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Parti québécois : Guy Leclair se retire de la course dans Beauharnois

Guy Leclair en entrevue, assis à un bureau.
Guy Leclair devra comparaître le 21 septembre prochain à Salaberry-de-Valleyfield pour faire face à des accusations de conduite avec facultés affaiblies et de refus d'obtempérer à un ordre d'un agent de la paix. Photo: Radio-Canada

Le candidat du Parti québécois (PQ) dans Beauharnois, Guy Leclair, accusé de conduite avec facultés affaiblies et de refus d'obtempérer à un ordre d'un agent de la paix, a annoncé mercredi soir qu'il retirait sa candidature en vue des élections du 1er octobre prochain.

Un texte de Marc-Antoine Ménard et Ximena Sampson

« J’ai pris la décision de retirer ma candidature [...] Je le fais avec regret, car être député de Beauharnois depuis 10 ans fut le plus beau défi professionnel que la vie m’ait accordé », a-t-il déclaré.

Je suis confiant que la justice m’innocentera de l’accusation portée contre moi.

Guy Leclair, candidat péquiste

Le candidat dans Beauharnois a remercié le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, qui a « défendu [son] droit de citoyen à la présomption d’innocence ».

M. Leclair estime que l’élection du PQ est trop importante pour que son cas vienne « détourner l’attention » des propositions « généreuses et pragmatiques » du parti.

À dix jours de la date butoir pour poser sa candidature, M. Leclair a ajouté qu'il aidera à trouver un remplaçant pour représenter le parti dans la circonscription de Beauharnois.

En réaction à la déclaration du député sortant, Jean-François Lisée a indiqué qu’il n’avait « pas du tout » mis de pression sur son candidat pour qu’il se retire.

Guy Leclair l’a appelé en soirée, mercredi, pour lui dire qu’il ne souhaitait pas continuer dans ces circonstances. « Il m’a remercié de l’avoir défendu », a-t-il ajouté.

Plus tôt dans la journée, le chef péquiste avait fait savoir que Guy Leclair serait exclu temporairement du caucus s'il était réélu.

« Je suis contre l’idée d’utiliser la peine capitale », soit de demander le retrait pur et simple du candidat et d'interrompre sa carrière, avait-il expliqué en point de presse, en marge d'une visite du chantier maritime Davie, à Lévis.

S'il venait à l'emporter dans Beauharnois, M. Leclair devrait régler sa situation avant de réintégrer le caucus, avait affirmé le chef péquiste.

« Je me range toujours derrière la présomption d’innocence. [...] Pour l’instant, il n’y a pas de culpabilité avérée, a-t-il ajouté. Nous avons deux versions contradictoires. »

Leclair clame son innocence

Accusé d'avoir refusé de subir un alcootest à la demande d'un policier, Guy Leclair soutient au contraire avoir obtempéré, deux fois plutôt qu'une, lorsqu'il a été interpellé au volant de sa voiture dans le stationnement d'un restaurant McDonald's de Salaberry-de-Valleyfield, le 13 juillet dernier. Son permis de conduire a alors été suspendu pour 90 jours.

« Eux autres me disaient : "Soufflez plus fort, soufflez". J’ai soufflé comme on me l’avait demandé », a-t-il répété lorsque Radio-Canada l'a rencontré à son bureau de circonscription, mercredi. « Ce que je dis, des faits qui sont sortis, ce qui n’était pas véridique, c’est de dire que j’ai refusé de souffler, alors que ce n’est pas le cas. »

« Est-ce que vous suggérez qu’on suspende le processus judiciaire avant que le juge n’ait eu à se prononcer? », a demandé de son côté Jean-François Lisée aux journalistes. « Je n’accepte pas que la pression politique d’un cycle de nouvelles enlève des droits à un citoyen, quel qu’il soit », a-t-il insisté.

Guy Leclair, 50 ans, devra comparaître le 21 septembre prochain au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield. Il clame son innocence et a déjà indiqué son intention de plaider non coupable.

« Je laisserai aux bons soins [des électeurs] de décider sur leur bulletin de vote s’ils me redonnent leur confiance ou non, et je vais vivre avec les conséquences », avait affirmé Guy Leclair avant de se retirer de la course dans Beauharnois.

Un manque de transparence?

Interrogé en matinée sur un possible manque de transparence de sa part, M. Lisée a reconnu avoir été mis au courant de l’interpellation de son candidat le 24 août, mais il a soutenu qu’il ne croyait pas être obligé de rendre l’information publique, puisqu’il n’y avait pas eu, à ce moment, d’accusations déposées.

Pour moi, le déclencheur de la transparence, ce n’est pas si un député a un ticket [...], c’est si un député a une accusation ou s’il y a une discussion publique sur le comportement d’un député.

Jean-François Lisée, chef du Parti québécois

Guy Leclair avait été condamné pour conduite avec facultés affaiblies en 2013. Entre 2003 et 2018, il a commis 11 autres infractions en matière de conduite automobile et de stationnement.

À un journaliste qui l’interrogeait sur un possible manque de jugement dans la mesure où il n’a pas immédiatement demandé à son candidat de se retirer, même si ce n’est pas la première fois qu’il a des démêlés avec la justice, M. Lisée a répondu que la présomption d’innocence devait primer sur les considérations politiques.

« On est dans une campagne électorale où la pression est extrêmement forte pour dire : vous devriez jeter votre député parce qu’il trouble la campagne, vous ne devriez pas penser à la présomption d’innocence, vous ne devriez pas penser que ça va se régler en cour, vous devriez être vous-même juge. Vous ne le feriez pas en temps normal, mais parce que c’est une campagne électorale, vous devriez avoir des standards de justice plus faibles, parce que la raison politique devrait vous pousser à ne plus croire aux principes de justice. Moi, je n’embarque pas là-dedans. »

M. Lisée soutient que ce cas n’est pas comparable à celui du candidat caquiste Éric Caire, cas dont le chef péquiste a profité la semaine dernière pour attaquer François Legault, puisque M. Caire a admis qu’il s’était placé en situation de conflit d’intérêts.

Dans le cas de Stéphane Laroche, candidat de la CAQ dans la circonscription de Saint-Jean qui a été forcé de retirer sa candidature, le chef de la CAQ a bien agi, soutient M. Lisée, puisque « les infractions sont avérées ».

Mercredi matin, les questions sur Guy Leclair ont complètement éclipsé l'annonce du PQ sur les mesures pour les aînés.

Avec la collaboration de Jean-Philippe Robillard

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