQ chez un producteur bio... sans plan spécifique pour le bio

Le chef de la Coalition avenir Québec en conférence de presse mercredi pour annoncer la mise en place d'une politique d'achat local.

Le chef de la Coalition avenir Québec en conférence de presse mercredi pour annoncer la mise en place d'une politique d'achat local

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Radio-Canada

François Legault visitait mercredi l'un des plus importants producteurs de légumes biologiques en Amérique du Nord, Les Serres Lefort. Le chef de la Coalition avenir Québec a promis des mesures de 8 millions de dollars pour les maraîchers québécois... sans toutefois répondre aux besoins de ses hôtes, qui souhaitent de l'aide pour le créneau toujours risqué du bio.

Un texte de Julie Marceau (Nouvelle fenêtre)

La visite médiatique de la CAQ avait été soigneusement planifiée dans cette entreprise familiale de production de légumes biologiques située à Sainte-Clotilde-de-Chateauguay, dans la circonscription de Huntingdon, en Montérégie.

Le chef de la CAQ a annoncé que son parti s’engage à mettre en place une politique d'achat local obligeant notamment tous les organismes gouvernementaux à acheter un minimum de produits cultivés au Québec. « L'État québécois doit donner l'exemple », a déclaré François Legault.

Cependant, l’annonce ne comprenait aucune mesure spécifique pour l’agriculture biologique.

Tout au plus, le chef caquiste a reconnu de « bons points » dans la politique bioalimentaire dévoilée ce printemps par le gouvernement libéral sortant, qui prévoit des investissements de 5 milliards de dollars sur cinq ans.

Il visitait pourtant une entreprise qui a connu un été difficile.

En mai, des vents violents ont ravagé une partie de la production des Serres Lefort, entraînant des pertes de centaines de milliers de dollars. C'était du jamais vu dans le secteur en 25 ans, selon les maraîchers.

Puis, en juillet, la chaleur est venue jouer les trouble-fêtes. « Le mois de juillet a vraiment fait mal. On a perdu une partie de la production, les plants étaient malades, mais il fallait payer les employés. Ç'a été très difficile », raconte la vice-présidente et chef de culture chez Les Serres Lefort, Marie-Josée Lebire.

François Legault se fait prendre en photo avec les dirigeants de l'entreprise agricole familiale Les Serres Lefort  dans la circonscription de Huntingdon.

François Legault se fait prendre en photo avec les dirigeants de l'entreprise agricole familiale Les Serres Lefort dans la circonscription de Huntingdon.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Le bio, un créneau encore risqué

« On a beaucoup investi dans le bio jusqu’à maintenant. L’aide qu’on a eue, ce n’est pas beaucoup », confie Mme Lebire.

« L’Agri-stabilité [un programme fédéral-provincial de gestion des risques], ça nous aide quand on a des pertes dans une année, mais ce n’est pas suffisant », explique la gestionnaire.

Marie-Josée Lebire déplore notamment que les programmes d’assurance ne fassent pas la part des choses entre les productions biologique et traditionnelle. « C’est sûr qu’on vend plus cher que le traditionnel, mais on a bien plus de pertes, donc il faut se battre pour y arriver », souligne-t-elle.

Un étalage de pommes biologiques au supermarché Metro de Rimouski

Aujourd'hui, toutes les grandes chaînes d'alimentation offrent des produits biologiques.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Le virage bio chez Les Serres Lefort

Tout a commencé en 2012, lorsque Julie Lefort (fille du fondateur et président de l’entreprise, Sylvain Lefort) est tombée enceinte.

« On me disait : tu ne peux pas aller dans cette serre-là, il y a eu une application [de pesticides]. Tu ne peux pas aller là-bas, parce qu’il y a du chlore. Je me disais : ben voyons donc, je suis juste enceinte et je ne peux pas aller dans mes propres serres! » explique celle qui est aujourd'hui vice-présidente innovation et développement au sein de l'entreprise.

« On s’est dit : comment on peut faire, nous, pour améliorer ça? La meilleure chose qu’on pouvait faire, c’était de produire bio. Et le bio, c’est devenu notre créneau », relate la jeune Québécoise qui figure au palmarès 2017 Women in Produce de l’hebdomadaire américain The Packer.

Les légumes bio, pas le même goût

« On sait ce qu’on applique sur nos légumes. Le bio, c’est le goût. Les nutriments qu’il y a dans le bio, ce ne sont pas les mêmes que ceux que les autres utilisent », assure Marie-Josée Lebire.

« Je vais vous donner un poivron rouge traditionnel et un bio. Vous allez voir la différence entre les deux. Si vous fermez les yeux, vous allez choisir le bio! » assure-t-elle.

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