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Les étudiants étrangers gravement malades pourraient être forcés de quitter le Manitoba

Des étudiants marchent près d'une université en automne.

Le ministre de l’Éducation du Manitoba, Kelvin Goertzen, affirme que le Manitoba a un coût de la vie avantageux, et des droits de scolarité parmi les plus bas en dehors des provinces maritimes. Aussi le Manitoba n’a-t-il pas besoin d’incitatifs supplémentaires pour attirer les étudiants étrangers, dit-il.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les étudiants étrangers ont perdu leur assurance maladie de la province, le 1er septembre 2018. Dorénavant, sous peine de perdre l'entièreté de leur assurance maladie, les étudiants étrangers gravement malades ou en phase terminale pourraient devoir rentrer dans leur pays d'origine.

Cette politique nommée retour au pays d’origine est commune dans les régimes d’assurance maladie privés, indique Alexander Golovko, le gérant de programmes de Studentcare, un administrateur de régimes d'assurance de l’Université de Winnipeg et de l’Université du Manitoba.

Le retour au pays d’origine est en effet la pratique universelle pour tous types de régimes d’assurance privée à travers le Canada.

Une citation de : Alexander Golovko, gérant de programmes de Studentcare

Le gouvernement de Brian Pallister a aboli l'assurance maladie pour les étudiants étrangers au Manitoba, en mars.

L'abolition de l'assurance maladie pour les étudiants étrangers pourrait faire économiser 3,1 millions de dollars, selon le gouvernement provincial.

Ce programme d'assurance avait été mis en place par l'ancien gouvernement NPD en 2012. La province souhaite maintenant revenir à un système dans lequel les étudiants étrangers paient eux-mêmes leurs soins de santé.

Une règle « très sévère »

L’Université de Winnipeg et l’Université du Manitoba ont décidé de payer l’assurance maladie des étudiants étrangers en 2018-2019, mais en septembre prochain, ces derniers devront payer leur propre assurance maladie.

Le président de la division manitobaine de la Fédération canadienne des étudiants, Deje Ojewole, trouve les nouvelles règles « inhumaines ». Il est lui-même un ancien étudiant étranger du Nigéria.

C’est une politique « très sévère », affirme l’homme de 25 ans. « La santé, c’est un droit. »

« Les étudiants étrangers paient des taxes comme les étudiants canadiens. Les étudiants étrangers contribuent à l’économie de la province. Il n’y a pas de raison de ne pas leur offrir les mêmes droits ou les mêmes soins de santé », poursuit-il.

Des primes de 600 $ à 730 $ par année

L’Université de Winnipeg et l’Université du Manitoba ont négocié des ententes avec l’assureur Manitoba Blue Cross. Les étudiants étrangers paieront environ 600 $ pour une couverture quasiment identique à celle qui était offerte par la province, sauf la politique de retour au pays d’origine, en cas de maladie grave ou terminale.

Cette année, le Collège Red River paiera les primes de tous les étudiants étrangers de l’année précédente, mais tous les nouveaux étudiants étrangers devront déjà payer leurs primes d’assurance maladie, soit environ 730 $ par année.

À l'Université de Saint-Boniface (USB), ils doivent débourser 974 $ par an pour une couverture médicale. « Notre assurance n'oblige pas l'étudiant à retourner dans le cas où il a une maladie grave, c'est une option pour l'étudiant », précise cependant le directeur général de l’Association étudiante de l’USB, Beydi Traoré. Il ajoute aussi que l’assurance prend en charge les soins jusqu’à concurrence de 300 000 $.

L’Université de Brandon et le Collège communautaire Assiniboine ont, eux, signé des ententes avec l’assureur privé Guard.me. Dans les deux cas, les nouveaux étudiants étrangers, et les étudiants étrangers paieront, dès cette année scolaire, 712 $ en primes.

La police d’assurance de l’Université de Brandon comporte certaines autres limites, dont une limite de 50 000 $ à vie pour les versements pour les soins psychiatriques, et de 25 000 $ pour les complications liées à la grossesse.

Pas un facteur clef pour attirer les étudiants étrangers

Le ministre de l’Éducation du Manitoba, Kelvin Goertzen, affirme que la politique du NPD visait à attirer davantage d’étudiants étrangers.

Il souligne que le Manitoba a un coût de la vie avantageux ainsi que des droits de scolarité parmi les plus bas en dehors des provinces maritimes. Aussi, fait valoir le ministre, le Manitoba n’a-t-il pas besoin d’incitatifs supplémentaires pour attirer les étudiants venant de l’étranger.

« Nous n’avons pas de preuves que l’assurance maladie est un facteur décisif pour les étudiants étrangers qui décident de venir étudier au Manitoba », indique-t-il.

Avec des informations de Laura Glowacki, CBC News

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