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Les syndiqués de TVA prêts à la grève illimitée à compter du 22 septembre

Quelques dizaines de syndiqués devant les bureaux montréalais de TVA, le 5 septembre 2018.
Des syndiqués ont manifesté devant les locaux de TVA pour dénoncer la lenteur des négociations sur le renouvellement de leur convention collective. Photo: Radio-Canada / Bernard Barbeau
La Presse canadienne

Plus d'une centaine de syndiqués de TVA ont manifesté durant leur heure de lunch, mercredi, pour dénoncer la lenteur des négociations quant au renouvellement de leur convention collective. Et ils se disent prêts à déclencher une grève générale illimitée dès le 22 septembre, en pleine campagne électorale.

Devant les bureaux du télédiffuseur, dans l’est de Montréal, le message inscrit sur les deux camions stationnés près des manifestants était clair : « Les négociations piétinent avec TVA. Pas d’entente, pas de soirée électorale! »

Les travailleurs, membres du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ, menacent d’utiliser le mandat de grève dont ils se sont déjà dotés, à 86,5 %, et ce, à compter du 22 septembre.

« La décision reste à prendre au niveau du comité de négo pour la stratégie sur le plan de la grève, mais il y a de fortes chances que ce soit une grève illimitée », a confié Réal Leboeuf, conseiller syndical au SCFP, en entrevue sur place avec La Presse canadienne.

« Effectivement, il n’y aura pas de soirée électorale à TVA si on part, parce que tous les journalistes sont représentés par nous également, ainsi que les employés de bureau, les techniciens, les réalisateurs. Donc, l’ensemble de la bâtisse serait vide », s’est exclamé M. Leboeuf.

La direction déterminée

La direction de TVA a assuré du contraire et s’est dite déterminée à diffuser la soirée électorale, quoi qu’il advienne.

« Sans surprise, il s’agit d’un moyen de pression de la part du syndicat. Quoi qu’il arrive, la direction de TVA tient à confirmer qu’elle a tout mis en place pour assurer la diffusion de la soirée électorale, ainsi que sa programmation d’automne », a-t-elle répliqué, par voie de communiqué.

De son côté, la haute direction québécoise du SCFP, qui s’était rendue devant TVA, s’est adressée aux manifestants.

« Il y a un sentiment d’appartenance que la direction de TVA devrait choyer. Vous avez fait la force de TVA au cours des dernières décennies », a lancé le directeur québécois du SCFP, Marc Ranger, avant d’être interrompu par les applaudissements, les cris et les klaxons.

Points en litige

Les points en litige ne sont pas les salaires, mais les abolitions de postes et ce que le syndicat appelle la sous-traitance vers les filiales de Québecor et de TVA, comme les studios Mel’s.

Quant aux négociations proprement dites, « c’est carrément bloqué », rapporte M. Leboeuf. Les parties se sont encore rencontrées en conciliation mardi, mais aucune autre date de négociation n’est prévue, a-t-il ajouté.

La direction assure encore une fois du contraire. « Le syndicat fait de la désinformation à l’effet que des tâches des employés de TVA seraient transférées vers des employés d’autres filiales de Québecor. Des dispositions prévues à la convention collective encadrent et protègent les employés contre la sous-traitance, y compris si le sous-traitant est une filiale de Québecor ou de Groupe TVA », a affirmé la direction de TVA.

Elle nie aussi les affirmations syndicales quant aux abolitions de postes. « Seulement quatre mises à pied ont été enregistrées parmi les postes syndiqués au cours des 10 dernières années et aucune en lien avec la sous-traitance. Le Groupe a d’ailleurs pourvu plus de 150 postes permanents depuis la signature de la dernière convention en 2014 », fait-elle valoir.

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