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  • Archives
  • Il y a 45 ans, Augusto Pinochet plonge le Chili dans la dictature

    Quatre soldats chiliens patrouillent sur un blindé circulant dans une rue de Santiago du Chili.
    Le 11 septembre 1973, les militaires prennent le pouvoir au Chili. Photo: Radio-Canada

    Les Américains ne sont pas les seuls à avoir marqué le 11 septembre d'une pierre noire. Ce jour-là, en 1973, le Chili, bastion démocratique en Amérique latine, sombrait dans une dictature dirigée par le général Augusto Pinochet. Nos archives conservent le souvenir de cet événement et de son dénouement.

    Un gouvernement qui se fait beaucoup d’ennemis

    En septembre 1973, la tension politique et sociale est palpable au Chili. Depuis presque trois ans, une coalition de partis de gauche, menée par le socialiste Salvador Allende, dirige le pays à la suite d’une victoire électorale.

    Le gouvernement de l’Unité populaire a fait adopter un ensemble de réformes qui remettent en question le pouvoir des élites chiliennes.

    Le changement vise notamment le démantèlement de la mainmise externe sur l’économie chilienne. Salvador Allende s'attaque à peu près à tous les fronts.

    Il nationalise les ressources naturelles et exproprie les compagnies étrangères. Il corrige les lois du travail et élargit l’accès à l’éducation. Il impose une réforme agraire qui distribue des terres aux paysans.

    En agissant ainsi, le président Allende se fait des ennemis jurés, à l’intérieur comme à l’extérieur du Chili.

    Abandon des principes démocratique

    Peu à peu, les secteurs privilégiés de la population chilienne se braquent contre le gouvernement Allende.

    Leur opposition devient si intense qu’ils en viennent à renier le principe même de la démocratie. Plusieurs souhaitent même ouvertement que les militaires osent un coup d’État.

    À l’étranger l’administration américaine du président Richard Nixon veut aussi déloger le gouvernement de l’Unité populaire. Aux nationalisations et aux expropriations, les États-Unis répliquent par un blocus économique qui paralyse le Chili.

    Pendant plusieurs mois, l’Armée, qui demeure fidèle au principe démocratique, refuse d’intervenir.

    Mais en août 1973, l’arrivée d’un nouveau Commandant en chef des Forces armées change la donne. Le général Augusto Pinochet ordonne quelques semaines après sa nomination la liquidation du gouvernement Allende et de ses réformes.

    Le coup d’État se produit le 11 septembre 1973.

    Un brutal retour en arrière

    Ce jour-là, tout d’abord, j’ai été réveillé par les coups de feu. Il faut vous dire que mon appartement était en face de La Moneda [le palais présidentiel].

    Michel Gauthier, journaliste

    Le centre-ville était bouclé. Les militaires étaient là et c’est jusque-là que j’ai pu me rendre, à l’entrée du centre-ville. Et là, ce n’était plus possible. C’était déchaîné.

    Claude Lortie, réalisateur

    La journaliste Raphaèle Tschoumy retrouve en 2003, des témoins du coup d'État qui vivent au Québec. Michel Gauthier et Claude Lortie sont présents à Santiago, la capitale du Chili, lors de l’intervention militaire.

    Le reportage de Raphaèle Tschoumy est présenté au Téléjournal/Le Point du 11 septembre 2003. Ses témoins constatent que le coup d’État est d’une grande brutalité.

    Ce n’est qu’un début. Les premiers mois du régime Pinochet se caractérisent par une répression féroce contre les partisans de l’ancien gouvernement.

    En 17 ans de dictature militaire, plus de 3000 personnes disparaissent dans les prisons et les fosses communes.

    C’est sans compter les opposants torturés et les enfants enlevés. Plus de 200 000 Chiliens doivent fuir le Chili. C’est l’équivalent de 2% de la population du pays en 1973.

    Plusieurs de ces exilés trouveront refuge au Canada.

    Le dictateur vaincu

    Le 5 octobre 1988, le Chili et le monde retiennent leur souffle. Le général Pinochet a ordonné la tenue d’un référendum pour l’autoriser à demeurer au pouvoir jusqu’en 1997. Il compte sur le fait que l’opposition à son régime est divisée pour gagner la consultation.

    À la grande surprise d'Augusto Pinochet, l’opposition s’unit et bat sa proposition. Pinochet et les militaires sont obligés de restaurer la démocratie.

    C’est cet événement que nous relate l’animateur Bernard Derome au Téléjournal du 6 octobre 1988. On y entend à la suite des propos de Bernard Derome un extrait du discours de défaite du dictateur.

    Ce qui frappe dans ses propos, c'est qu'il félicite les Chiliens pour avoir exercé leur droit de vote avec beaucoup de civisme.

    Ce qui fait mal, c’est qu’il est mort de mort naturelle et dans l’impunité

    Une citoyenne chilienne réagissant au décès d’Augusto Pinochet

    Jusqu’à sa mort, Augusto Pinochet demeure un personnage incontournable de la politique chilienne.

    C’est ce que nous raconte le journaliste Jean-Michel Leprince qui a présenté à son décès une brève biographie du dictateur au Téléjournal midi du 11 décembre 2006.

    Au fil du temps, le vieux dictateur a perdu des appuis. Les Chiliens qui le soutenaient sont devenus plus tièdes quand ils ont su qu’il s’était enrichi illégalement. Puis, il y a ces centaines de cadavres et de persécutés qu’il a laissés sur son passage.

    Beaucoup de Chiliens, au Chili, comme à l’étranger, ne l’ont pas pleuré quand le vieux général a finalement rendu les armes.

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