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La criminalité baisse en Alberta, selon la GRC

Logo de la Gendarmerie royale du Canada sur un véhicule.

La stratégie met l'accent sur la réduction des crimes contre les biens.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) en Alberta a publié, mardi, les résultats des six premiers mois de sa stratégie de réduction de la criminalité et se félicite de voir qu'elle fonctionne.

Selon la GRC, il y a eu 648 vols de véhicules en moins cette année dans la province, par rapport à l’année dernière. Le rapport mentionne également 366 introductions par effraction de moins par rapport à 2017.

Lancée cette année, la stratégie s’appuie avant tout sur le partage de renseignements et vise à « briser le cercle vicieux des activités criminelles à long terme », selon un communiqué.

Le gouvernement albertain a investi plus de 13 millions de dollars au total pour soutenir cette stratégie.

La chasse aux récidivistes

Les résultats présentés mettent l’accent sur la réduction des crimes contre les biens. De janvier à juillet 2018, ceux-ci, à l’exception des fraudes, des méfaits et des incendies criminels, ont baissé de 9 % par rapport à la même période l’année dernière, pour tous les détachements de la GRC en Alberta. Ce chiffre passe à 11 % pour les zones rurales.

Les crimes contre les personnes, en revanche, ne sont pas inclus dans les résultats. Cela ne veut pas dire que la GRC n’enquête plus sur ces crimes, assure cette dernière dans le même communiqué. Mais la stratégie mise en place tente avant tout de réduire le nombre important de crimes commis par un petit nombre de récidivistes. Or, ces crimes sont en majorité des vols. « La réduction des appels qui en résulte donne aux agents plus de temps pour se concentrer sur les enquêtes, notamment sur les crimes contre les personnes », explique la GRC.

Irvin Waller, professeur en criminologie à l’Université d’Ottawa, reconnaît que s’attaquer aux crimes contre les biens peut être une bonne chose, car les vols ont un impact sur les victimes. Mais la police devrait plutôt concentrer son travail, selon lui, sur la réduction de la violence : « les homicides au Canada sont plus rares qu’aux États-Unis, mais plus nombreux qu’en Europe », dit-il. La violence contre les femmes ainsi que les vols avec violence devraient aussi faire l’objet d’une attention particulière, car ce sont eux, selon lui, qui causent le plus de tort aux victimes.

Des groupes de réduction de la criminalité, spécialisés dans l’identification et la recherche des criminels de chaque district, ont été mis en place en février dernier. Ces groupes ont effectué plus de 500 arrestations et porté plus de 1600 accusations. Ce rapport élevé entre le nombre d’arrestations et d'accusations portées reflète bien, selon la GRC, le mandat de ces groupes, qui est de « trouver et d'arrêter ceux qui nuisent le plus à nos communautés ».

Selon Irvin Waller, le risque d’arrêter des gens sans par ailleurs essayer de réduire les facteurs de risque sociaux qui les poussent à la criminalité est que ces gens-là recommenceront dès leur sortie de prison. « Je doute que l’augmentation du nombre de policiers soit une bonne utilisation de l’argent public », dit-il. Ce serait mieux d’investir, suggère-t-il, dans une politique qui intègre des interventions sociales. C’est d’ailleurs ce que l’Alberta a fait entre 2007 et 2013, fait-il remarquer. C’était l’époque où « l’Alberta avait la meilleure politique de prévention au monde ».

Des chiffres qui peuvent être trompeurs

Le professeur estime en outre qu’il est « dangereux » d’utiliser les statistiques de la police pour évaluer la baisse de la criminalité.

D’abord parce que le Canada a un taux de signalisation des crimes très bas, selon lui : seulement 30 % des victimes se signalent auprès de la police, alors qu’aux États-Unis et en Angleterre, par exemple, ce taux est de 40 à 50 %.

« Si le gouvernement de l’Alberta veut vraiment évaluer la criminalité, il devrait utiliser des études de victimisation », suggère Irvin Waller.

Les chiffres portent aussi sur une très courte période de temps, dit-il. « J'hésite donc à dire que c'est le résultat de l'action de la police », conclut-il.

Alberta

Crimes et délits