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Les proches d’une victime alléguée de fraude appellent à une législation plus stricte

Plan serré d'une main qui tient un stylo prêt à écrire sur un chèque.
Ted Hnatiw a versé un chèque de 250 000 $ à son courtier pour l'achat d'obligations de la compagnie Cameco. Or, la transaction n'a jamais été réalisée. Photo: iStock
Radio-Canada

Un homme de 82 ans a remis un chèque de 250 000 $ à son courtier de longue date et a appris, quelques mois plus tard, que l'homme en question faisait l'objet d'une enquête pour fraude. Vincent Mullee aurait vendu plus d'une douzaine de fausses obligations à ses clients.

Cette année, Ted Hnatiw a rencontré son conseiller financier qui lui a proposé d’acheter une obligation de 25 ans de la compagnie minière Cameco avec un rendement annuel de 6,5 %. Ayant récemment vendu ses terres agricoles, M. Hnatiw a remis un chèque de 250 000 $ à son courtier.

Cependant, en juin, Ted Hnatiw a découvert que les obligations de Cameco n’existaient pas. Il a aussi appris que l’entreprise WealthCo., dont le siège social est à Calgary, avait fermé son bureau de Saskatoon, mettant fin, du même coup, au contrat de Vincent Mullee.

Depuis cette découverte, la famille de M. Hnatiw tente d’obtenir des réponses de l’entreprise WealthCo, de la province et même de la police afin de savoir ce qu’il adviendra de l’argent.

« Cela semble anarchique et non structuré, dit Bryan Hnatiw, le fils de Ted Hnatiw. Il devrait y avoir un processus transparent qui établit la marche à suivre lorsqu’un investissement d’une personne n’est jamais confirmé et qu’il y a fraude. »

Le 26 juin, l’Autorité des services financiers et des services aux consommateurs de la Saskatchewan (FCAA) a remis une ordonnance temporaire d’interdiction d’opérations à M. Mullee, car ce dernier avait vendu des obligations qui n’existaient pas.

Vince Mullee est soupçonné d’avoir vendu de fausses obligations à 13 investisseurs, pour un montant dépassant les 2 millions de dollars.

WealthCo a sonné l’alarme

Bien que l’information qu’elle peut dévoiler soit limitée en raison de l’enquête en cours, la directrice des opérations de WealthCo, Sophie Blais, affirme que c’est son entreprise qui a informé les régulateurs de la Saskatchewan des détournements de fonds possibles.

Selon Mme Blais, WealthCo a été mise au courant de la fraude alléguée le 21 juin. Le contrat de Vincent Mullee a pris fin quatre jours plus tard.

« Il travaillait avec nous à titre de courtier indépendant. Les conseillers indépendants sont ceux qui vendent des produits de différentes sociétés et agissent efficacement sous leur propre bannière », soutient Sophie Blais.

Les investissements que l’entreprise Vince Mullee Financial a faits avec les personnes touchées n’ont rien à voir avec notre bureau.

Sophie Blais, directrice des opérations de WealthCo

WealthCo a embauché Vincent Mullee pour qu’il puisse vendre des titres en Saskatchewan. Sophie Blais croit que ce dernier utilisait l’image de marque de l’entreprise WealthCo pour convaincre ses clients d’acheter les fausses obligations. La directrice de l’entreprise albertaine assure toutefois que WealthCo n’a pas eu vent des transactions frauduleuses alléguées avant la fin du mois de juin, puisque les chèques étaient envoyés directement à l’entreprise personnelle de Vincent Mullee.

Il faut être vigilant, dit un expert

Le directeur de la division des valeurs mobilières de l’Autorité des services financiers et des services aux consommateurs de la Saskatchewan, Dean Murrison, croit qu’il incombe à la société qui embauche des courtiers indépendants de s’assurer que les façons de faire de ces derniers respectent la législation sur les valeurs mobilières de la Saskatchewan, telle qu’elle s’applique à la société elle-même.

Dean Murrison appelle à la prudence. « Les problèmes commencent lorsqu’un courtier convainc un client de faire des chèques à une entreprise autre que la société de parrainage, dit-il. Les chèques devraient être remis directement à la société et jamais au courtier lui-même. »

Joint par nos collègues de CBC News, Vincent Mullee s’est refusé à tout commentaire.

Avec les informations de Dan Zakreski, CBC News

Saskatchewan

Crimes et délits