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Une course contre la montre pour réparer le chemin de fer de Churchill

Les docks et les silos à grain du port de Churchill.

Des rails menant au port de Churchill

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'une des entreprises chargées de réparer la voie ferrée qui relie Churchill au reste du Manitoba affirme que les réparations peuvent être terminées en 60 jours. Les travaux commencent officiellement le 8 septembre, mais des ingénieurs sont déjà sur les lieux pour évaluer les dégâts.

« On se mobilise depuis vendredi », lance Marc Breault, le président de Paradox Access Solutions, une entreprise d’Edmonton embauchée pour réparer le chemin de fer.

M. Breault espère que son équipe sera en mesure de terminer le travail avant l’arrivée de l’hiver, laquelle compliquerait sérieusement les réparations.

« C’est tout à fait faisable. Le seul défi, c’est le temps. Il est tard dans la saison et le temps pourrait freiner l'ouvrage, tout dépendant de combien on s’enfonce dans le mois d’octobre. On examine tous les angles pour attaquer ça aussi agressivement que possible », dit-il.

« Notre but, c’est de remettre les rails en état d’usage pour que les communautés isolées puissent de nouveau vivre une vie normale, sans s’inquiéter des prix très élevés de la nourriture ou d’autres produits », poursuit-il.

Une communauté dans l’impasse

Au printemps 2017, des inondations ont endommagé la voie ferrée reliant la communauté sur la baie d’Hudson à d’autres communautés du nord de la province. Depuis, la société américaine propriétaire du chemin de fer et du port, OmniTRAX, a refusé de réparer la voie ferrée en raison des coûts, qu'elle juge trop élevés.

Les prix de la nourriture et de l’essence dans la communauté ont flambé, et l’industrie du tourisme a souffert.

La communauté, située à 1000 km au nord de Winnipeg, sort enfin de l’impasse. Après maintes ententes avortées, le consortium Arctic Gateway Group Limited Partnership a fait l’acquisition de tous les biens d’OmniTRAX du nord du Manitoba à la fin août.

Le défi du logement

La plupart des ouvriers qui répareront la voie ferrée sont Manitobains, mais une équipe de huit spécialistes d’Edmonton se joindront à eux. Trouver des logements pour les quelque 40 travailleurs est un défi, selon Marc Breault. Pour l’instant, les ouvriers essaient de bâtir un campement et de le rendre plus facile d’accès.

« En 8 jours, on a créé 40 km de routes d’accès temporaires », indique-t-il, « On est le genre de travailleurs auxquels on ne pense jamais. On crée l’accès [au chemin de fer] pour tous les gens, pour qu’ils puissent faire leur travail. »

L'entreprise de Marc Breault stabilisera la terre sous le chemin de fer. Une autre entreprise s’occupera de la réparation des rails.

Un camion-benne verse de la terre sur une structure ressemblant à un rayon de miel.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La technologie Tough Cell a été inventée dans les années 1970 par des ingénieurs de l’armée américaine.

Photo : Paradox Access Solutions

Une première au pays

Paradox Access Solutions se spécialise dans la stabilisation des terrains et la construction de routes d’accès pour les lieux isolés. L’entreprise a participé à l’installation de plusieurs chantiers de construction de pipelines, d’exploitations de pétrole et de gaz naturel, et de routes à travers le Canada. Elle a été l’une de premières entreprises à offrir son aide lors des feux de forêt de Fort McMurray, en 2016.

À Churchill, elle fera usage de la technologie Tough Cell, inventée dans les années 1970 par des ingénieurs de l’armée américaine pour consolider des routes non pavées afin qu’elles puissent soutenir le poids de véhicules militaires.

« C’est une technologie de pointe qui n’a jamais vraiment été utilisée au Canada », affirme M. Breault.

Le chemin de fer devra être modernisé l’an prochain, indique-t-il, mais pour l’instant, il s’agit de réparer la voie ferrée afin que les habitants de Churchill et des environs puissent revenir à une vie normale.

Avec les informations de Caroline Barghout

Manitoba

Transports