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Accident de Saint-Bruno : aucun des deux avions n'était à la bonne altitude

La carcasse du Cessna qui s'est écrasé dans le stationnement des Promenades Saint-Bruno.

La carcasse du Cessna qui s'est écrasé dans le stationnement des Promenades Saint-Bruno.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Radio-Canada

L'un des pilotes volait trop haut et l'autre trop bas : la combinaison de ces deux erreurs a provoqué l'accident aérien qui a fait un mort et trois blessés à Saint-Bruno-de-Montarville, le 17 mars 2017.

Un texte de Yanick Cyr

Le rapport de l’enquête du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST), publié mercredi matin, conclut que les deux appareils, pilotés par un élève et un pilote à l'entraînement dont la langue maternelle n’était ni le français ni l’anglais, se sont percutés à une altitude où aucun des deux avions ne devait se trouver.

Les deux aviateurs, qui pilotaient tous deux des Cessna 152, « effectuaient des vols en solo selon les règles de vol à vue dans un espace aérien contrôlé », selon le rapport du BST. Ils ont tous deux « dévié des restrictions d’altitude transmises par le contrôle de la circulation aérienne juste avant d’entrer en collision », explique le rapport.

Le premier pilote, âgé de 23 ans, terminait un vol d’entraînement au cours d’une formation en aviation commerciale et il rentrait à l’aéroport de Saint-Hubert. Quant au second, âgé de 21 ans, il amorçait un vol d’entraînement et il venait de décoller du même aéroport.

Distrait par un problème de télécommunications, le premier pilote est descendu 100 pieds sous le seuil des 1600 pieds qui lui avait été fixé par le contrôle aérien. Quant à l’autre, il est monté pour des raisons inconnues de 400 pieds au-dessus du plafond de vol prévu à 1100 pieds d’altitude.

Leur destin s’est malheureusement croisé, à 12 h 38, à 1500 pieds d’altitude au-dessus du centre commercial Promenades St-Bruno.

Le premier appareil s’est écrasé sur le toit du centre commercial et son pilote a été gravement blessé, mais il a survécu à l’accident.

L’autre pilote a eu moins de chance. Son appareil s’est écrasé dans le stationnement des Promenades St-Bruno. L’élève-pilote est mort des suites de ses blessures.

Le fait qu’un des pilotes ait monté de 400 pieds, celui-là on ne peut pas l’expliquer.

Isabelle Langevin, enquêteuse du BST, en entrevue à ICI RDI

« Voir et éviter » l'achalandage

La multitude et la diversité des activités menées à l’aéroport de Saint-Hubert accroissent la complexité du contrôle de la circulation aérienne, selon le BST. Ce dernier estime que les divers niveaux de compétences en vol et linguistiques des pilotes provenant des quatre écoles de pilotage de la région complexifient aussi le travail des contrôleurs.

« On dénote un certain risque dû au fait du type de trafic que l’on gère à l’Aéroport de Saint-Hubert, a indiqué Mme Langevin. On a plusieurs écoles de pilotages, on a du trafic aérien commercial, on a du militaire, on parle anglais et français. Donc, ça augmente la complexité du trafic et le travail des contrôleurs. »

Mme Langevin tient à rappeler aux pilotes de « l’importance du voir et éviter ». « C’est vraiment l’ultime moyen de dire : "J’ai un trafic, je l’évite." »

Les tests de compétences linguistiques pour l’aviation (TCLA) ont démontré que le niveau de maîtrise de l’anglais des deux pilotes était « conforme au niveau fonctionnel minimal de compétences acceptables reconnu à l’international pour les communications aéronautiques », explique le BST.

L’organisme gouvernemental souligne toutefois qu’il est impossible de déterminer « si, et dans quelle mesure, les examinateurs désignés gèrent le TCLA de manière à en assurer la validité, la fiabilité et la normalisation à l’échelle nationale ».

Le BST souligne que la surveillance du TCLA « se limite à des vérifications administratives ».

À la suite de l’accident, Transports Canada a émis une alerte à la sécurité de l’Aviation civile recommandant aux unités de formation au pilotage de s’assurer que les élèves-pilotes maîtrisent l’anglais – à un niveau fonctionnel selon les normes de délivrance des brevets – avant de se lancer à la conquête du ciel.

Grand Montréal

Accidents et catastrophes