•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Londres lance un mandat d'arrêt contre deux Russes dans l'affaire Skripal

Photos de deux suspects.

Alexander Petrov et Ruslan Boshirov sont les deux hommes identifiés par la police britannique dans le dossier de la tentative d'assassinat contre l'ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia.

Photo : Reuters / Handout .

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Londres a annoncé avoir lancé des mandats d'arrêt contre deux ressortissants russes pour l'empoisonnement au Novitchok de l'ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia à Salisbury, au Royaume-Uni. La première ministre britannique soutient qu'ils sont liés au renseignement militaire russe.

Selon la police britannique, les deux individus, identifiés comme étant Alexander Petrov et Ruslan Bochirov, sont désormais recherchés en vertu d’un mandat d’arrêt européen pour conspiration en vue de commettre un meurtre et pour usage et possession de Novitchok, un puissant agent neurotoxique.

Les deux suspects qui voyageaient avec des passeports russes valides, selon la police britannique, sont aussi accusés d’avoir intentionnellement causé de graves blessures à la fille de Sergueï Skripal, Ioulia, ainsi qu’au policier Nick Bailey.

Deux hommes se tiennent debout devant des tourniquets.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des images des deux suspects captées par une caméra de surveillance le 4 mars 2018 à la gare de Salisbury.

Photo : Radio-Canada / Metropolitan police/PA

Le policier avait été empoisonné par des résidus d'une substance neurotoxique après être entré dans le domicile des Skripal, à la suite de la découverte de leurs corps inanimés sur un banc de parc de Salisbury, le 4 mars dernier, près de leur domicile.

Skripal et sa fille, qui était venue de Moscou pour rendre visite à son père, avaient échappé de peu à la mort au terme d’une longue hospitalisation.

L’enquête des autorités britanniques avait révélé qu’ils avaient été empoisonnés au Novitchok, un agent neurotoxique puissant de fabrication russe.

Les suspects liés au renseignement militaire russe

En conférence de presse mercredi, la première ministre britannique, Theresa May, a qualifié de « méprisables et d’écoeurantes » les attaques menées par ces deux individus en sol britannique.

Ne laissant planer aucun doute sur la responsabilité du Kremlin dans ces attaques, Theresa May a affirmé que Alexander Petrov et Ruslan Bochirov agissaient pour le compte du GRU, le renseignement militaire russe.

La chef du gouvernement britannique a ajouté que des traces de Novichok avaient été découvertes dans leur chambre d'hôtel à Londres ainsi que sur la poignée de porte de la résidence des Skripal.

Lors de l'enquête, les experts du laboratoire militaire britannique de Porton Down avaient découvert de fortes concentrations d'agent innervant sur la poignée de la porte d'entrée du domicile de Sergueï Skripal, ce qui constituait selon eux la source de l’empoisonnement de l’ex-espion et de sa fille.

Des agents de la police en combinaisons protectrices jaunes et blanches s'affairent sur la scène de crime.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des agents vêtus de combinaisons protectrices vérifient leur équipement avant de déplacer la tente qui protège le banc où ont été retrouvés Sergueï Skripal et sa fille Ioulia.

Photo : Reuters / Peter Nicholls

Pas d'accusations cependant pour Amesbury

Alexander Petrov et Ruslan Bochirov, dont les noms seraient des pseudonymes, selon la police, n’ont cependant pas été accusés de l’empoisonnement au Novitchok d’un couple britannique survenu le 30 juin, à Amesbury.

L’homme et la femme avaient été gravement empoissonnés après avoir trouvé un vaporisateur de parfum dans un parc, situé près de l’endroit où les Skripal avaient été empoisonnés. La femme, Dawn Sturgess, est morte peu de temps après, tandis que son conjoint, Charlie Rowley, a échappé de peu à la mort.

Rappelons qu'en 2006, l'ex-agent du KGB Alexander Litvinenko a succombé à un empoisonnement au polonium-210 après avoir pris le thé avec deux Russes au Millenium Hotel, à Londres. Il avait succombé trois semaines plus tard à l'hôpital au terme d'intenses souffrances. À l'époque, Londres avait accordé en quelque sorte le bénéfice du doute à Moscou.

Or, les cas d’empoisonnement commis cette année en sol britannique ont cette fois mis le feu aux poudres entre Londres et Moscou.

Le 14 mars, le gouvernement britannique a rétorqué en expulsant 23 diplomates russes de son territoire. Les gouvernements de 28 pays, dont le Canada, les États-Unis et la France, ont aussi expulsé des diplomates en guise de solidarité avec les Britanniques. En tout, 150 diplomates et agents de renseignements russes ont été expulsés lors de cette vague de représailles contre Moscou.

Le président russe Vladimir Poutine n'a cessé depuis le début de rejeter toute responsabilité dans cette affaire et a même accusé le gouvernement britannique d’être à l’origine de ces tentatives d’assassinat.

Moscou crie à la « manipulation d'information »

À Moscou, le gouvernement de Vladimir Poutine a réagi mercredi à l’émission de ces mandats d’arrêt contre deux de ses citoyens en accusant Londres de « manipuler l’information ».

« Une nouvelle fois, nous appelons les Britanniques à cesser les accusations publiques et la manipulation de l'information », a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, citée par l'agence de presse publique TASS.

En conférence de presse à Londres, la première ministre britannique Theresa May a rétorqué que le Kremlin n'a cessé de tenter « d'obscurcir » cette enquête notamment « en accusant tout le monde de terrorisme, de Ioulia Skirpal jusqu'à sa future belle-mère ».

« Ils ont même prétendu que j'avais moi-même inventé le Novitchok ! », a ajouté Mme May.

Avec les informations de The Guardian

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !