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Nouvelle politique de liberté d'expression sur les campus : entre louanges et inquiétudes à Ottawa

Le premier ministre ontarien Doug Ford

Le premier ministre ontarien Doug Ford

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

CBC

Les universités et les collèges de la région d'Ottawa affirment qu'ils travailleront avec le gouvernement progressiste-conservateur de l'Ontario afin de se doter d'ici l'an prochain d'une politique de liberté d'expression alors que des associations d'étudiants louangent cette directive et s'en inquiètent tout à la fois.

La province a annoncé la semaine dernière que les établissements scolaires avaient jusqu’au 1er janvier 2019 pour concevoir puis mettre en place des politiques qui répondent à des normes gouvernementales en matière de liberté d’expression.

Ces établissements risquent de perdre leur financement s’ils ne respectent pas ces normes.

Les normes sont basées sur la Déclaration de principe de la liberté d’expression de l’Université de Chicago, qui ne permet pas de discours de haine, mais qui empêche les étudiants de se protéger d’idées avec lesquelles ils ne sont pas d’accord ou qu’ils trouvent offensantes.

Elijah Bedassie pense que cette directive est la bienvenue. Je crois que, s’ils sentent le besoin de menacer de couper leur financement, c’est ce qui doit être fait, a affirmé le membre fondateur du groupe des étudiants de l’Université d’Ottawa pour la liberté d’expression.

M. Bedassie a soutenu que nombre d'universités avaient des politiques problématiques entourant la liberté d’expression.

Il a cité en exemple la controverse liée à l’assistante d’enseignement de l’Université Wilfrid-Laurier, Lindsay Shepherd, qui avait été réprimandée après avoir montré une vidéo d’un professeur controversé parlant des pronoms non genrés.

Elijah Bedassie a aussi dit déceler la tendance troublante des universités à bannir des conférenciers ou des groupes controversés de leurs campus.

Les universités vont devoir faire de gros changements si elles veulent mettre fin au problème, a-t-il fait valoir. Il juge que ce n’est pas aux universités elles-mêmes de limiter les sujets controversés, tant que ceux-ci n’incitent pas à la violence et ne suscitent pas de discours haineux.

Il y a certainement des gens qui vont vouloir essayer de faire des conférences haineuses sur les campus. Je crois que ces situations devront être gérées au cas par cas, a-t-il dit. Nous avons une commission des droits de la personne et des lois qui permettent de gérer ces choses-là.

Inquiétudes liées au discours haineux

Quelques inquiétudes persistent sur la question de savoir si la directive du gouvernement pourrait brouiller les cartes entre liberté d’expression et discours haineux.

Il y a une limite à établir quand un débat sain devient quelque peu problématique. Comme nous l’avons vu dans le passé, certaines choses ont fait en sorte que des étudiants ne se sont pas sentis en sécurité ou se sentaient ciblés, a pour sa part affirmé David Oladejo, le président de l’Association des étudiants de l’Université Carleton.

Où établissons-nous la limite qui nous permet de dire : ''OK, ça c’est permis, mais ça, ce ne l’est pas''?

David Oladejo, président de l’Association des étudiants de l’Université Carleton

M. Oladejo a soutenu qu’il est favorable à une clarification des politiques de liberté d’expression des universités, tant qu’elles ne sont pas vagues et que les étudiants se sentent en sécurité sur les campus.

Il ne croit pas qu’il y ait eu d’incident récemment où des étudiants de l’Université Carleton se sont sentis menacés par des groupes ou des conférenciers.

Carleton et Algonquin seront de la partie

Au Collège Algonquin d’Ottawa, les administrateurs ont toujours soutenu la liberté d’expression, a affirmé la présidente Cheryl Jensen.

Mme Jensen a dit que le collège avait déjà mis en place des politiques pour protéger les droits des étudiants, mais aussi des conférenciers.

Elle s’attend à ce que la nouvelle politique du collège contienne un langage et des directives plus clairs et est persuadée de pouvoir respecter la date butoir du 1er janvier.

L’Université Carleton a une approche similaire.

Les universités et les sociétés s’épanouissent lorsque les idées sont exprimées ouvertement et débattues vigoureusement et respectueusement, a indiqué l’université dans un courriel transmis à CBC.

Comme exprimé par le conseil ontarien des universités dans une déclaration faite au nom des universités ontariennes, Carleton va travailler avec le gouvernement et d’autres acteurs pour s’assurer que la liberté d’expression se porte bien sur les campus et dans tout l’Ontario.

L’Université d’Ottawa n’avait pas commenté au moment d’écrire ces lignes.

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Éducation